PJ loi de finances pour 1998

DULAIT (André)

AVIS 69 (98-99), tome I - COMMISSION DES AFFAIRES ETRANGERES

Table des matières




N° 69

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 1998-1999

Annexe au procès-verbal de la séance du 19 novembre 1998.

AVIS

PRÉSENTÉ

au nom de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées (1) sur le projet de loi de finances pour 1999 , ADOPTÉ PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE,

TOME I

AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Par M. André DULAIT,

Sénateur.

(1) Cette commission est composée de : MM. Xavier de Villepin, président ; Serge Vinçon, Guy Penne, André Dulait, Charles-Henri de Cossé-Brissac, André Boyer, Mme Danielle Bidard-Reydet, vice-présidents ; MM. Michel Caldaguès, Daniel Goulet, Bertrand Delanoë, Pierre Biarnès, secrétaires ; Bertrand Auban, Michel Barnier, Jean-Michel Baylet, Jean-Luc Bécart, Daniel Bernardet, Didier Borotra, Jean-Guy Branger, Mme Paulette Brisepierre, M. Robert Calmejane, Mme Monique Cerisier-ben Guiga, MM. Marcel Debarge, Robert Del Picchia, Hubert Durand-Chastel, Mme Josette Durrieu, MM. Claude Estier, Hubert Falco, Jean Faure, Jean-Claude Gaudin, Philippe de Gaulle, Emmanuel Hamel, Roger Husson, Christian de La Malène, Philippe Madrelle, René Marquès, Paul Masson, Serge Mathieu, Pierre Mauroy, Jean-Luc Mélenchon, René Monory, Aymeri de Montesquiou, Paul d'Ornano, Charles Pasqua, Michel Pelchat, Alain Peyrefitte, Xavier Pintat, Bernard Plasait, Jean-Marie Poirier, Jean Puech, Yves Rispat, Gérard Roujas, André Rouvière.

Voir les numéros :

Assemblée nationale ( 11 ème législ.) : 1078 , 1111 à 1116 et T.A. 193 .

Sénat : 65 et 66 (annexe n° 1 ) (1998-1999).

Lois de finances.

INTRODUCTION

Mesdames, Messieurs,

Le projet de budget des Affaires étrangères pour 1999 tire pour la première fois les conséquences de la fusion des Affaires étrangères et de la Coopération décidée en février 1998. Il s'agit donc d'un budget unique, fondé sur une nouvelle nomenclature, qui traduit l'intégration des crédits de la rue Monsieur à ceux du Quai d'Orsay.

Le budget des Affaires étrangères recomposé s'élèvera, en 1999, à 20,77 milliards de francs. On constate donc une légère baisse (- 0,7 % en francs courants) par rapport à la somme des deux dotations de 1998 (14,43 milliards de francs pour les affaires étrangères et 6,48 pour la coopération, soit 20,92 milliards de francs pour l'ensemble des deux départements). Il s'agit là d'une contraction moins sensible des crédits que les diminutions constatées depuis plusieurs années.

Il n'en demeure pas moins que le projet de budget des Affaires étrangères pour 1999 est caractérisé par une diminution importante des crédits destinés à la coopération (- 7 % en francs courants). Celle-ci tient, pour l'essentiel, à une baisse sensible des moyens consacrés à l'ajustement structurel qui appelle quelques interrogations, compte tenu de la sévérité de la crise africaine.

Votre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées est par tradition attachée à une présentation des crédits relevant de l'action extérieure de la France qui permette d'isoler les moyens consacrés, d'une part, à la coopération avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) 1( * ) et, d'autre part, les moyens affectés aux relations culturelles extérieures 2( * ) . En conséquence, le présent rapport pour avis portera sur la dotation des Affaires étrangères stricto sensu, hors coopération, et hors crédits relevant de l'action culturelle extérieure, et s'efforcera, dans la mesure du possible, de raisonner à structures budgétaires constantes.

Avant d'aborder l'analyse des crédits inscrits, pour le Quai d'Orsay, dans le projet de loi de finances pour 1999, votre rapporteur commentera le contexte dans lequel s'inscrira ce budget en 1999. Cette analyse conduit à s'interroger sur les dimensions du réseau diplomatique et consulaire français : il paraît en effet de plus en plus difficile de prétendre préserver le deuxième réseau du monde par le nombre de ses postes diplomatiques et consulaires, alors même que les effectifs du ministère des Affaires étrangères diminuent régulièrement depuis 1994, et qu'aucune redéfinition des missions confiées à ces postes n'est, à ce jour, intervenue pour compenser les difficultés causées par les déflations d'effectifs.

*

* *

I. LA RÉFORME DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES AU SERVICE D'UNE POLITIQUE ÉTRANGÈRE AMBITIEUSE

Les moyens affectés au Ministères des affaires étrangères visent à servir une diplomatie ambitieuse, destinée à promouvoir les intérêts et les valeurs de la France dans un monde soumis aux tensions nées de la mondialisation.

A. LES GRANDES ORIENTATIONS DE LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE LA FRANCE

Le Chef de l'Etat a, lors de la sixième conférence des ambassadeurs d'août 1998, défini les principes et les objectifs dans lesquels s'inscrit la diplomatie française.

1. Contribuer à l'édification d'un "monde multipolaire harmonieux, pacifique et sûr"

La diplomatie française, dont la liberté d'initiative est sortie renforcée de la fin de l'ordre bipolaire, doit "encourager le mouvement irrésistible vers un monde multipolaire", en s'appuyant sur des relations harmonieuses entre "puissances installées et puissances émergentes". Dans cet esprit, il est important de renforcer les organisations internationales où s'incarnent les solidarités régionales", car ces institutions sont "gages de paix et de stabilité".

L'objectif assigné à la politique étrangère française est de mobiliser la "forte capacité d'influence" dont dispose aujourd'hui notre pays pour lutter contre les menaces nouvelles que sont le terrorisme et les risques de prolifération . Sur le premier point, la France a contribué, au sein de l'ONU, à l'élaboration de la convention sur la répression des aces terroristes à l'explosif, examinée par le Sénat en séance publique le 12 novembre 1998, et dont la France pourrait être le premier signataire à déposer ses instruments de ratification. Le dispositif créé par cette convention devrait être prochainement complété de manière à traiter d'autres aspects du terrorisme international et, plus particulièrement, son financement.

En ce qui concerne les risques de prolifération , relancés par les essais nucléaires de l'Inde et du Pakistan, la diplomatie française a pour but de contribuer activement, notamment à partir d'un "dialogue intense et confiant" avec l'Inde et le Pakistan, à la création d'une organisation de sécurité à l'échelle de l'Asie, à la négociation de l'arrêt de la production de matière fissile à usage militaire et des programmes nucléaires indien et pakistanais, ainsi qu'à la signature du traité de non prolifération nucléaire par l'Inde et le Pakistan sans conditions. L'engagement français sera également poursuivi dans la lutte contre les proliférations balistique, chimique et biologique.

. L'engagement de la France autour des autres grandes causes que sont la lutte pour la protection de l'environnement, la lutte contre le sida et la mobilisation contre la drogue et la criminalité organisée, relève aussi de la volonté de promouvoir un ordre mondial harmonieux. S'inscrit dans la même perspective l'engagement réaffirmé de la France en faveur des Droits de l'homme. Ainsi, le Cinquantième anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle de 1948 sera-t-il l'occasion de plaider pour la définition des " droits du XXIe siècle ", qui doivent tirer les conséquences des grands enjeux, notamment scientifiques et culturels, de notre époque.

. Par ailleurs, la multiplication des conflits locaux , tout particulièrement sur le continent européen , impose une réflexion sur l'identité européenne de défense, comme nous y invite précisément le prochain Sommet de l'Alliance atlantique à Washington. A cette occasion pourrait être définie une répartition plus satisfaisante des responsabilités entre Européens et autres membres de l'OTAN.

. Afin de maîtriser les mécanismes irréversibles de mondialisation des technologies et des marchés, il importe de parvenir à l'adoption de règles communes et de donner de meilleures capacités d'intervention aux organisations internationales chargées de faire appliquer celles-ci. Dans cette perspective, inspirée par les chocs dûs aux crises asiatique et russe, le renforcement du FMI pourrait s'appuyer, selon la proposition du chef de l'Etat, notamment sur la transformation du Comité intérimaire du FMI en véritable organe de décision au niveau ministériel, ce qui contribuerait probablement à accroître la légitimité du FMI.

Le renforcement des capacités d'influence de la France doit permettre de contrebalancer certaines des mutations causées par la mondialisation, sur les plans économique et culturel. La défense des valeurs, de la langue, de la culture et des intérêts économiques de la France trouve sa place dans un monde "où les frontières s'effacent, où l'économie pèse de plus en plus lourd, où les normes se définissent à l'échelle de la planète", et où l'influence des États-Unis -linguistique, audiovisuelle, économique, militaire- est présente sur tous les fronts.

2. L'Europe, "acteur majeur du XXIe siècle"

L'"aventure européenne" dans laquelle la France est engagée vise à constituer, non pas les Etats-Unis d'Europe, mais l'" Europe Unie des Etats ".

L'effet intégrateur qu'aura l' euro sur le plan économique ne doit toutefois pas faire oublier, selon le chef de l'Etat, les spécificités du modèle social européen . Celle-ci constitue, en effet, l'une des réponses européennes à "certains effets pervers de la mondialisation".

Quant à l' élargissement , il s'agit d'un "devoir moral" et d'une "chance" pour l'Europe, car il conduira à la constitution d'un "ensemble démocratique, pacifique, puissant, prospère de 500 millions de femmes et d'hommes", sans équivalent à ce jour dans le monde actuel. Ainsi les négociations sur la réforme des institutions , pour nécessaires qu'elles soient, "ne doivent en aucun cas servir de prétexte" à retarder l'élargissement. Celui-ci souligne également la nécessité de parvenir à plus de concertation dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité. Il impose en outre la prise en compte de la dimension culturelle de la construction européenne, afin notamment d'harmoniser les diplômes à l'échelle de l'Union.

L'importance des dossiers en cours dans l'Union européenne justifie qu'une certaine priorité soit attachée au renforcement de "rapports étroits et confiants" avec les autres membres de l'Union et, plus particulièrement, avec l'Allemagne, afin que la coopération franco-allemande en cours de rénovation s'inscrive dans un projet "plus ambitieux encore".

3. Le renforcement des "solidarités créées par l'Histoire"

Le rayonnement de la France passe par le maintien de relations privilégiées avec "deux cercles de solidarité qui se recoupent en partie" : l'Afrique et la francophonie.

Le prochain sommet des chefs d'Etat français et africains de Paris, en novembre 1998, constituera ainsi l'occasion de confirmer l' engagement de la France pour le développement et la sécurité d'un continent auquel elle est liée par des liens uniques. L'effort accompli en matière d'aide au développement par la France, deuxième donateur d'aide publique après le Japon selon les statistiques de l'OCDE, devrait donc être maintenu dans le cadre de la réforme de la coopération, qui vise à intégrer au Ministère des affaires étrangères la coopération franco-africaine.

La réforme de la coopération tire les conséquences du fait que, ainsi que l'a souligné M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, lors de la sixième conférence des ambassadeurs, "nos relations avec les pays africains ne peuvent être définies indépendamment de nos relations avec nos autres partenaires".

Quant à la francophonie , elle répond à un "véritable besoin : préserver la diversité des langues et des cultures de notre planète face aux risques évidents de l'uniformisation culturelle". Elle est créatrice de liens particuliers, fondés sur une solidarité spécifique, susceptible de conduire à la mise en oeuvre d'"actions pour la paix, la démocratie et pour le développement".

Dans le cadre des priorités ainsi définies, la mission confiée aux ambassadeurs est de transformer "ce message en action et cette action en résultat". L'objectif est de faire connaître la France à l'étranger en étant "à l'écoute" non plus seulement des Etats et des gouvernements, mais aussi des peuples. Cette tâche impose d'aller "au devant de tous les acteurs de la société civile", en privilégiant désormais le "terrain". Cette orientation serait justifiée par le fait que, les relations entre les nations dépassant aujourd'hui les relations entre Etats pour engager les sociétés tout entières, il ne saurait désormais y avoir de grande politique étrangère sans "connaissance politique, sociologique, psychologique" indispensable au développement de relations d'amitié et de solidarité avec nos différents partenaires.

*

* *

B. LA RÉFORME DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

Les modalités de la réorganisation du Ministère des affaires étrangères exposées par le Ministre des affaires étrangères lors de la sixième conférence des ambassadeurs, visent :

- à procéder à des ajustements de l'organisation de l'administration centrale,

- à tirer les conséquences de la fusion affaires étrangères-coopération liée à la réforme de la coopération.

Les modifications prévues concernent :

- la création d'un poste de secrétaire général adjoint, chargé d'assister le secrétaire général du Quai d'Orsay,

- la redéfinition des attributions de la direction générale des affaires politiques et de sécurité, qui comprend désormais une direction de la coopération militaire et de défense, mais qui "perd" le service des affaires francophones et le service des affaires humanitaires,

- le renforcement de la direction générale de l'administration,

- la création d'une structure unique compétente en matière de coopération internationale et de développement,

- le dédoublement de l'ancienne direction générale des affaires européennes et économiques en deux directions autonomes chargées, pour la première, de la coopération européenne et, pour la seconde, des affaires économiques et financières.

1. Modifications de l'organigramme de l'administration centrale

. Le champ d'activité de la direction de la coopération européenne est élargi aux pays concernés par l'élargissement de l'Union, afin d'assurer une meilleure coordination entre le suivi des négociations d'adhésion et les relations entre la France et chaque pays concerné. En conséquence, l'actuelle direction de l'Europe continentale verra ses compétences recentrées sur l'Europe balkanique et sur la région de l'Est de l'Europe.

. Les compétences de la direction des affaires économiques et financières sont étendues aux contacts avec les entreprises, notamment par la création d'une "mission entreprise".

. La réorganisation de la direction générale de l'administration vise à réajuster l'organisation mise en place en 1993, et concerne :

- la création d'une "mission de modernisation" auprès du directeur général,

- le regroupement en un service unique des services destinés à la logistique diplomatique (conférences internationales, voyages officiels, interprétariat et traduction, courrier et valise diplomatique),

- la création d'un service autonome des systèmes d'information et de communication, héritier du service du chiffre, afin de poursuivre la modernisation des moyens techniques du Département,

- la mise en place d'un service de l'équipement autonome, comportant notamment une mission du patrimoine dirigée par un inspecteur des monuments historiques. L'objectif est, d'après les informations transmises à votre rapporteur, d'introduire un "strict professionnalisme dans la gestion des immeubles, des mobiliers historiques et de la décoration". On ne peut que souscrire à ce projet.

Par ailleurs, une sous-direction des moyens des services, rebaptisée sous-direction de la déconcentration , est destinée à accompagner la généralisation de la globalisation des crédits des postes diplomatiques . Notons, sur ce point, que le processus de déconcentration des moyens sera progressivement étendu aux crédits relatifs à la gestion des recrutés locaux et aux frais de voyage entre les postes et la France, ainsi qu'aux frais de représentation . Ceux-ci seront versés non plus en accompagnement des rémunérations, mais sous la forme de crédits mis en place auprès des régies des postes diplomatiques.

Votre rapporteur ne souhaite pas porter de jugement sur les modifications destinées à remettre en cause la réforme administrative de 1993. Il convient néanmoins d'espérer que la réorganisation en cours a été assez préparée de manière à éviter que de nouvelles réformes interviennent dans cinq ans...

2. Conséquences, sur l'organigramme, de la fusion affaires étrangères-coopération

. En ce qui concerne les structures chargées de la coopération internationale , la création de la DGCID (direction générale de la coopération internationale et du développement) répond à une logique fonctionnelle et non plus géographique , ce qui paraît adapté aux enjeux internationaux actuels. La DGCID sera donc compétente pour l'ensemble du monde, ce qui n'était le cas ni de la direction du développement du ministère de la coopération, ni de la direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques du Ministère des affaires étrangères.

La solution retenue en vue de l'organisation des services du Ministère des affaires étrangères rénové repose donc sur une intégration aussi poussée que possible entre les fonctions de l'ancienne DGRCST du Quai d'Orsay et la direction du développement de la rue Monsieur. La solution tendant à la juxtaposition des deux directions, sur la base de compétences géographiques distinctes, n'a, de ce fait, pas été retenue. Cette formule aurait, en effet, selon les explications données lors de la sixième conférence des ambassadeurs par le ministre délégué à la coopération et à la francophonie, conduit à "discriminer entre pays justiciables de l'aide au développement et pays dans lesquels devrait prévaloir une coopération d'influence".

Or l'objectif est, au contraire, de faire prévaloir un "continuum entre pays et développement, pays émergents et partenaires développés, en s'appuyant sur une conception très large de la coopération internationale (échanges universitaires, coopération audiovisuelle, aide au développement, échanges sous forme de prestations de service...). Celle-ci associera la coopération non gouvernementale, à travers la mise en place, auprès du directeur général de la DGCID, d'une mission de la coopération non-gouvernementale.

.
En ce qui concerne le secteur spécifique de la coopération militaire et de défense , la formule retenue vise, là encore, à mettre en commun les moyens des affaires étrangères et de la coopération. Ainsi est créée une nouvelle direction de la coopération militaire et de défense au sein de la direction générale des affaires politiques et de sécurité, elle-même réorganisée. Cette nouvelle direction est mise en place à partir de la Mission militaire de coopération de la rue Monsieur et de la sous-direction de l'aide militaire du Quai d'Orsay.

. Le service des affaires francophones est placé sous l'autorité directe du secrétaire général du Quai d'Orsay (cette formule met en évidence la dimension politique de la francophonie, que n'aurait pas souligné l'intégration de ce service à la DGCID). La même solution a été retenue à l'égard du service de l'action humanitaire , fusionné avec la cellule d'urgence humanitaire du quai d'Orsay.

Ces mesures s'inscrivent, comme la réforme des structures de la coopération militaire, dans la réorganisation de la Direction générale des affaires politiques et de la sécurité.

.
Les missions d'aide et de coopération sont destinées, sous la dénomination de services de coopération , à devenir des services des ambassades. Intégrées à la chancellerie diplomatique, elles relèveront de ce fait directement de l'autorité des ambassadeurs.

. Par ailleurs est créé un Comité interministériel de la coopération internationale au développement (CICID), dont le rôle est de fédérer, de coordonner et d'animer les actions des différents départements ministériels intervenant en matière de coopération. Le CICID définira le contenu de la zone de solidarité prioritaire (ZSP), sans se référer à des critères géographiques. L'aide au développement sera allouée en fonction de critères économiques, susceptibles de se référer, pour l'essentiel, à la notion de PMA (pays les moins avancés).

Enfin, le Haut conseil de la coopération associera des représentants de la société civile (associations, ONG) et des collectivités locales, ainsi que des représentants des milieux de l'entreprise, et aura pour mission de proposer les grandes orientations de notre politique de coopération.

3. Conséquences de la réforme de la coopération sur les personnels

La fusion affaires étrangères-coopération s'accompagne d'une réflexion approfondie, avec le ministère de la fonction publique et le ministère du budget, sur les conséquences de la réforme dans le domaine de la gestion du personnel. En effet, l'intégration des agents de la coopération dans les corps du ministère des affaires étrangères devrait être effective avant le 31 décembre 2000.

Avant cette date, il conviendra donc de résoudre les problèmes juridiques posés par l'intégration des administrateurs civils de la coopération dans le corps des conseillers et secrétaires des affaires étrangères. Cette intégration pourrait passer par la création d'un corps unique des secrétaires des affaires étrangères. D'autres difficultés statutaires concernent le projet éventuel d'intégration des attachés d'administration centrale dans le corps des secrétaires-ajoints des affaires étrangères.

Les inquiétudes et les réticences suscitées par les conséquences de la fusion sur les statuts des personnels doivent être prises en compte, afin de préserver la motivation de tous les personnels du Ministère des affaires étrangères, très attachés à la spécificité de leur vocation et de leur statut.

Dans le même temps, il est nécessaire que la future organisation des carrières, quel que soit le dispositif retenu afin d'intégrer les personnels de la coopération, s'appuie sur un "juste équilibre des provenances administratives", ainsi que sur "une prise en compte de l'expérience et des savoir-faire de l'autre "maison" 3( * ) .

II. UNE CONTRADICTION CERTAINE ENTRE LE MAINTIEN DU DEUXIÈME RÉSEAU DIPLOMATIQUE DU MONDE ET LA DÉFLATION RÉGULIÈRE DES EFFECTIFS DU MINISTÈRE

La poursuite de la contraction des effectifs du ministère des Affaires étrangères engagée depuis une dizaine d'années sous une contrainte budgétaire de plus en plus forte pose la question de l'évolution du réseau diplomatique et consulaire français. Il paraît en effet difficile, à effectifs décroissants, de préserver un réseau diplomatique et consulaire particulièrement dense, sans en redéfinir les missions.

A. UNE SPÉCIFICITÉ FRANÇAISE : LA DENSITÉ DU RÉSEAU DIPLOMATIQUE ET CONSULAIRE

1. Le deuxième réseau diplomatique du monde

A ce jour, le réseau diplomatique et consulaire français compte :

- 149 ambassades de plein exercice,

- 110 postes consulaires de plein exercice (dont 87 consulats généraux), auxquels il convient d'ajouter 529 agences consulaires 4( * ) réparties dans 104 pays,

- 17 représentations permanentes auprès d'organisations internationales,

- un bureau à Berlin,

- soit 277 services à l'étranger , compte non tenu des antennes et des agences consulaires.

Il convient désormais d'ajouter à cette liste, non seulement les 22 centres culturels français, mais aussi les implantations relevant de la coopération, désormais intégrées au ministère des Affaires étrangères :

- 31 missions de coopération et d'action culturelle,

- 19 centres médico-sociaux,

- 7 centres franco-africains.

La densité particulière de ce réseau est liée, selon le ministère des Affaires étrangères, aux responsabilités conférées à la France par sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les particularités du réseau français tiennent non pas tant au nombre de représentations diplomatiques, mais à la densité du réseau consulaire.

a) Le deuxième réseau diplomatique après celui des Etats-Unis

Des comparaisons entre le réseau français et les réseaux diplomatiques et consulaires de dimensions comparables (allemand, britannique et américain) fait ressortir le fait que le nombre de nos ambassades bilatérales de plein exercice (149) est identique au nombre d'ambassades allemandes (149), très proche du nombre d'ambasssades britanniques (145), mais inférieur à celui des ambassades américaines (161). Si l'on inclut les représentations permanentes auprès d'organisations internationales, le nombre des implantations diplomatiques françaises (166) est inférieur à celui des implantations diplomatiques américaines (171), mais supérieur à celui des implantations allemandes (160) et britanniques (154).

Par ailleurs, les réseaux diplomatiques se distinguent les uns des autres en fonction des priorités géographiques qu'ils reflètent :

- le réseau américain est plus étoffé en Amérique centrale et du Sud que les réseaux allemand et français,

- en Afrique subsaharienne et, principalement, en Afrique francophone, les Britanniques et les Allemands sont moins présents que les Français et les Américains,

- les cartes diplomatiques de ces quatre pays diffèrent assez peu, en revanche, en Europe , en Afrique du Nord , au Moyen-Orient et en Asie-Océanie .

De manière générale, l'augmentation du nombre d'ambassades liée au démantèlement de l'URSS et de la Yougoslavie a été compensée par des fermetures d'ambassades et de consulats . Ainsi les consulats allemands d'Anvers, Göteborg, Douala, Bilbao, Graz et Johannesbourg ont-ils été fermés parallèlement aux ouvertures d'ambassades dans les pays baltes, dans la CEI, en ex-Yougoslavie et en Slovaquie. La réseau allemand paraît aujourd'hui en expansion (40 ouvertures pour 20 fermetures depuis 1990), de même que le réseau britannique (29 ouvertures pour 11 fermetures). Le nombre d'ambassades bilatérales françaises et de représentations permanentes a, lui aussi, augmenté depuis 1990 (23 ouvertures pour 8 fermetures), tandis que le réseau consulaire, en particulier en Europe occidentale, était contracté (39 fermetures en tout -y compris les fermetures pour raisons de sécurité- pour 7 ouvertures).

b) La densité du réseau consulaire français et l'importance des missions remplies par les consulats

Le réseau consulaire français est fort de 110 postes (116 en 1996), soit nettement plus que les réseaux britanniques (61 postes), allemand (71 postes) et américains (74 postes).

Ce réseau est particulièrement dense dans le Maghreb et en Afrique francophone. En Europe, les réseaux consulaires allemand, américain et britannique sont d'importance équivalente. En Amérique latine et en Asie, le réseau américain est sensiblement plus dense.

La différence essentielle entre ces réseaux consulaires tient cependant probablement moins à leur densité qu'à l'étendue des missions confiées aux consulats. Or, la diversité des missions assumées dans nos consulats n'a pas d'équivalent dans les autres réseaux, selon les informations transmises à votre rapporteur . Ces missions s'étendent, en effet, à l' intégralité des fonctions remplies par les mairies sur le territoire français (état-civil, délivrance des passeports, des cartes d'identité, recensement des futurs appelés...) aux actes notariés, et ont des prolongements sociaux non négligeables (aide sociale, bourses ...) propres à la France. De plus, les règles de la comptabilité publique affectent le travail consulaire à travers le nombre d'écritures comptables effectuées par les postes, en vue notamment du versement des pensions. La vocation des consulats est donc d'apporter aux Français de l'étranger, selon les termes des informations transmises à votre rapporteur, "une assistance que nos voisins n'ont jamais conçue à un tel degré". La délivrance des visas contribue de surcroît à la charge de travail qui pèse sur les consulats.

Ceux-ci remplissent donc, à l'étranger, les fonctions qui incombent sur le territoire national aux mairies, aux préfectures et à certains ministères, ce qui n'est pas sans susciter d'importantes difficultés dans le contexte des contraintes budgétaires actuelles (voir infra, C).

2. De fréquentes adaptations à la situation internationale

Les bouleversements de la carte de l'Europe liés à l'effondrement du communisme se sont traduits, à la suite du démantèlement de l'URSS, de la Yougoslavie puis de la Tchécoslovaquie, par l'ouverture d'une vingtaine de postes diplomatiques et consulaires en Europe, et par la fermeture d'une trentaine de postes diplomatiques et consulaires 5( * ) , dont dix-sept en Europe 6( * ) .

Notons que certaines mesures ont été motivées par des considérations de sécurité , comme par exemple la fermeture provisoire de l'ambassade de France à Mogadiscio en 1991, à Kaboul en 1992 et à Kigali en 1994 et la "mise en sommeil", en 1995, des consulats généraux d'Oran et d'Annaba.

En 1997, les modifications du réseau ont concerné :

- la fermeture du consulat général de Venise (remplacé par un consulat honoraire),

- la transformation de différents postes (consulat de Niamey en section consulaire, agence consulaire de Gaborone en antenne consulaire, consulat général de Bâle en chancellerie détachée).

Les modifications prévues pour 1998 ont trait à la création d'un consulat à Wu Han, en Chine, ainsi que la création à Banja Luka (république de Bosnie) d'un bureau d'ambassade rattaché à Sarajevo.

De nouveaux aménagements de la carte ont été annoncés en août 1998, lors de la sixième conférence des ambassadeurs. Serait ainsi envisagée la réouverture de l'ambassade de France à Kingston (Jamaïque), qui avait été fermée en 1996 en même temps que les ambassades de France à Freetown, Monrovia et Lilongwe.

Cette mesure peut paraître aujourd'hui fondée sur d'imparables justifications d'ordre géopolitique, de même qu'elle s'appuyait sur des raisons irréfutables il y a deux ans. Les dimensions d'un réseau diplomatique peuvent-elles toutefois être remises en cause en fonction des contingences du moment ? N'est-ce pas, au contraire, un domaine dans lequel doivent prévaloir des anticipations à moyen et long termes ?

Lors de la sixième conférence des ambassadeurs d'août 1998 a été annoncé un " plan global d'adaptation de notre réseau" . Acceptons-en l'augure. Espérons surtout que les décisions qui seront prises en application de ce plan global ne seront pas remises en cause à trop brève échéance...


 

POSTE - OUVERTURE/FERMETURE

ORIGINE

 

1990

 

KIEV

Consulat général - ouverture

création

WINDHOEK

Ambassade -ouverture par transformation de la mission diplomatique d'observation

création

WASHINGTON (OEA)

Représentation auprès de l'OEA - ouverture

création

KABOUL

- Ambassade - réouverture au niveau du chargé d'affaires

sécurité

BERLIN

Bureau de l'Ambassade de France en RFA (au sein duquel s'est fondu notre CG à Berlin ouest) - ouverture

création
par redéploiement

BERLIN est

Ambassade - fermeture

redéploiement

BERLIN ouest

Consulat général - fermeture

redéploiement

ADEN -

transformation de l'Ambassade en Consulat général

redéploiement

MONROVIA

Ambassade - fermeture provisoire

sécurité

 
 
 
 

1991

 

LEIPZIG

- Consulat général - ouverture

création

CANTON

- Consulat général - ouverture

création

VILNIUS

- Ambassade -ouverture

création

RIGA

- Ambassade - ouverture

création

TALLIN

- Ambassade - ouverture

création

PHNOM PENH

- Ambassade - réouverture

sécurité

MOGADISCIO

- Ambassade - fermeture provisoire

sécurité

LIVERPOOL

- Consulat général - fermeture

redéploiement

ROTTERDAM

- Consulat général - fermeture

redéploiement

INNSBRUCK

- Consulat général - fermeture

redéploiement

CONSTANTINE

- Consulat général - fermeture

redéploiement

FIANARANTSOA

- Consulat général - fermeture

redéploiement

NOUADHIBOU

- Chancellerie détachée - fermeture

redéploiement

LUBUMBASHI

- Consulat - fermeture

redéploiement

BAGDAD

- Ambassade - fermeture

sécurité

CHARLEROI

- Antenne - fermeture

redéploiement

 
 
 
 

1992

 

ALMA ATA

- Ambassade - ouverture

création

BAKOU

- Ambassade - ouverture

création

EREVAN

- Ambassade - ouverture

création

KIEV

- transformation du Consulat général en Ambassade

création

LJUBLJANA

- Ambassade - ouverture

création

MINSK

- Ambassade - ouverture

création

TACHKENT

- Ambassade - ouverture

création

ZAGREB

- transformation du Consulat général en Ambassade

création

MAYENCE

- Chancellerie détachée transformée en Consulat général

redéploiement

DUBAI

- Chancellerie détachée transformée en Consulat général

redéploiement

BRATISLAVA

- Consulat général - ouverture

création

ADEN

- Consulat général - fermeture

redéploiement

ARLIT

- Chancellerie générale

redéploiement

BADEN-BADEN

- Consulat - fermeture

redéploiement

BOUAKE

- Consulat - fermeture

redéploiement

FRIBOURG

- Consulat - fermeture

redéploiement

OUJDA

- Antenne consulaire - fermeture

redéploiement

SFAX

- Consulat transformé en chancellerie détachée

redéploiement

TOURNAI

- Antenne consulaire - fermeture

redéploiement

TREVES

- Chancellerie détachée - fermeture

redéploiement

N'DJAMENA

- Consulat transformé en section consulaire

redéploiement

KABOUL

- Ambassade - fermeture provisoire

sécurité

 
 
 
 

1993

 

BRATISLAVA

- transformation du Consulat général en Ambassade

redéploiement

BRUXELLES UEO

- Représentation permanente - ouverture

création

LA HAYE OIAC

- Représentation permanente - ouverture

création

SALONIQUE

- Consulat général - ouverture

création

MOGADISCIO

- Représentation spéciale - ouverture en janvier

 

ANDORRE

- viguerie transformée en Ambassade

redéploiement

SKOPJE

- Délégué général en mission

création

TBILISSI

- Ambassadeur en mission

création

SARAJEVO

- Ambassadeur en mission

création

KABOUL

- Chargé d'affaires en mission

sécurité

CANTON

- Consulat général - fermeture

à la demande de la Chine

JAKARTA

- Consulat transformé en section consulaire

redéploiement

KINSHASA

- Consulat transformé en section consulaire

redéploiement

MOGADISCIO

 
 
 

- Représentation spéciale -

sécurité

GAND

- Consulat - fermeture

redéploiement

JERSEY

- Consulat - fermeture

redéploiement

BRAZZAVILLE

- Consulat transformé en section consulaire

redéploiement

PALMA de MAJORQUE

- Consulat - fermeture

redéploiement

SAINT SEBASTIEN

- Chancellerie détachée - fermeture

redéploiement

VALENCE

- Consulat général - fermeture

redéploiement

 
 
 
 

1994

 

SKOPJE

- Ambassade minimale - ouverture

création

SARAJEVO

- Ambassade minimale - ouverture

création

TBILISSI

- Ambassade minimale - ouverture

création

ACHGABAT

- Chargé d'affaires en mission

création

KIGALI

- Ambassade - fermeture

sécurité

 
 
 
 

1995

 

KIGALI

- Ambassade - réouverture

sécurité

BAGDAD

- Section des intérêts français de l'Ambassade de Roumanie - ouverture

 

CHISINAU

- Chargé d'affaires en mission

création

ORAN et ANNABA

- Consulats généraux - "mise en sommeil"

sécurité

 
 
 
 

1996

 

MOSCOU

- section consulaire transformée en Consulat

redéploiement

CHISINAU

- Ambassadeur en mission

 

ACHGABAT

- Ambassadeur en mission

 

ASMARA

- Ambassadeur en mission

création

OULAN BATOR

- Ambassadeur en mission

création

AGHGABAT

- Ambassade - ouverture

création

KINGSTON

- Ambassade - fermeture

redéploiement

FREETOWN

- Ambasssade - fermeture

redéploiement

MONROVIA

- Ambassade - fermeture définitive

redéploiement

LILONGWE

- Ambassade -fermeture

redéploiement

SAN JUAN de PUERTO RICO

- Consulat - fermeture

redéploiement

FLORENCE

- Consulat général - fermeture

redéploiement

MONS

- Consulat général - fermeture

redéploiement

HONOLULU

- Consulat général - fermeture

redéploiement

EDMONTON

- Consulat - fermeture

redéploiement

 
 
 
 

1997

 

CANTON

- réouverture du Consulat général

création

BALE

- Consulat général transformé en Chancellerie détachée

redéploiement

NIAMEY

- Consulat transformé en section consulaire

redéploiement

GABORONE

- Agence consulaire transformée en antenne consulaire, rattachée à Windhoek

redéploiement

VENISE

- Consulat général transformé en Consulat honoraire, rattaché à Milan

redéploiement

 
 
 
 

1998

 

BANJA LUKA

- Ouverture d'un Bureau d'Ambassade rattaché à Sarajevo

création

WUHAN

- ouverture d'un Consulat général

création

 
 
 

B. UNE DIFFICULTÉ MAJEURE : LA BAISSE RÉGULIÈRE DES MOYENS EN PERSONNELS

Parallèlement aux adaptations du réseau diplomatique et consulaire et au maintien d'une très importante charge de travail dans les consulats, le Ministère des affaires étrangères est confronté à une déflation régulière de ses effectifs depuis plus de cinq ans, qui conjugue ses effets à ceux, plus récents, de la baisse des postes de recrutés locaux et de la disparition prochaine des coopérants du service national.

1. La déflation des effectifs du Ministère des affaires étrangères depuis 1994

. En 1998, dernière année du schéma quinquennal d'adaptation des réseaux, ont été supprimés 117 emplois. Ces suppressions ont porté sur :

- 35 emplois de contractuels de catégorie C à l'étranger,

- 56 emplois de titulaires de catégorie C ,

- 26 emplois de chargés de mission culturelle.

Les économies ainsi réalisées ont été compensées par l'augmentation des crédits de rémunération des recrutés locaux, et par la création de 10 emplois de titulaires dans des postes d'encadrement (catégories A et B).

. En 1998, les effectifs réels du Ministère des affaires étrangères s'établissent à :

- 3 547 agents en administration centrale , dont 604 dans les services de coopération au développement, soit 2 943 pour le Quai d'Orsay,

- 12 029 agents dans les services et réseaux à l'étranger , dont :

. 10 404 agents dans les services diplomatiques et consulaires,

. 823 agents dans les missions de coopération et d'action culturelle,

. 82 dans les centres médico-sociaux,

. 720 dans les centres culturels français.

. Bien que le schéma quinquennal n'ait pas eu vocation à être reconduit au-delà de 1998, un nouveau programme pluriannuel de déflation des effectifs serait actuellement de nouveau envisagé. L'effort de réduction des effectifs sera donc poursuivi en 1999 avec la suppression nette de 119 emplois :

- 24 emplois de chargés de mission culturelle,

- 18 emplois contractuels de catégorie B en administration centrale,

- 12 emplois de contractuels de niveau C à l'étranger,

- 65 emplois de titulaires de catégorie C.

. Telle qu'elle est conduite, la déflation des effectifs du Ministère des affaires étrangères affecte tout particulièrement les postes consulaires. En effet, elle porte principalement sur les personnels de catégorie C : 456 emplois de catégorie C à l'étranger ont ainsi été supprimés entre 1994 et 1998, pendant la mise en oeuvre du schéma d'adaptation des réseaux. Or, ces personnels jouent un rôle considérable dans le fonctionnement des postes consulaires.

La poursuite de cette déflation en 1999 est donc susceptible d'aggraver les difficultés de certains consulats. Ces difficultés se traduisent désormais, il faut le souligner, par l'interruption de certaines activités consulaires. Ainsi le consulat général de Rome a-t-il été contraint de fermer ses services de l'état civil pendant plusieurs mois, en 1996 et 1997.

2. Deux ressources en personnels désormais en déclin : recrutés locaux et coopérants du service national

a) L'amorce d'une contraction des effectifs de recrutés locaux

Dans la logique du schéma quinquennal ci-dessus évoqué, la restitution des 610 emplois de titulaires supprimés devait être -au moins partiellement- compensée par un développement des effectifs de recrutés locaux , dans la proportion d'un recruté local pour deux emplois de titulaires supprimés.

Les effectifs recrutés locaux s'élèvent ainsi en 1998 à 5 530 agents, dont 1 191 Français (soit 21,5 %). Les augmentations d'effectifs effectuées dans le cadre du schéma quinquennal ont porté sur les agents de bureau , qui représentent désormais quelque 40 % de l'effectif total, répartis entre 2 201 agents de bureau et 3 329 agents de service. En 1998, les recrutés locaux représentent 53 % des personnels des postes diplomatiques et consulaires.

Les différentes mesures tendant à la revalorisation des rémunérations et à l'amélioration de la protection sociale des recrutés locaux mises en oeuvre depuis 1997 se sont traduites par des charges supplémentaires. Ainsi la dotation destinée aux recrutés locaux augmentera-t-elle de 8,4 %, y compris les indemnités de fin de fonction et les charges sociales. En dépit de crédits croissants, les nécessaires ajustements de rémunération en cours ne permettent plus d'augmenter le nombre de postes de recrutés locaux. Les salaires étant de surcroît parfois versés en dollars, cette dotation subit le contrecoup de l'évolution du taux de change du dollar et des monnaies rattachées, alors même que le chapitre 31-98 est un chapitre limitatif et non provisionnel.

C'est ainsi que les effectifs de recrutés locaux ont été, eux aussi, affectés par des suppressions nettes d'emplois (40 postes en 1997 et 60 en 1998). Il est désormais difficile de recourir à cette catégorie de personnels pour compenser la déflation des emplois de titulaires. Il convient donc de suivre avec intérêt les travaux de la mission de réflexion sur la politique générale de recrutement et de gestion des personnels locaux mise en place récemment au Ministère des affaires étrangères.

b) Difficultés supplémentaires liées au futur volontariat du service national à l'étranger

La réforme du service national affecte aussi la gestion des personnels des affaires étrangères à travers, d'une part, l'extinction progressive, à l'échéance de 2002 (fin de la période de transition et interruption du service national obligatoire), de la ressource appelée et, d'autre part, à travers la montée en puissance des futurs volontaires du service national.

.
Chaque année, un effectif stable de quelque 1 500 coopérants du service national (CSN) effectuent leur service national au Ministère des affaires étrangères. Point n'est besoin de souligner l' apport essentiel de ces jeunes gens au fonctionnement des postes diplomatiques et consulaires, aux organismes de recherche à l'étranger, aux établissements d'enseignement relevant du réseau de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, aux centres culturels et aux alliances françaises, ainsi qu'aux organisations non gouvernementales contribuant à notre politique de coopération.

La même remarque vaut pour les jeunes gens affectés au service national en entreprises , et dont la ressource est gérée par la Direction des relations économiques extérieures du Ministère de l'économie et des finances. Le ministère délégué à la coopération et à la francophonie s'appuie également sur la ressource appelée, dont le haut niveau de formation constitue un atout considérable pour les missions de coopération.

. La loi n° 97-1019 portant réforme du service national prévoit, parmi les modalités d'accomplissement du futur volontariat du service national, un volontariat à l'étranger qui recouperait très largement l'actuel service de la coopération. Elle renvoie cependant à une loi ultérieure pour définir plus précisément les contours du statut des volontaires civils, ainsi que les missions susceptibles d'être confiées à ceux-ci par les différentes administrations de tutelle.

Votre rapporteur est, comme la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, favorable au fait qu'une loi spécifique porte uniquement sur le volontariat à l'étranger. Cette préférence s'appuie sur les particularités évidentes présentées par les divers types de volontariats susceptibles d'être accomplis à l'étranger (enseignement à l'étranger, coopération et ONG, entreprises, organismes de recherche...), par rapport aux autres volontariats civils initialement envisagés dans le cadre du projet de loi portant réforme du service national proposé par le précédent gouvernement. Ce projet de loi, rappelons-le, prévoyait l'accomplissement de volontariats civils dans les domaines de la sécurité, de la prévention et de la défense civile ; de la cohésion sociale et de la solidarité ; de la coopération internationale et de l'aide humanitaire.

Or, la mise en place des emplois jeunes est revenue à créer, notamment dans la police et dans l'Education nationale, des postes comparables à ceux qu'il avait été initialement prévu de proposer dans le cadre du volontariat du service national. Dans les administrations concernées par les emplois-jeunes, la création d'un volontariat du service national devient, par conséquent, redondante. Ainsi les hypothèses sur lesquelles s'appuyait le projet de loi déposé par l'ancien gouvernement à l'égard des volontariats civils paraissent-elles dépassées du fait de la création des emplois-jeunes. Cette constatation valide la formule d'un nouveau projet de loi portant exclusivement sur le volontariat international.

.
Tandis que le projet de loi destiné à définir les contours juridiques du volontariat international était très avancé, le gouvernement a interrompu la procédure d'élaboration de ce texte, au motif que ledit projet devait intégrer les volontariats susceptibles d'être accomplis dans le domaine de la solidarité et de la cohésion sociale. Ce secteur serait donc doublement pourvu , non seulement à travers les emplois-jeunes dont la demande croît de manière régulière -et inquiétante pour notre pays-, mais aussi à travers le volontariat du service national.

Le Ministère des affaires étrangères est la première victime des atermoiements gouvernementaux
, car il est urgent d'adopter la loi relative au volontariat international , et de permettre au futur système de se rôder avant la fin du service national obligatoire, en 2002. L'urgence est renforcée par le fait que, à l'échéance de 2002, une réduction des effectifs de CSN ne paraît pas impossible, compte tenu de la persistance de besoins importants dans les armées tandis que la ressource en appelés est susceptible de décroître.

Confronté à une déflation régulière de ses effectifs, le Ministère des affaires étrangères ne peut donc plus s'appuyer sur l'apport que constituent les recrutés locaux et les CSN. Ces évolutions simultanées imposent une réflexion sur la définition à venir des missions et des priorités géographiques du Ministère des affaires étrangères.

C. UNE INDISPENSABLE RÉFLEXION SUR LES MISSIONS DES POSTES DIPLOMATIQUES ET CONSULAIRES

Compte tenu de la contrainte majeure que constitue le déclin des effectifs du Ministère des Affaires étrangères, il paraît difficilement concevable de préserver la densité de notre réseau diplomatique et consulaire sans revoir les missions remplies par ces postes. Les difficultés d'organisation soulevées, dans les postes diplomatiques et consulaires, par la baisse des effectifs posent deux questions distinctes :

- dans quelle mesure un redéploiement géographique des personnels peut-il atténuer ces difficultés ?

- ne convient-il pas en priorité de rendre les missions des postes diplomatiques et consulaires compatibles avec le déclin des moyens en personnels ?

1. Un redéploiement géographique des effectifs à accentuer

On observe actuellement un certain redéploiement géographique des effectifs des postes diplomatiques et consulaires , dont les tableaux ci-après retracent l'évolution pour les années 1996-1997. Ainsi les effectifs (expatriés, CSN et recrutés locaux) affectés aux postes diplomatiques et consulaires dans les pays de l' Union européenne ont-il baissé entre 1996 et 1997, passant de 1 496 à 1 378. La même observation vaut pour les Etats-Unis (403 postes en 1996, 369 en 1997). Les effectifs affectés aux postes diplomatiques et consulaires d' Asie (hors Océanie) ont, quant à eux, augmenté ( 1 294 postes en 1996, 1 304 en 1997). En revanche, les effectifs de la CEI (325 en 1996, 285 en 1997) ont diminué entre 1996 et 1997. Il serait intéressant d'observer si les statistiques de 1998 confirment ces évolutions.

On relève cependant en 1997 la persistance d'effectifs encore très importants aujourd'hui dans certains pays de l'Union européenne (263 postes en Allemagne, 198 en Espagne, 166 en Italie, 182 au Royaume-Uni, 76 au Portugal, 87 en Grèce, 82 aux Pays-Bas) et aux Etats-Unis (369 postes en 1997). Les effectifs affectés en Allemagne représentent à eux seuls plus du double des effectifs en Russie (106 postes) et en Chine (104 postes), et équivalent aux effectifs de la CEI dans son ensemble (285 postes).

Cette constatation vaut pour les effectifs des postes diplomatiques et consulaires en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni.

Votre rapporteur soulignait déjà, à l'occasion de l'examen du projet de loi de finances pour 1997, combien est désormais moins importante que par le passé la présence d'effectifs substantiels dans les ambassades des pays de l'Union européenne , où les progrès de la construction de l'Union européenne peuvent aller de pair avec un allégement des fonctions diplomatiques traditionnelles et, partant, de la dimension des ambassades. Ces remarques peuvent également s'appliquer à notre ambassade aux Etats-Unis , dont le format pourrait probablement être réduit sans préjudice pour la qualité des relations bilatérales franco-américaines.

Les consulats ne sauraient néanmoins se voir appliquer le même traitement, sans préjudice pour l'aptitude des postes consulaires à remplir l'ensemble de leurs missions .

2. Vers une redéfinition des missions des postes

La difficile question de la définition des missions susceptibles d'être confiées aux différents services de l'Etat à l'étranger se pose en termes différents selon que l'on considère le cas des postes diplomatiques ou des postes consulaires.

a) Le cas des postes diplomatiques

Comme l'a souligné le chef de l'Etat lors de la VIe conférence des ambassadeurs, les relations internationales engagent aujourd'hui dans des proportions croissantes des acteurs non étatiques (associations, collectivités locales, entreprises...). Il ne paraît donc plus nécessairement pertinent de préserver des effectifs nécessairement substantiels dans nos ambassades bilatérales. Le cas précédemment évoqué des ambassades françaises dans les pays de l'Union européenne conduit a fortiori à s'interroger sur la compatibilité entre, d'une part, les progrès de la construction européenne et, d'autre part, le maintien d'effectifs substantiels (voir supra) et des fonctions traditionnelles dans les ambassades de ces pays.

Par ailleurs, il existe probablement encore des postes où certains diplomates sont affectés à des tâches redondantes par rapport à celles qu'effectuent les postes d'expansion économique, voire les agences financières, comme par exemple l'observation de la situation économique du pays. Dans le même esprit, on compte probablement dans certaines ambassades des diplomates affectés à l'observation de la politique de défense, en "doublon" avec le travail effectué par les services des attachés de défense.

b) Le cas particulier de la charge de travail des postes consulaires

Comme votre rapporteur le faisait observer ci-dessus à l'occasion des commentaires relatifs à l'évolution du réseau diplomatique et consulaire français, les missions des consulats français sont sans équivalent dans le monde. Elles permettent aux Français établis à l'étranger un accès de proximité (même si cette proximité devient, avec les fermetures de poste, de plus en plus relative) aux services offerts sur le territoire national par les mairies (état-civil, pièces d'identité, recensement), ainsi qu'aux prestations offertes par les préfectures (visas...) et par certains ministères (aide sociale, bourses...).

Or la charge de travail des postes consulaires n'a pas vocation à diminuer , les statistiques le montrent. Cette remarque vaut aussi pour les postes consulaires en Europe communautaire, où l'on aurait pu croire que l'intégration croissante des Français expatriés, et que les progrès de la construction européenne, auraient pu conduire à un allégement sensible des tâches consulaires.

(1) Un phénomène général : une charge de travail au moins continue sinon croissante

Si les effectifs de Français immatriculés n'ont augmenté que de 3 % environ entre 1990 et 1997, jusqu'à atteindre, à cette date, un effectif de 960 939 Français immatriculés (soit un total de 1,7 million de francs compte tenu du nombre estimé de non-immatriculés), on a observé, pendant la même période :

- une augmentation très importante des procédures liées à la délivrance de cartes d'identité (+ 14 %) ou de passeports (+ 40 %) ;

- une augmentation rapide, dans certaines régions, du nombre de bourses accordées (cette évolution pourrait être dûe à l'importance croissante des effectifs de double nationaux parmi les Français immatriculés, dans certains pays comme le Liban, les Comores et Israël) ;

- une augmentation régulière du nombre d' écritures comptables (+ 7 %), liée notamment à l'ouverture de nouvelles ambassades et de nouvelles représentations permanentes auprès d'organisations internationales, et à la multiplication des échanges de services payants entre organismes publics et parapublics (comme par exemple l'échange de publications à titre payant entre universités). Or ces échanges empruntent, pour des raisons juridiques, le circuit de la comptabilité publique qui passe par les paieries des postes consulaires, au lieu de s'effectuer par virements bancaires ;

- une augmentation des actes de notariat dans certaines régions (+ 80 % dans le Maghreb entre 1990 et 1997), liée notamment, dans une certaine mesure, au nombre de mariages et de successions ; la baisse du volume de ces actes constatée, en revanche, dans d'autres zones géographiques (Europe et Etats-Unis) tient à la conclusion d'accords entre la chambre des notaires de France et les organismes étrangers équivalents pour la reconnaissance mutuelle des actes ;

- l'augmentation du nombre des pensionnés en Europe, dont le cas est géré par les postes consulaires (+ 19 % entre 1990 et 1997) contraste avec la diminution observée pour l'ensemble du monde (- 10 %) du fait du transfert du paiement de certaines retraites aux agences du Trésor ;

- une baisse du nombre de jeunes gens recensés (- 5,5 % entre 1990 et 1997), malgré l'augmentation de la population immatriculée (+ 2,7 % pendant la même période). Pourtant, la charge de travail liée au recensement est susceptible d'augmenter à partir de 2000, quand cette obligation sera effectivement étendue aux jeunes filles. L' incidence de la réforme du service national sur cet aspect du travail consulaire pourrait néanmoins être atténuée par l' assimilation de l'immatriculation consulaire en cours de validité à l'accomplissement de l'obligation de recensement (cf. l'arrêté interministériel du 17 juin 1998 relatif aux modalités d'application de la loi n° 97-1019 portant réforme du service national) ;

- une baisse sensible du nombre de demandes de visas instruites (incluant les demandes de visa refusées) entre 1990 et 1997 (- 38 % pour l'ensemble du monde en moyenne, - 60 % pour l'Union européenne). Ces statistiques tiennent, d'une part, à la suppression de l'obligation de visa pour certains pays, notamment d'Amérique Latine (Mexique, Brésil, Chili, Argentine, Paraguay, Uruguay, Salvador, Costa-Rica). D'autre part, l'incidence des engagements souscrits dans le cadre de Schengen se traduit par une diminution importante des demandes de visa instruites dans les pays de l'Union européenne. Les statistiques relatives aux visas évolueront probablement encore en 1998 du fait de la suppression de l'obligation de visa pour l' Australie , premier pays dans la demande de visas en France.

En revanche, on peut considérer que le travail consulaire lié à la délivrance des visas sera probablement caractérisé à l'avenir par une complexité croissante , du fait de l'obligation récente -et opportune- de motiver les refus de visa , et du fait de la réorientation de la politique des visas conduite par l'actuel gouvernement. Cette politique, en effet, conçue comme un "instrument au service de notre influence et de notre rayonnement" 7( * ) , ne doit pas s'appuyer sur des "procédures anonymes gérées sans distinction" 8( * ) . L'objectif est de mettre en place une politique ciblée , fondée sur l'allégement des procédures et la simplification des démarches au profit des élites étrangères. L'introduction d'éléments subjectifs dans l'appréciation des demandes de visas pourrait donc rendre plus complexe le travail consulaire dans ce domaine particulièrement sensible de la politique étrangère.

La charge de travail des postes consulaires n'est donc pas appelée à décroître. Or on constate que les fermetures de postes consulaires opérées depuis 1990, notamment en Europe, se sont traduites par une augmentation souvent sensible de la charge de travail des postes maintenus, sans que les redéploiements de personnels aient permis de compenser intégralement cette augmentation. On peut concevoir, au moins dans l'espace européen, que ne soit maintenu qu'un consulat général par pays -les fermetures de postes comme Mons et Charleroi paraissent, en effet, justifiées- à condition que les consulats généraux disposent d'effectifs leur permettant de remplir leurs missions dans de bonnes conditions.

(2) Une augmentation de la charge de travail qui n'épargne pas les postes consulaires en Europe

Les développements ci-dessus montrent l'importance souvent croissante de la charge de travail dans les postes consulaires français. Les postes consulaires dans les pays de l'Union européenne n'échappent pas à cette évolution, malgré les progrès de la construction européenne et l'intégration croissante des communautés expatriées dans leur pays de résidence.

En réalité, on observe aujourd'hui d'importants mouvements de personnes au sein de l'Union (échanges touristiques, scolaires, stages...) impliquant de fréquentes interventions des postes consulaires. Certains postes sont d'ailleurs plus particulièrement sollicités. Ainsi, une forte population de jeunes Français tentent une première expérience à Londres (et, de plus en plus, en Ecosse, où des laboratoires de haute technologie paraissent attirer de jeunes chercheurs français), ce qui aura d'inévitables conséquences sur les consulats de Londres et d'Edinburgh .

De même, au Portugal , on observe un fort mouvement de binationaux qui conservent des liens étroits (économiques et familiaux) avec la France, et qui s'adressent de ce fait très fréquemment aux consulats français du Portugal.

(3) Des solutions diversifiées

- Une première formule pourrait consister à redéfinir les missions des postes consulaires , en mettant un terme à la plupart des prestations offertes aux Français expatriés. Une telle solution est malaisément acceptable, car elle est en contradiction avec la nécessité actuelle d' encourager l'expatriation pour contribuer au rayonnement, notamment économique, de la France à l'étranger.

- Une autre solution résiderait dans la poursuite de l'expérience des postes mixtes consulats-postes d'expansion économique , actuellement conduite à titre expérimental à Miami, Atlanta, Houston et Osaka. Cette solution permet d'accroître la polyvalence des personnels, et de rationaliser la gestion des postes en mettant en commun les moyens de fonctionnement (standards téléphoniques, salles de réunion, équipements de bureaux, parcs automobiles...). A ce jour, la formule des postes mixtes s'est traduite par l'accueil, au Ministère des Affaires étrangères, de deux agents de la DREE détachés sur des emplois de consul général. Les postes mixtes sont susceptibles de mettre à contribution les effectifs souvent importants des postes d'expansion économique (PEE). On peut, en effet, s'interroger sur la nécessité de maintenir 91 agents dans les postes d'expansion d'Allemagne 9( * ) , soit plus qu'en Chine (73 agents) et que dans la totalité des PEE de CEI (59). Le commerce franco-allemand est-il réellement encore dépendant de ces structures ? La même interrogation vaut pour les PEE d'Espagne (52 personnes), d'Italie (46 personnes), du Royaume-Uni (44 personnes), qui emploient plus d'agents que la Russie (41 personnes).

- D'autres solutions pourraient venir des progrès de la construction européenne. Ainsi la création de l' euro pourrait-elle permettre de simplifier certaines procédures comptables, comme le versement des pensions.

Dans le même esprit, la création d' actes d'état civil plurilingues , qui concernent à ce jour les six pays européens signataires de la convention relative à la commission internationale de l'état civil, pourrait contribuer à simplifier le travail des postes dans les pays concernés. D'autres progrès pourraient résulter de l'introduction d'une carte d'immatriculation à puce , permettant au titulaire d'effectuer sans délai la plupart des formalités administratives courantes, indépendamment du poste où ils sont immatriculés.

- De manière générale, il paraît primordial de compenser les fermetures de postes consulaires , qui contribuent à l'adaptation de notre réseau diplomatique, par l'attribution de moyens suffisants au(x) poste(s) consulaire(s) maintenu(s) . Au contraire, les fermetures de postes consulaires décidées entre 1995 et 1997 se sont traduites par une charge de travail accrue dans les postes consulaires maintenus, sans réévaluation équilibrée de leurs moyens.

La conséquence en a été, dans certains postes, l'interruption de certaines prestations pendant une période donnée. Rappelons, comme votre rapporteur l'a relevé précédemment, que le consulat général de Rome a, en 1996-1997, fermé son bureau de l'état-civil pendant plusieurs mois. L'écueil à éviter absolument est de poursuivre le redimensionnement du réseau consulaire sans réflexion préalable sur les moyens des postes.

- Un axe de réflexion à envisager concerne la place du travail consulaire dans le cursus diplomatique. Il paraît, en effet, regrettable qu'un temps de service en consulat ne soit pas obligatoire dans le cursus des secrétaires des affaires étrangères. Au nom de la "culture de gestion" que le ministre des Affaires étrangères souhaite aujourd'hui fort opportunément développer, il paraît très important que les cadres du Quai d'Orsay soient avertis des conditions du travail consulaire, même si ces postes "de terrain" ne sont pas nécessairement les plus prestigieux de la carrière diplomatique.

- Enfin, il est urgent de mettre un terme à la déflation des postes de catégorie C , qui jouent un rôle particulier dans les consulats. Or c'est sur cette catégorie qu'a pesé, comme votre rapporteur le soulignait plus haut, l'essentiel de l'effort accompli dans le cadre du schéma quinquennal d'adaptation des réseaux.

III. UNE NOUVELLE CONTRIBUTION DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES À L'EFFORT DE MAÎTRISE DES DÉPENSES PUBLIQUES

Le projet de budget des Affaires étrangères pour 1999 est en baisse de - 0,7 % par rapport à la somme des deux dotations (affaires étrangères + coopération) de 1998.

Cette réduction tient au fait que le gouvernement actuel ne considère pas les affaires étrangères comme une priorité du moment, ce qui semble regrettable, et à la très forte baisse des crédits affectés à la coopération au développement en 1999, alors même que les pays auxquels s'adressent traditionnellement ces crédits subissent une crise particulièrement sévère.

A. VUE D'ENSEMBLE DE LA DOTATION

1. Un budget unique, traduisant la fusion Affaires étrangères-coopération

Le projet de budget pour 1999 constituera la première traduction budgétaire de la réforme de la coopération décidée par le gouvernement le 4 février 1998. Bien que le présent rapport pour avis ait limité son objet à la dotation des affaires étrangères stricto sensu , hors coopération, il importe de rappeler en premier lieu les implications budgétaires de la fusion affaires étrangères-coopération, tant sur le plan de la nomenclature budgétaire que sur l'évolution des crédits.

a) Une nomenclature budgétaire rénovée

Le projet de budget des affaires étrangères pour 1999 est présenté de telle manière que dans la plupart des cas, il est possible d'apprécier l'évolution des grands types de crédits à structures budgétaires constantes, et donc d'isoler, dans une certaine mesure, les parts respectives des affaires étrangères et de la coopération.

Les différentes catégories de dépenses retracées par le document "bleu" relatif au projet de loi de finances pour 1999 assurent donc la fusion des structures budgétaires des deux dotations.

- Le titre III du budget rénové est néanmoins très largement comparable à celui de l'ancien budget des Affaires étrangères, dont il reprend la quasi totalité des chapitres.

. Les chapitres relatifs aux rémunérations reprennent la nomenclature des affaires étrangères, assise sur huit chapitres (administration centrale-indemnités, services à l'étranger-indemnités, rémunération des personnels, autres rémunérations, participation aux charges de pension, cotisations sociales-part de l'Etat, prestations sociales versées par l'Etat, prestations et versements facultatifs), alors que le budget de la coopération comportait sept chapitres.

. En ce qui concerne les frais de réception et de déplacement , c'est également la présentation du Ministère des affaires étrangères qui a été retenue (frais de réceptions et de voyages exceptionnels, réceptions courantes et déplacements ministériels, frais de déplacement (des personnels) ), alors que le budget de la coopération ne comportait qu'un chapitre, "frais de réceptions et déplacements ministériels".

. Les moyens destinés au fonctionnement des services distinguent, comme la dotation des affaires étrangères, les dépenses relatives au "matériel et au fonctionnement courant", ainsi que les dépenses informatiques, alors que la dotation de la coopération ne comportait dans ce domaine qu'un chapitre, "moyens de fonctionnement des services".

. Les subventions de fonctionnement inscrites au projet de budget pour 1999 regroupent en un chapitre unique, comme dans le budget du Quai d'Orsay, les subventions à l'AEFE, à l'OFRA et à l'OUCFA (la dotation de la coopération s'appuyait sur deux chapitres, l'un relatif à l'AEFE, l'autre aux établissements culturels).

. Sous la rubrique " dépenses diverses" figurent désormais les réparations civiles et les frais de justice, ainsi que les indemnités des représentants français au Parlement européen, précédemment inscrites dans cette partie du budget des affaires étrangères, et un chapitre nouveau constitué des dotations des établissements culturels, de coopération et de recherche à l'étranger. Ces dernières figuraient auparavant sur deux chapitres distincts, le chapitre 36-82 du budget de la coopération, et le chapitre 42-10 du budget des Affaires étrangères.

- Le titre IV du projet de budget des affaires étrangères pour 1999 procède également de la logique de fusion précédemment évoquée à propos du titre III.

Ces crédits d'intervention sont répartis entre les trois parties du titre IV des affaires étrangères : interventions politiques et administratives, action internationale, et action sociale-assistance et solidarité.

. Les " interventions politiques et administratives" regroupent désormais les moyens consacrés par le Ministère des affaires étrangères à la promotion de Strasbourg, capitale parlementaire européenne, ainsi que les concours financiers de la "rue Monsieur".

. L'" action internationale " recouvre l'ancien chapitre 42-10 du budget du Quai d'Orsay ("action culturelle et aide au développement") ainsi que l'ancien chapitre "coopération technique" du budget de la coopération. Ces chapitres sont fusionnés et répartis entre les nouveaux chapitres 42-11 (coopération culturelle et scientifique), 42-12 (coopération technique au développement) et 42-14 (subventions aux opérateurs de l'action audiovisuelle). Les chapitres de la "rue Monsieur" consacrés à la coopération privée et décentralisée ainsi qu'au transport de l'aide alimentaire figurent dans l'action internationale du budget rénové. Cette partie reprend les deux chapitres relatifs aux contributions aux organisations internationales (contributions obligatoires et contributions volontaires), et fusionne en un chapitre unique les moyens consacrés à la coopération militaire et de défense par les deux ministères. Les "autres interventions de politique internationale" reprennent, sous un intitulé modifié, les "interventions de politique internationale" qui figuraient au chapitre 42-37 du budget des affaires étrangères.

. La partie " action sociale-assistance et solidarité" du budget rénové est composée de deux chapitres hérités du budget du Quai d'Orsay (frais de rapatriement, et assistance aux Français de l'étranger et aux réfugiés étrangers en France).

. Les dépenses en capital sont réparties d'une part, entre les chapitres du titre V destinés aux "équipements administratifs et divers" (chapitres 52-10 du budget des affaires étrangères et du budget de la coopération), et les chapitres du titre VI consacrés aux subventions d'investissements hors de métropole. Le titre VI du budget rénové regroupe le chapitre 68-80 du budget du Quai d'Orsay, relatif aux subventions d'investissement relevant de l'action culturelle extérieure et de la coopération internationale (alliances françaises, coopération multilatérale dans le domaine de la recherche...), et le chapitre 68-91 du budget de la coopération, relatif au Fonds d'aide et de coopération.

b) Une dotation en baisse

Le budget des affaires étrangères rénové baissera en 1999 de - 0,7 % en francs courants (soit - 146 millions de francs) par rapport à la somme des crédits des affaires étrangères et de la coopération en 1998 : 20,78 millions de francs en 1999, au lieu de 20,92 millions de francs en 1998 (14,43 pour les affaires étrangères et 6,49 pour la coopération).

Cette diminution recouvre une évolution contrastée des deux dotations. En effet, les crédits destinés à l'ex-coopération baisseront de - 7 % (et alors que les moyens du Quai d'Orsay hors coopération augmenteront de + 2,5 % en francs courants). La situation est donc plus favorable pour les affaires étrangères, dont les crédits avaient diminué de - 0,2 % entre 1997 et 1998, que pour la coopération , dont la chute sévère des crédits prévue pour 1999 succède à la baisse, plus modérée mais sensible, de - 3,4 % entre 1997 et 1998.

Les deux tableaux ci-après montrent l'incidence budgétaire de la fusion affaires étrangères-coopération selon que l'on compare le projet de budget pour 1999 à la somme des deux dotations de 1998 (tableau n° 1), ou selon que l'on se réfère au budget de 1998 établi en fonction des normes de 1999, c'est-à-dire à structures budgétaires constantes (tableau n° 2). La baisse du budget rénové (- 0,7 %) recouvre, pour les affaires étrangères et la coopération :

- une augmentation du titre III de quelque 8 % en 1999 par rapport à la somme des deux dotations de 1998, et de 4,8 % à structures budgétaires constantes ;

- une augmentation de l'ensemble des rémunérations (de plus de 5 %) en dépit de la contraction des effectifs ;

- une augmentation des crédits destinés au matériel et au fonctionnement des services (frais de déplacement et de réception, fonctionnement courant) de l'ordre de 2 % par rapport à la somme des deux dotations de 1998, et de 0,9 % à structures budgétaires constantes ;

- une baisse des moyens destinés à l' informatique (- 2,4 % à structures budgétaires constantes) ;

- une baisse du titre IV, liée pour l'essentiel à la contraction des concours financiers. La baisse du titre IV est de près de - 5 % en 1999 par rapport à la somme des deux dotations (affaires étrangères + coopération) de 1998. Elle est de près de - 3 % à structures budgétaires constantes. Ainsi les crédits relatifs aux "interventions politiques et administratives" tiennent-ils compte, à structures budgétaires constantes, du transfert vers la partie "action internationale" de la dotation destinée à la coopération militaire et de défense. C'est pourquoi les crédits concernant les "interventions politiques et administratives" baissent de - 50 % à structures budgétaires constantes, et de - 77 % si l'on se réfère à la somme des dotations de 1998.

- une baisse des dépenses en capital (environ - 10 %), due principalement à la diminution des crédits du Fonds d'aide et de coopération (- 21,9 %).

2) Evolution du budget des affaires étrangères à structures budgétaires constantes (budget de 1998 à partir des structures de 1999)

 

LFI 1998
(Affaires étrangères + coopération)

PLF 1999
(Affaires étrangères + coopération)

Evolution 1999/1998

Rémunérations et charges sociales

4,704

4,952

+ 5,2 %

Matériel et fonctionnement des services

1,469

1,483

0,95 %

Subventions de fonctionnement et dépenses diverses

2,363

2,511

+ 6,2 %

TOTAL TITRE III

8,538

8,949

+ 4,8 %

Interventions politiques et administratives

0,598

0,294

- 50,8 %

Action internationale

9,295

9,292

- 0,04 %

Action sociale

0,131

0,142

+ 8,4 %

TOTAL TITRE IV

10,029

9,732

- 2,97 %

TOTAL TITRES V ET VI

2,352

2,092

- 11 %

TOTAL

20,92

20,77

- 0,7 %

2. Les économies imposées à un budget non prioritaire

Le budget des affaires étrangères, coopération comprise, diminue en 1999 par rapport au précédent exercice. Cette évolution traduit le fait que le ministère des affaires étrangères n'est pas considéré par l'actuel gouvernement comme un budget prioritaire , ce que votre rapporteur déplore vivement. Ainsi la part du budget des affaires étrangères rénové (coopération comprise) dans le budget de l'Etat connaîtra-t-elle une nouvelle baisse en 1999, s'établissant alors à 1,28 % du budget de l'Etat au lieu de 1,31 % en 1998 pour la somme des crédits du Quai d'Orsay et de la rue Monsieur.

La baisse des crédits des affaires étrangères prévue en 1999 résulte d'importantes économies , destinées à faire face à des dépenses incompressibles qui représentent une part importante de la dotation.

. L'accord salarial conclu en février 1998 pour la fonction publique se traduira en 1999 par une augmentation des rémunérations, de 115 millions de francs . Les charges supplémentaires liées à l'effet change , calculé sur la base d'un dollar à 6,07 francs (5,66 francs en 1998), s'élèveront en 1999 à 313 millions de francs, dont 101 millions de francs au titre des seules rémunérations.

.
Par ailleurs, le budget des Affaires étrangères est caractérisé par d' importantes rigidités , qui rendent difficile le recours à des variables d'ajustement dont le montant est au demeurant modeste.

Ainsi la somme des rémunérations et des cotisations sociales représentait-elle en 1998 29,9 % du budget des affaires étrangères stricto sensu. Elle représentera en 1999 23,8 % de la dotation rénovée.

En 1998, le total cumulé des rémunérations (charges sociales comprises) et des contributions obligatoires aux organisations internationales (dont le montant se déduit mécaniquement de la quote-part de la France au budget de ces organisations) s'élevait à 7,48 milliards de francs, soit plus de la moitié (52 %) du budget des affaires étrangères de cet exercice. En 1999, ces crédits s'établiront à 8,1 milliards de francs, soit 39 % du budget rénové.

. Compte tenu de cette contrainte, les économies prévues en 1999 affectent :

- les moyens consacrés à l' ajustement structurel (- 305 millions de francs sur le chapitre 41-43),

- le Fonds d'aide et de coopération (- 55 millions de francs sur le chapitre 68-91/10) et l' Agence française de développement (- 174 millions de francs sur le chapitre 68-91/40).

Ces aspects de la dotation, plus particulièrement destinés aux pays ACP relevant du "champ" d'intervention de l'ancien ministère de la coopération, font l'objet d'un rapport auquel votre rapporteur se permet de renvoyer (voir le rapport pour avis de Mme Paulette Brisepierre sur les crédits du Ministère délégué à la coopération et à la francophonie), tout en doutant de la pertinence du choix de ces dépenses comme "variable d'ajustement" du budget des affaires étrangères . En effet, les besoins croissants des pays ACP et l 'ampleur de la crise africaine ne paraissent pas autoriser, contrairement à la présentation faite par le gouvernement du budget des affaires étrangères, à tirer les conséquences d'une amélioration -encore très théorique- de la situation des pays destinataires de cette aide.

. Sont , en revanche , préservés :

- les moyens affectés à la coopération culturelle et scientifique qui font l'objet du rapport pour avis de M. Guy Penne (chapitre 42-12),

- ainsi que les crédits destinés à la solidarité avec les Français de l'étranger (chapitre 46-94).

. Parallèlement font l'objet d'un certain effort :

- les cotisations volontaires aux organisations internationales (+ 22 % sur le chapitre 42-32),

- les moyens consacrés à l' audiovisuel extérieur (chapitre 42-14) : + 130 millions de francs),

- la coopération militaire et de défense (chapitre 42-29) hors pays ACP (+ 29 millions de francs).

. On remarque, enfin, que la réduction du nombre et du coût des opérations de maintien de la paix se traduira, en 1999, par une économie "mécanique" de 105 millions de francs sur le chapitre des contributions obligatoires (qui pourrait néanmoins, en fonction de l'évolution de la situation internationale, ne pas être reconduite en 2000).

B. UNE CERTAINE HAUSSE DES MOYENS DE FONCTIONNEMENT POUR LES AFFAIRES ÉTRANGÈRES HORS COOPÉRATION

A l'exception des crédits destinés aux dépenses d'informatique et de télématique, le titre III du Ministère des affaires étrangères connaîtra, hors coopération , une hausse de + 8,3 % en 1999 , passant de 7,3 à 7,91 milliards de francs (cette augmentation est de 4,8 % pour l'ensemble de la dotation, coopération comprise), illustrée par le tableau ci-après :

Titre III du Ministère des Affaires étrangères (hors coopération) en 1998-1999

 

LFI 1998

(en millions de francs)

PLF 1999

Evolution 1999/1998

Part dans le titre III en 1999

Rémunérations d'activité

(chapitres 31-02,

31-12, 31-90, 31-98)

3 777,57

3 993,03

+ 5,7 %

50,5 %

Participation aux charges de pensions (chapitre 32-97)

4 31

442,2

+ 2,5 %

5,5 %

Personnels en activité et en retraite - cotisations sociales (chapitres 33-90,

33-91, 33-92)

103,3

107,48

+ 4 %

1,31 %

Sous-total rémunérations

4 311,81

4 542,71

+ 5,3 %

57,4 %

Frais de réception et de déplacements (chapitres 34-03,

34-04, 34-90)

389

390,9

+ 0,4 %

4,9 %

Matériel et fonctionnement courant

(chapitre 34-98)

801

823,83

+ 2,8 %

10,4 %

Dépenses d'informatique et de télématique

(chapitre 34-05)

141,6

139,08

- 1,8 %

1,7 %

Subventions de fonctionnement et dépenses diverses (chapitres 36-30,

37-91, 37-93, 37-95)

1 665,4

2 017,8

+ 21,2 %

25;5 %

TOTAL

7 309

7 914,4

+ 8,3 %

 

1. L'augmentation des crédits de rémunération malgré la contraction des effectifs

Les rémunérations (cotisations sociales et retraites comprises) s'élèveront en 1999 à 4 547,1 millions de francs , en hausse de + 5,3 % par rapport à 1998, et représenteront à elles seules, comme en 1998, plus de la moitié du titre III (57,4 % en 1999).

Cette augmentation intervient malgré la réduction des effectifs ci-dessus évoquée. Elle résulte notamment des mesures liées à l'accord salarial de 1998 (revalorisation des bas salaires et des indemnités forfaitaires pour travaux supplémentaires, hausse du point d'indice de la fonction publique), et à l'application du protocole "Durafour" aux agents contractuels. La hausse prévue pour 1999 tient également aux ajustements destinés à compenser l'effet change-prix et la hausse de la contribution sociale généralisée.

2. L'augmentation des frais de réception et de déplacement (chapitres 34.03, 34.04 et 34.90)

Les crédits consacrés aux frais de réception et de déplacement resteront stables en 1999, soit 390,9 millions de francs, au lieu de 289 en 1998. Ils continueront à représenter une part modeste (4,9 %) du titre III.

- Rappelons que les crédits du chapitre 34-03 , destinés aux frais de réception et de voyage exceptionnels , financent l'accueil des chefs d'Etat étrangers invités par la France, les déplacements hors de France du Président de la République et du Premier ministre, ainsi que l'organisation de conférences internationales en France. Cette dotation, stabilisée à 123 millions de francs, sera reconduite en 1999 au niveau qui est le sien depuis 1996. Il s'agit d'un chapitre provisionnel (qui supporte une charge imprévisible et inégale dans le temps), susceptible d'être abondé en cas de besoin. La dotation initiale avait ainsi été complétée en cours d'exercice, en 1994, du fait des dépenses engagées lors des cérémonies du Cinquantième anniversaire du Débarquement, et lors de la conférence des chefs d'Etat français et africains de La Baule.

- Les frais de réception courantes et de déplacements ministériels imputés sur le chapitre 34-04 passeront, hors coopération, de 33 millions de francs en 1998 à 28,4 millions de francs. Cette baisse de - 14 % tient notamment au transfert, sur le chapitre 34-98 (matériel et fonctionnement courant) de 5,1 millions de francs destinés au Centre de conférences international, jusqu'alors inscrits au chapitre 34-04 (cette subvention est, dans le même temps, réduite de 500 000 francs).

La fusion entre le Quai d'Orsay et la Coopération entraînera en 1999 une augmentation modérée des frais de réception courants et de déplacements ministériels, qui passeront, à structures budgétaire constantes, de 33 millions de francs en 1998 à 37,3 millions de francs pour l'ensemble du Ministère des affaires étrangères.

- Les frais de déplacement imputés sur le chapitre 34-90 concernent les dépenses liées à l'acheminement du courrier et de la valise diplomatiques, ainsi que les crédits destinés aux missions temporaires et aux voyages de mutation des agents du Ministère des affaires étrangères. Sur ce dernier point, rappelons que le Ministère prend en charge les frais de transport des agents et de leur famille jusqu'au lieu d'affectation, et verse de surcroît une indemnité de changement de résidence dont le montant dépend du pays d'affectation, de la situation familiale et du grade. Les crédits inscrits au chapitre 34-90, hors coopération, augmenteront de 2,7 % entre 1998 et 1999, passant de 233 à 239,5 millions de francs. Le transfert, sur le chapitre 34-90, de 1,4 million de francs au titre des déplacements concernant des actions de coopération en matière militaire, contribue à expliquer l'augmentation de ces crédits.

La dotation destinée aux frais de déplacement (chapitre 34-90) pour l'ensemble du Ministère des affaires étrangères en 1999 (coopération comprise) s'élèvera à 263,16 millions de francs, soit une augmentation de + 2,9 % par rapport à la somme des crédits correspondants du Quai d'Orsay et de la coopération en 1998.

3. Stabilisation des crédits destinés au fonctionnement courant (chapitre 34-98)

Compte tenu de l'intégration de la coopération, les crédits de fonctionnement courant s'établiront en 1999 à 899,21 millions de francs, dont 75,38 au titre de la rue Monsieur.

Hors coopération, les crédits destinés au fonctionnement courant du Quai d'Orsay seront reconduits en 1999 à un niveau proche de celui de 1998, soit 823,8 millions de francs au lieu de 801 millions de francs (+ 1,8 %).

Sur cette dotation seront imputés, en 1999, les moyens destinés à la Maison des Français de l'étranger (1,31 million de francs), auparavant inscrits au chapitre 46-94 (assistance aux Français de l'étranger et aux étrangers en France).

Notons que 296,16 millions de francs seront destinés aux dépenses regroupées de fonctionnement des postes diplomatiques (article 24), auxquels s'ajoutent 100 millions de francs affectés aux crédits déconcentrés des postes (article 25). L'ensemble représente donc 396,16 millions de francs, en augmentation de 6 % par rapport à la dotation inscrite, en 1998, à l'article 60 du chapitre 34-98.

En 1998, les dépenses globalisées représentaient 65 % des crédits de fonctionnement des postes diplomatiques et consulaires. Cette nouvelle modalité de gestion des crédits de fonctionnement courant a tout d'abord, rappelons-le, concerné dix ambassades et cinq consulats en 1994, avant d'être étendue à l'ensemble des postes en 1995. A l'origine, seules étaient concernées par la globalisation les dépenses de fonctionnement présentant un caractère inéluctable et reconductible d'un exercice à l'autre (petit entretien mobilier et immobilier, frais de correspondance, énergie, contrats d'entretien...). Cette réforme a été étendue en 1996 aux frais de fonctionnement et de représentation des services de presse, aux achats de mobilier, à l'entretien immobilier, aux impôts et taxes ainsi qu'aux études et honoraires. En 1997, la globalisation a intégré les achats de pièces détachées, ainsi que les matériels d'entretien et les appareillages électriques.

La réforme s'est étendue, en 1998, à de nouvelles dépenses :

- frais de valise diplomatique,

- matériels de communication,

- documentation des postes,

- transport de matériels,

- machines de bureau et matériel audiovisuel,

- journaux et documentation,

- achat de véhicules,

- formation linguistique,

- Bureaux de coopération linguistique et éducative,

- information des Français de l'étranger.

Notons que, pour certaines dépenses telles que les prestations de services contractuels, ou que les contrats d'entretien immobilier, l'accord préalable du Département reste indispensable.

Selon les informations transmises à votre rapporteur, la globalisation a permis de rationaliser les dépenses à l'étranger , les redéploiements de crédits désormais autorisés ayant conduit à affecter les économies réalisées (énergie, communications téléphoniques, prestations de service...) aux dépenses estimées plus urgentes (renouvellement du mobilier, entretien des immeubles).

Selon les informations transmises à votre rapporteur, une réflexion actuellement conduite au Ministère des affaires étrangères pourrait conduire à étendre la globalisation, à terme, aux crédits locatifs , voire aux crédits destinés aux voyages de service et de mutation (une expérimentation sera effectuée sur ce dernier point en 1999). Lors de la VIe conférence des ambassadeurs, le ministre des affaires étrangères a également évoqué le transfert progressif, aux ambassadeurs, des crédits destinés aux personnels de recrutement local, ainsi que la réforme des frais de représentation. Ceux-ci pourraient prochainement être versés non plus sous la forme d'un complément de traitement, mais sous la forme d'un crédit mis en place auprès de la régie de chaque poste.

4. Une nouvelle baisse des crédits d'informatique (chapitre 34-05)

Les crédits destinés à l'informatique et à la télématique passeront, hors coopération, de 141,63 millions de francs en 1998 à 139 millions de francs en 1999, soit une baisse de 0,9 %.

Cette dotation sera répartie entre :

- l'administration centrale (66,7 millions de francs, soit 47,8 % du chapitre 34-05),

- et les services diplomatiques, consulaires et culturels (72,3 millions de francs, soit 51,8 % de la dotation).

Cette contraction, même limitée, des dépenses d'informatique peut être relativisée par le transfert, au chapitre 34-98, des dépenses regroupées d'informatique et de télématique des postes diplomatiques et consulaires, et par l'apport que constituent, en cours d'exercice, les fonds de concours sur les droits de chancellerie perçus au titre des visas. Cette dernière ressource est néanmoins fluctuante et semble désormais en baisse (29,5 millions de francs en 1997 ; 12,85 millions de francs en 1998).

De manière générale, la diminution des crédits alloués à l'informatique paraît d'autant plus préoccupante que ces crédits sont particulièrement sollicités depuis la mise en oeuvre du premier schéma-directeur 1992-1996, prorogé jusqu'en 1997. Le schéma directeur défini pour 1998-2002 vise à consolider l'acquis du précédent exercice, et à donner un nouvel élan à la politique d'informatisation et à l'emploi des nouvelles technologies de l'information et de la communication par le Ministère des affaires étrangères.

Ainsi le nouveau schéma vise-t-il :

- l'informatique de gestion (mise en oeuvre des logiciels adaptés pour passer l'an 2000 et à l'entrée en vigueur de l'Euro, établissement d'une nouvelle comptabilité à l'étranger),

- l'informatique diplomatique et consulaire (généralisation en 1999 de la nouvelle génération du réseau mondial Visas (RMV2), évolution de la gestion du courrier, mise en place en matière d'état-civil d'un nouveau système d'acquisition et de traitement des images),

- l'informatique documentaire (gestion et communication au public des fonds d'archives, gestion de la bibliothèque et ouverture de la consultation des ouvrages à tous les agents par l'Intranet).

Par ailleurs, les actions à conduire dans le domaine de la bureautique , en cohérence avec l'objectif tendant à atteindre le ratio d'équipement d'un poste de travail par agent (impliquant 12 000 configurations), impliquent d' importantes dépenses en équipement comme en entretien et en renouvellement . Rappelons, sur ce point, que le poids incompressible des dépenses liées à la maintenance et au renouvellement des matériels obsolètes pèse inéluctablement sur les moyens disponibles pour les opérations nouvelles . Ainsi les mesures de continuité sont-elles appelées à représenter 94 % de la dotation inscrite au chapitre 34-05 en 1999 (soit 131 millions de francs sur un total de 139 millions de francs). Le caractère irrégulier et décroissant des ressources provenant des fonds de concours affecte donc, selon les informations transmises à votre rapporteur, la part des crédits disponibles pour les mesures nouvelles.

Les dépenses d'informatique et de bureautique prévues pour 1999 se répartiront comme suit entre les grands projets envisagés :

- infrastructures et systèmes de communication : 44 millions de francs (déploiement du réseau de communication par satellite en Afrique et en Amérique latine, études en vue de la desserte du sous-continent indien et de l'Asie du Sud-Est, poursuite du développement des infrastructures de câblage et des réseaux locaux à l'étranger, en vue d'un accès partagé à Intranet, évolution des installations téléphoniques à l'administration centrale, poursuite du programme de sécurisation des réseaux) ;

- équipements informatiques et bureautiques : 67 millions de francs (voir supra) ;

- applications : 19 millions de francs (informatique de gestion : logiciels Euro, an 2000 ; informatique diplomatique et consulaire ; informatique documentaire) ;

- sécurité du système d'information et de communication : 9 millions de francs (poursuite du plan de modernisation et de renouvellement du parc informatique sécurisé, permettant le traitement des informations classifiées, étude du futur système de communication sécurisé, destiné aux échanges d'informations classifiées sous différentes modalités -télégrammes, notes, documents, télécopies...-, généralisation de la sécurisation des liens entre le Département et les postes diplomatiques et consulaires).

Les besoins importants qui caractérisent le titre III du Ministère des affaires étrangères en matière d'informatique conduisent à s'interroger sur la nécessité d'une allocation des crédits, au sein des moyens de fonctionnement, plus conformes aux priorités actuelles dans ce domaine . Pourtant, la rigidité qui caractérise les crédits destinés aux rémunérations, et les économies importantes déjà réalisées dans le passé en matière de fonctionnement courant, empêchent de trouver de véritables variables d'ajustement au sein du titre III, qui représente, par ailleurs, environ la moitié des crédits des affaires étrangères hors coopération.

C. LE MAINTIEN DES CRÉDITS D'INTERVENTION PUBLIQUE (TITRE IV) HORS COOPÉRATION

Les crédits d'intervention publique du ministère des Affaires étrangères s'élèveront, en 1999, hors coopération , à 6 640,94 millions de francs , soit une baisse de - 2,3 % par rapport à la dotation de 1998 (6,8 milliards de francs).

Le titre IV du budget des affaires étrangères rénové s'élèvera à 9,7 milliards de francs, soit moins que la somme des deux titres IV des affaires étrangères et de la coopération en 1998, qui s'élevait à 10,2 milliards de francs. La perte est donc de 500 millions de francs, ce qui équivaut à une baisse de quelque 5 %.

Le titre IV finance :

- la contribution du ministère des Affaires étrangères aux dépenses liées à la desserte aérienne de Strasbourg ;

- l'action internationale du Quai d'Orsay (coopération culturelle, scientifique, aide au développement, action audiovisuelle internationale, coopération de défense, contributions aux organisations internationales, autres interventions de politique internationale -subventions, interventions humanitaires ...) ;

- l'assistance aux Français de l'étranger.

Conformément à la formule retenue par votre commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées pour la présentation du projet de budget des Affaires étrangères, les développements ci-après ne concerneront ni les crédits relevant de l'action culturelle extérieure et de la francophonie, ni les crédits destinés à la coopération au développement et à la solidarité avec les pays de l'ex "champ".

Comme il a été dit plus haut, les dotations examinées par votre rapporteur se caractérisent -du moins en apparence- dans le cadre du projet de budget pour 1999, par :

- un certain effort en faveur de la coopération militaire et de défense (chapitre 42-29) ;

- une augmentation des contributions volontaires françaises aux organisations internationales (chapitre 42-32) ;

- un déclin des "autres interventions de politique internationale" (chapitre 42-37) ;

- une certaine hausse des crédits destinés à l' assistance aux Français de l'étranger (chapitre 46-94).

1. La contribution du ministère des Affaires étrangères à la promotion de Strasbourg, capitale parlementaire européenne (chapitre 41-03)

29 millions de francs seront consacrés, en 1999, à la promotion de Strasbourg , capitale parlementaire européenne . Ces crédits augmenteront de 1,18 % par rapport à la dotation de 1998, qui représentait 28,66 millions de francs. Cette augmentation ne concerne que la subvention d'exploitation pour la desserte aérienne de Strasbourg (article 10) et non les actions de promotion (article 20), dont la dotation est reconduite.

. Les crédits inscrits à l' article 10 (27,66 millions de francs en 1998 ; 28 millions de francs en 1999) contribuent à la prise en charge, par l'Etat, d'une partie du déficit d'exploitation de la desserte aérienne de Strasbourg. En effet, l'Etat finance 100 % du déficit d'exploitation des vols dits spéciaux (pendant les sessions parlementaires européennes) et 66 % du déficit d'exploitation des vols réguliers, le solde étant imputés aux collectivités locales alsaciennes.

L'appel d'offres lancé en 1995 aux compagnies aériennes a permis de retenir Air France pour la majeure partie du réseau, Air France et Sabena assurant, sans compensation, la desserte respectivement de Londres et de Bruxelles, et TAT assurant celle de Milan.

Le second appel d'offres lancé en avril 1998 pour la période 1998-2001 a mis fin à la notion de vols réguliers et de vols spéciaux , ces derniers s'avérant peu fréquentés par les parlementaires et, surtout, trop coûteux. Tous les vols ont donc été transformés en vols réguliers. La desserte de Milan et de Copenhague est désormais confiée à Regional Airlines, la nouvelle desserte de Vienne étant assurée par Tyrolean Airlines.

Le recours à des appels d'offres a incontestablement permis de diversifier la desserte aérienne de Strasbourg -dont le traité d'Amsterdam a confirmé la place comme siège du Parlement européen- et a également permis des économies sur le chapitre 41-03 (de l'ordre de 40 % entre 1993 et 1998).

- Les crédits inscrits à l' article 20 financent des actions de communication relatives à de Strasbourg, destinées notamment aux pays d'Europe centrale et orientale, dans le cadre d'opérations d'information sur les institutions européennes. La dotation de 1998 (un million de francs) sera reconduite en 1999.

2. L'action internationale du ministère des Affaires étrangères

9 296,2 millions de francs seront consacrés en 1999 par le ministère des Affaires étrangères (coopération comprise) à son action internationale. Ces moyens seront répartis entre les chapitres suivants :

- 42-11 : coopération culturelle et scientifique,

- 42-12 : coopération technique au développement,

- 42-13 : appui à des initiatives privées et décentralisées,

- 42-14 : subvention aux opérateurs de l'action audiovisuelle,

- 42-26 : transport et dépenses diverses au titre de l'aide alimentaire,

- 42-29 : coopération militaire et de défense,

- 42-31 : contributions obligatoires aux organisations internationales,

- 42-32 : contributions volontaires aux organisations internationales,

- 42-37 : autres interventions de politique internationale   (aides et secours, subventions, interventions du ministre des Affaires européennes, fonds d'urgence humanitaire).

Hors coopération, l'ensemble de ces crédits s'élèvera à 6,46 milliards de francs en 1999. Les importantes modifications de nomenclature effectuées dans cette partie du budget ne rendent pas pertinente une comparaison avec les moyens consacrés à son "action internationale" par le Quai d'Orsay en 1998.

a) La légère augmentation des contributions aux organismes internationaux

. La participation française aux organisations internationales dont la France est membre représentera en 1999 3 434,56 millions de francs. Cette légère hausse (+ 0,75 %) par rapport aux crédits inscrits en 1998 sur les chapitres 42-31 et 42-32 (3 408,9 millions de francs) doit être soulignée, car elle succède à la baisse de 5,6 % observée entre 1997 et 1998 .

Les contributions aux organisations internationales représenteront, en 1999, 16,5 % du budget rénové des Affaires étrangères, et 23,2 % de la dotation hors coopération (23,5 % en 1998).

(1) Les contributions obligatoires (chapitre 42-31)

Les cotisations obligatoires s'établiront en 1999 à 3,15 milliards de francs (3,18 en 1998). La légère baisse des contributions obligatoires (- 0,7 %) succède à la diminution plus sensible (- 2,5 %) observée entre 1997 et 1998.

La part des contributions obligatoires dans la dotation des Affaires étrangères (hors coopération) restera substantielle (21,3 % en 1999 contre 22,1 % en 1998).

. Le cas des contributions à l'ONU

Les contributions à l'ONU et aux organismes spécialisés des Nations unies représenteront, en 1999, près de la moitié du chapitre 42-31.

La France est le quatrième contributeur des Nations unies , après les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne, avec une quote-part de 6,49 %. La quote-part française au budget des institutions spécialisées des Nations unies (UNESCO, OMS, AIEA, OIT ...) est, à peu de chose près, identique à celle qu'acquitte la France au budget ordinaire de l'ONU.

La quote-part française aux opérations de maintien de la paix est plus importante (7,93 %), du fait des responsabilités spéciales qui incombent à notre pays du fait de sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité.

La baisse des contributions obligatoires françaises au système des Nations unies s'explique :

- par la baisse des participations au financement des opérations de maintien de la paix , liée à la liquidation progressive des opérations parmi les plus importantes et, principalement, de la Forpronu : de 472 millions de francs en 1997, les appels à contribution devraient ne représenter que 325 millions de francs en 1998. Elles pourraient se limiter à 240 millions de francs en 1999 (est ainsi prévue la fin de la Minurso 10( * ) le 31 décembre 1998, et la Monua 11( * ) devrait ne pas être prolongée en 1999) ;

- par l'adoption de budgets de fonctionnement en diminution régulière , impliquant des contributions moins élevées (ainsi l'OIT a-t-elle adopté pour 1998-1999 un budget en baisse de - 3,75 %), sous réserve des évolutions du dollar pour les contributions appelées dans cette monnaie.

A ce jour, les opérations de maintien de la paix conduites dans le cadre des Nations Unies avec une participation française sont les suivantes :

- MINURCA (résolution 1159 du 27 mars 1998) : destinée à renforcer la sécurité à Bangui, la MINURCA a vu son mandat prolongé jusqu'au 25 octobre 1998. La France met à disposition de cette force 201 Casques bleus et 7 observateurs (l'effectif total est de 1 379 personnes). Elle détient à ce titre une créance qui n'a pas encore fait l'objet d'une évaluation précise.

- MONUA (résolution 1 118 du 30 juin 1997) : mission d'observation en Angola. La France a mis trois observateurs à disposition de cette force, qui comporte un effectif total de 1 213 personnes. La mise à disposition d'observateurs ne donnant pas lieu à remboursement 12( * ) , la France ne détient pas de créance au titre de la MONUA.

- MINUH (résolution 1 035 du 21 décembre 1995) : destinée à contribuer à la formation des forces de police des deux entités constitutives de la Bosnie-Herzégovine. La France met 123 policiers à disposition de la MINUH, et ne détient donc pas de créance à ce titre sur les Nations unies.

- MINURSO (résolution du 29 avril 1991) : créée pour surveiller l'application du plan de règlement de l'ONU au Sahara-occidental, la MINURSO a été prorogée à plusieurs reprises. La France met à la disposition de cette mission 25 observateurs militaires sur un total de 397, et ne détient à ce titre aucune créance sur l'ONU.

- MONUIK (résolutions 687 et 689 d'avril 1991) : destinée à veiller à l'application du cessez-le-feu entre l'Irak et le Koweit, la MONUIK a vu son mandat élargi en 1993. La poursuite de cette opération est examinée tous les six mois par le Conseil de sécurité. La France participe à la MONUIK à travers la mise à disposition de 11 observateurs militaires, ce qui ne donne pas lieu à remboursement.

- La FINUL (résolutions 425 et 426 du 19 mars 1978) : destinée à confirmer le retrait des forces israéliennes du sud du Liban, et à prévenir les combats dans la région, la FINUL a été prorogée à plusieurs reprises (la dernière prorogation viendra à son terme le 31 janvier 1999). 246 casques bleus sur un total de 4 480 sont mis à disposition de la FINUL par la France. La France détient en outre une créance de 4,8 millions de dollars, après avoir perçu des remboursements substantiels (15,6 millions de dollars) en 1996, 1997 et 1998.

Toutes les participations françaises aux opérations de maintien de la paix n'ouvrent donc pas droit à créance. La France bénéficie, en tant que contributeur de troupes et de matériels, de remboursements de la part des Nations-Unies :

- au titre de la mise à disposition de casques bleus (taux de remboursement : 988 dollars par homme et par mois pour les indemnités d'habillement et d'équipement, et 291 dollars par homme et par mois pour les indemnités de "spécialistes") ;

- au titre des " lettres d'attribution ", qui fixent les modalités de remboursement des équipements (pièces détachées, véhicules...), des biens consommables (rations alimentaires) et des frais de transport ;

- au titre des matériels appartenant aux contingents (la procédure de remboursement renvoie désormais à la location avec ou sans service : l'ONU prend en charge l'entretien du matériel et le rembourse sous la forme d'une indemnisation calculée sur la base d'un taux d'amortissement établi selon un barème déterminé) ;

- au titre des indemnités pour maladie, invalidité et décès (l'ONU rembourse une somme forfaitaire correspondant à ce à quoi auraient pu prétendre les ayants droit si les mêmes sinistres s'étaient produits sous la responsabilité de leurs autorités d'origine).

Les remboursements perçus depuis le ler janvier 1998 s'élèvent ainsi à plus de 17 millions de dollars , dont :

- 14,5 au titre des indemnités invalidité-décès,

- 1,45 au titre des contingents de casques bleus,

- 1,12 au titre des lettres d'attribution.

A l'échéance de la fin de l'année 1998, les perspectives de remboursement concernent :

- 5 millions de dollars au titre des indemnités invalidité-décès, toutes opérations de maintien de la paix confondues ;

- 8,8 millions de dollars au titre de l'ONUSOM (Somalie) et de l'APRONUC (Cambodge). Ces créances, dûment certifiées par l'ONU, tardent à nous être remboursées en raison d'une situation de trésorerie particulièrement difficile en l'absence de paiement américain : La France fait, une fois de plus, les frais de la politique américaine à l'égard de l'ONU ;

- 15 millions de dollars au titre des matériels mis à disposition dans le cadre de la FORPRONU.

Les créances françaises s'élèvent donc, à ce jour, à 28,8 millions de dollars , compte non tenu des créances qui se créent dans le cadre des opérations en cours. Celles-ci sont toutefois conduites à une échelle nettement réduite par rapport aux opérations précédentes (FORPRONU et APRONUC notamment).

. Les contributions obligatoires aux autres organisations internationales

-
On remarque la stabilité de la contribution française à l'Institut du monde arabe (60 millions de francs en 1998 et 1999), qui représente 70 % du budget de fonctionnement de l'IMA, les contributions des Etats arabes en assurant 30 %.

- Sont également stables les contributions aux "autres organisations" (article 54 nouveau, article 31 ancien), c'est-à-dire à la Commission de l'Océan indien, à la Commission du Pacifique sud, aux organisations internationales du cacao, du café, du jute ..., qui s'élèveront à 408 millions de francs en 1999.

- Est également imputé sur le chapitre 42-31 le droit de dépaissance sur les deux versants de la frontière des Pyrénées (400 000 francs en 1998 et 1993), rente versée par la France à l'Espagne chaque année depuis 1856, en contrepartie de la jouissance exclusive, et perpétuelle, par les habitants de la vallée française de Baïgorry, des pâturages du pays de Quint Nord, situé en territoire espagnol.

- On remarque, en revanche, une augmentation modeste des contributions versées par la France aux organisations internationales hors Nations unies, Union européenne et organisations à caractère scientifique : 409,83 millions de francs en 1999, soit une hausse de + 1,5 %.

(2) Une hausse inhabituelle des contributions volontaires (chapitre 42-32)

Les contributions volontaires (ou bénévoles) versées par la France à diverses organisations internationales connaîtront, en 1999, une augmentation sensible (+ 21,9 %) par rapport à la dotation de 1998 (+ 30,2 % par rapport à la dotation de 1998 après régulation budgétaire).

Les moyens consacrés aux contributions volontaires connaissent, depuis plusieurs années, une baisse régulière qui ne serait pas sans conséquences sur le rayonnement de la France au sein du système des Nations unies.

. Une dotation régulièrement décroissante

Le chapitre 42-32 a atteint en 1998 un étiage sans précédent (- 43,7 % par rapport aux crédits de 1996). Il est également patent qu'il s'agit d'une dotation particulièrement modeste , même après cette augmentation : les 278 millions de francs inscrits au chapitre 42-32 en 1999 ne représentent que 1,8 % du budget des affaires étrangères hors coopération .

La hausse des contributions volontaires prévue pour 1999 (+ 50 millions de francs par rapport à 1998) ne permettra pas de retrouver les crédits inscrits au chapitre 42-32 au début de la présente décennie . Le tableau ci-après montre que les contributions volontaires prévues en 1999 repésenteront moins de la moitié des crédits inscrits au chapitre 42-32 en 1992, 1993 et 1994.

Evolution des contributions volontaires depuis 1991

(en millions de francs)


 

Chapitre 42-32

1991

545,90

1992

645,50

1993

697,20

1994

600,06

1995

552

1996

405,06

1997

345,5 (267 après régulation budgétaire)

1998

228,06 (213,5 millions de francs après régulation budgétaire)

PLF 1999

278,06

Les contributions volontaires financent des activités opérationnelles d'aide au développement, des actions humanitaires et des aides d'urgence mises en oeuvre principalement par les Fonds et Programmes de l'ONU tels que le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) ou le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Les contributions volontaires sont aussi destinées, pour des montants plus modestes, à des institutions spécialisées de l'ONU (UNESCO, ONUDI, OIT...) dont le fonctionnement courant est assuré par les contributions obligatoires.

Compte tenu de la rigidité qui caractérise les contributions obligatoires, dont le montant est déduit des engagements internationaux souscrits par la France, les contributions volontaires sont régulièrement la cible de régulations budgétaires (78,5 millions de francs en 1997 ; 8,4 millions de francs en 1998).

La réduction régulière des crédits inscrits au chapitre 42-32 a obligé la France, en 1998, à effectuer des choix entre les destinataires de nos contributions volontaires, afin de préserver un minimum acceptable de contributions. Ainsi le parti a-t-il été pris, en 1998, de privilégier le HCR et l'UNICEF aux dépens du PNUD . La contribution volontaire à ce programme s'est donc limitée à une modeste dotation de 30 millions de francs , qui représente un dixième des subventions versées par la France en 1993 . C'est pourquoi le PNUD fera l'objet, en 1999, d'une priorité certaine, afin de compenser l'étiage atteint en 1998.

De manière générale, les contributions volontaires françaises sont d'un montant relativement peu élevé au regard des enjeux, ce que confirment les exemples ci-après (contributions volontaires françaises de 1998) :

- 48 millions de francs au Haut commissariat pour les réfugiés,

- 47 millions de francs à l'UNICEF,

- 15 millions de francs pour le Programme alimentaire mondial,

- 4 millions de francs à l'ONUDI,

- 3,5 millions de francs au Programme des Nations unies pour l'environnement,

- 1,6 million de francs à l'Organisation mondiale de la santé.

La revalorisation du chapitre 42-32 prévue en 1999 permettra donc non seulement d'augmenter substantiellement la contribution française au PNUD, mais aussi de financer un effort supplémentaire destiné aux secteurs jugés aujourd'hui prioritaires : aide humanitaire (HCR, PAM ...), environnement (PNUE), lutte contre les menaces transnationales (drogue, crime organisé), la santé (ONUSIDA), ou les droits de l'homme.

Le ministre des Affaires étrangères a, il y a un an, jugé souhaitable de mettre fin à la dispersion des contributions volontaires, et de favoriser leur concentration sur un nombre choisi d'organismes susceptibles d'exercer un effet de levier satisfaisant .

. Des conséquences probables sur l'influence de la France au sein des Nations unies

Le déclin du chapitre 42-32 conduit à s'interroger sur les conséquences, à terme, de la baisse des contributions volontaires française sur l'influence exercée par la France au sein du système de l'ONU .

- La baisse des contributions volontaires françaises paraît affecter la capacité des Nations unies à financer certains programmes , auxquels notre pays attache pourtant un grand intérêt. Ainsi l'impossibilité de contribuer au financement du Fonds d'affectation volontaire au déminage des Nations unies contraste-t-elle avec l'engagement de la France dans la lutte contre les mines antipersonnel.

- Le "taux de retour" des contributions volontaires serait aujourd'hui affecté par la contraction du chapitre 42-32. Ainsi la France ne figurait-elle plus, en 1996, parmi les dix premiers bénéficiaires des achats effectués par le HCR, alors qu'elle occupait la quatrième place en 1995. Notons, par ailleurs, que la part des achats effectués en France par les Fonds et programmes des Nations unies n'est que de 3,84 % (et de 3,7 % pour les institutions spécialisées). Le "taux de retour" est néanmoins, pour la France, de 195 % s'agissant des interventions du PAM, et de 325,4 % en ce qui concerne les actions de l'UNICEF. La moyenne générale est cependant moins favorable (24,8 %).

- Le recul de l'influence française au sein des Nations unies se déduirait, selon les informations transmises à votre rapporteur, d'une part, du déclin de l'usage du français et, d'autre part, de la diminution des recrutements de personnels français .

L'enjeu que représente le recrutement de personnels français par les Nations unies est important, si l'on considère que la moitié des effectifs français employés par l'ONU se trouve actuellement proche de la retraite. Or la relève à assurer à l'échéance de dix ans est loin d'être garantie à ce jour.

De manière générale, la représentation des personnels français à l'ONU peut être qualifiée de satisfaisante et de stable (20 % des effectifs globaux de la Cour internationale de Justice, plus de 9 % dans les institutions spécialisées, 10 % au Secrétariat de l'ONU). On pourrait même parler, dans certaines institutions, d'une surreprésentation française par rapport à notre quote-part aux Nations unies (6,49 % du budget ordinaire). A Genève, les effectifs français représentent ainsi 22 % du personnel du secrétariat des Nations unies.

La part des Français est, en revanche, faible à New York (4 %) et à Vienne (5 %). On note, de surcroît, une position assez faible des personnels français dans les organes subsidiaires de l'Assemblée générale et de l'ECOSOC (3,7 %), où dominent traditionnellement les anglo-saxons.

La baisse des contributions volontaires pourrait, en dépit de ces positions globalement fortes, affecter la présence française au sein des effectifs des Nations unies à travers des mouvements lents (perte d'emplois stratégiques au profit d'emplois de moindre importance, diminution du nombre de consultants français sous contrat à durée limitée, altération du taux de placement des jeunes experts français ), qui n'ont pas nécessairement encore trouvé, à ce jour, de traduction statistique.

Le déclin de la présence française dans le personnel des Nations unies tient toutefois à d'autres facteurs :

- difficultés budgétaires aujourd'hui rencontrées par les organisations internationales,

- concurrence exercée par les candidatures originaires de certains pays du sud,

- faible attraction exercée sur nos compatriotes par les rémunérations désormais proposées par l'ONU.

Dans ce contexte, le maintien d'une présence administrative française satisfaisante au sein des Nations unies devrait aujourd'hui passer par la promotion de quelques candidatures de très haute qualité, susceptibles de renforcer la réputation d'excellence française, plutôt que par le souci de représenter une part importante des effectifs. Cette nouvelle politique impliquerait un effort accru de prospection et de sélection des candidats potentiels.

b) Un rééquilibrage bien venu des crédits de coopération militaire (chapitre 42-29)
(1) La fusion des moyens d'assistance militaire "champ-hors champ"

Les crédits inscrits au chapitre 42-29 en 1999 (780,5 millions de francs) ne sauraient être comparés quantitativement aux 86,11 millions de francs qui, en 1998, constituaient la trop modeste dotation destinée à la coopération militaire mise en oeuvre par le Quai d'Orsay en dehors des pays ACP.

En effet, les crédits prévus pour 1999 regroupent :

- les moyens de la Mission militaire de coopération (chapitre 41-42 du budget de la rue Monsieur), rattachée au ministère délégué chargé de la coopération et de la francophonie, et affectés à l'assistance militaire avec les pays dits "du champ",

- ainsi que les moyens gérés par la sous-direction de l'aide militaire (Direction des affaires stratégiques, de sécurité et de défense) au profit d'actions de coopération militaire destinées aux pays dits "hors champ".

Le nouveau chapitre 42-29 du budget des Affaires étrangères, inspiré du chapitre 41-42 du budget de la rue Monsieur, se présente désormais ainsi :

- article 10 : coopération technique - aide en personnel : 431,87 millions de francs au total. 67,61 millions de francs en 1998 étaient destinés, sur ce chapitre, aux pays "hors champ" : la dotation prévue pour 1997 est de 58,6 millions de francs. Cette baisse s'explique, en partie, par le fait que les moyens destinés à l'aide en personnel sont désormais répartis entre l'article 10 et l'article 30 (appui aux missions de coopération).

L'article 10 concerne, s'agissant de la région "hors champ", la rémunération des coopérants affectés aux missions d'assistance et de coopération militaire, et des officiers experts techniques nommés auprès des ministères de la défense des pays partenaires.

Il existe 25 missions militaires en Afrique subsaharienne (soit 570 assistants militaires techniques en poste à titre permanent) et six missions militaires dans la région "hors champ" (Jordanie, Liban, Arabie Saoudite, Qatar, Tunisie et Maroc) dont le personnel coopérant représente un effectif modeste de 51 assistants militaires techniques. Quant aux officiers experts techniques, ils sont affectés principalement, s'agissant de la région "hors champ", dans les pays d'Europe centrale et orientale et de la CEI (Ukraine, Roumanie, Pologne, Hongrie, Estonie, Bulgarie, Slovaquie, République tchèque).

A ces effectifs permanents s'ajoutent le renfort de personnels en missions de courte durée (jusqu'à six mois), ainsi que des quelque 40 appelés affectés à des écoles militaires étrangères en tant que lecteurs de français (leur effectif est complété par le recours à cinq enseignants militaires retraités intervenant à titre bénévole).

- article 20 : formation des stagiaires étrangers : 156,95 millions de francs. 18,5 millions de francs étaient consacrés, en 1998, à la zone "hors champ". Cette dotation passera, en 1999, à 51,6 millions de francs, ce qui représente une hausse substantielle de ces moyens, assurant un rééquilibrage de ce type d'action au profit du "reste du monde". Rappelons que les crédits inscrits à l'article 20 financent l'accueil de stagiaires militaires étrangers dans les écoles militaires françaises.

En 1998, les 716 stages effectués par des stagiaires de la zone "hors champ" (sur 935 places proposées) se répartissaient entre :

- l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient : 377 stagiaires (52 % du total) ;

- l'Europe (essentiellement baltique, centrale, orientale et post-soviétique) : 273 stagiaires (38 % de l'ensemble) ;

- l'Asie et l'Océanie : 37 stagiaires (5 %) ;

- l'Amérique : 29 stagiaires (4 %).

- article 30 : appui aux missions de coopération. Sur les 19 millions de francs inscrits à l'article 30 en 1999, 3 millions de francs seront destinés aux six missions implantées dans les pays de l'ex "hors champ".

Sur cet article, qui ne figurait pas en 1998 au chapitre 42-29, seront imputés les frais de fonctionnement et de personnels locaux (personnel d'entretien, chauffeurs, interprète, secrétariat) employés par les missions de coopération. Comme votre rapporteur le rappelait plus haut, six missions militaires sont implantées en dehors des pays ACP (Liban, Qatar, Tunisie, Maroc, Arabie Saoudite, Jordanie). Un redéploiement d'effectifs a été récemment effectué pour rééquilibrer la part du Maroc (30 coopérants depuis 1997, au lieu de 97 en 1992), dans le cadre d'une diminution globale des effectifs des missions de coopération.

- article 40 : aide en matériel et entretien des infrastructures (172,7 millions de francs en 1999, dont 0,7 million de francs pour l'ex zone "hors champ").

Ces crédits sont destinés à financer les aides attribuées sous forme d'équipement militaire, ainsi que les écoles militaires (écoles nationales à vocation régionale ou écoles interafricaines) créées par la France.

Ce type de crédit concerne encore à ce jour principalement l'Afrique subsaharienne. Le projet tendant à créer une école militaire en Pologne, pour un budget estimé à 0,7 million de francs, tend à inscrire sur l'article 40 des crédits destinés à l'aide en matériel hors Afrique.

(2) Les objectifs de la coopération de défense confirment la prise en compte de nouvelles priorités

La coopération militaire financée sur le chapitre 42-29 rénové vise des objectifs propres à chaque zone géographique.

- Dans le Maghreb, il s'agit de concourir à la prévention des crises et à la sécurité intérieure française et européenne, d'assurer le relais de nos actions euroméditerranéennes, et de contribuer au rayonnement de la France.

- Au Proche-Orient et au Moyen-Orient, la coopération militaire est conçue pour appuyer le processus de paix, pour préserver et assurer la promotion de nos marchés de défense face à la concurrence américaine , et pour favoriser la sécurité de nos approvisionnements énergétiques.

- En Europe centrale, orientale et baltique et dans les pays de l'ex-URSS, il s'agit de contribuer à prévenir les facteurs d'instabilité et de crise, dans l'esprit du Partenariat pour la paix, de promouvoir nos marchés de défense, et de défendre la francophonie en milieu militaire (susceptible de conforter nos exportations de matériels d'armement).

- En Asie et en Océanie, l'objectif est de promouvoir notre image industrielle, de contribuer à nos exportations de matériel d'armement, et d'entreprendre un dialogue de nature stratégique, donnant lieu le cas échéant à des coopérations concrètes, avec la Chine, l'Inde, la Corée du Sud et le Japon.

- En Amérique Latine, l'assistance militaire vise à mettre en oeuvre des projets de coopération à partir des Départements d'outre-mer, à promouvoir nos marchés de défense, et à contribuer à la lutte contre la drogue et le crime organisé (essentiellement à partir d'actions de la gendarmerie).

Compte tenu de ces diverses priorités, et de la solidarité qui lie traditionnellement la France à ses partenaires subsahariens, un redéploiement progressif de la politique de coopération militaire a été récemment décidé pour l'adapter aux enjeux actuels de la politique étrangère et de défense française. Dans cet esprit, en Europe centrale et orientale et dans la CEI sont désormais privilégiés notamment des actions de formation, le recours à des séminaires ponctuels, à des missions d'audit et de conseil, l'invitation de cadres francophones, ainsi que des actions de mise en condition opérationnelle liées à l'acquisition de matériels français, et des formations techniques de haut niveau (pilotes, missiliers ) susceptibles de promouvoir nos technologies de défense.

Sur la rive sud de la Méditerranée, il importe de moderniser notre coopération de défense dans un esprit de partenariat (missions d'expertise et d'audit, mise en condition opérationnelle des matériels, enseignement de haut niveau...).

(3) Une augmentation assez sensible des crédits destinés à l'ex "hors champ"

Dans la logique ci-dessus définie, le projet de budget pour 1999 amorcera un rééquilibrage des moyens destinés à la coopération de défense avec les pays dits "hors champ".

Ceux-ci passeront de 86,11 millions de francs (85,4 en réalité, compte tenu de la régulation budgétaire) à 114,01 millions de francs, soit une hausse de 32,4 % par rapport à la loi de finances initiale de 1998.

Votre rapporteur juge cette orientation positive, s'étant toujours interrogé sur la disproportion entre les moyens affectés à la coopération militaire avec les pays ACP et la trop faible dotation destinée au reste du monde. Les crédits inscrits au chapitre 42-29 pouvant exercer une influence positive sur le développement de nos exportations de matériel d'armement , à un moment où nos industries ont un besoin aigu de débouchés à l'étranger , il importe de consacrer des moyens relativement substantiels à ces actions.

L'augmentation de 28 millions de francs prévue par le projet de budget pour 1999 correspond, selon les informations transmises à votre rapporteur, à un redéploiement de l'ordre de 40 postes de coopérants militaires de l'Afrique subsaharienne, qui seront affectés vers les zones de plus forte priorité dans le reste du monde (Europe centrale et orientale, Afrique du nord et Proche-Orient). Cette orientation se poursuivra à un rythme annuel estimé à + 3,3 % pendant les trois prochaines années.

Notons que ce redéploiement n'affecte pas la part prédominante de l'Afrique subsaharienne (694,5 millions de francs en 1999) au sein du chapitre 42-29 (89 %).

c) Une nouvelle baisse des crédits destinés aux "autres interventions de politique internationale" (chapitre 42-37)

Le chapitre 42-37 recouvre traditionnellement des dépenses très diverses. Il finance, en effet, les secours destinés aux pays touchés par une catastrophe naturelle, des interventions humanitaires, des subventions à des organismes plus ou moins concernés par l'action du Ministère des affaires étrangères, ainsi que des opérations de communication.

De 100,6 millions de francs en 1998, ces crédits seront limités à 89,9 millions de francs en 1999, soit une baisse de 10,6 %.

(1) La baisse des "aides, secours et subventions à divers organismes" (article 10)

L'article 10 résulte de la fusion, opérée en 1998, des crédits, jusqu'alors inscrits sur trois articles très différents, affectés :

- aux subventions versées à divers organismes par le Quai d'Orsay ;

- aux aides et secours versés à des personnalités étrangères amies de la France (et aux descendants de celles-ci), ainsi qu'à l'aide d'urgence aux pays étrangers (ces crédits se sont étendus, après la création du Fonds d'urgence humanitaire, à des actions telles que l'envoi d'observateurs électoraux).

Les crédits inscrits à l'article 10 dans le projet de budget pour 1999 baisseront de 23 % par rapport à la dotation de 1998, et représenteront 17,09 millions de francs au lieu de 22, 19 en 1998.

Les subventions représentent 89 % de cette dotation. Leurs montants varient selon les destinataires et les types d'action financées en 1998 :

- 50 000 F : recherche de disparus français en ex-URSS (association Edouard Kalifat de recherches humanitaires) ;

- 20 000 F : soutien général de l'association Europe-Baïkal ;

- 288 744 F pour un programme nutritionnel en Somalie (Action contre la faim) ;

- 160 000 F en vue de l'aide aux communautés indiennes du Sud du Mexique ;

- 500 000 F à l'association Les enfants de Tchernobyl (programme d'aide médicale aux victimes de la pollution radioactive) ;

- 850 000 F (soutien général de l'AIPLF).

De nombreuses subventions sont donc accordées, conformément aux exemples cités ci-dessus, à des organisations contribuant, par leur action, au rayonnement de la France à l'étranger, notamment sur le plan humanitaire, ou au développement des relations internationales.

D'autres subventions s'adressent à des organisations dont l'action complète celle du Ministère des affaires étrangères, notamment sur le plan social :

- Association nationale des Français à l'étranger (40 000 francs en 1998 pour organiser des stages en faveur des Français expatriés) ;

- Association des Oeuvres sociales du Ministère des affaires étrangères (1,5 millions de francs en 1998) ;

- Association pour la gestion des centres de loisirs sans hébergement (150 640 francs en vue de l'accueil en centre aéré des enfants des familles d'agents du Ministère des affaires étrangères) ;

- Comité d'entraide aux Français rapatriés (760 000 francs en vue de la poursuite des actions en faveur des Français rapatriés).

D'autres subventions visent à financer des manifestations culturelles à vocation internationale (180 000 francs en 1998 pour les 14èmes Francofolies de La Rochelle, 90 000 francs pour les Francofolies de Montréal, 360 000 francs pour le Festival international des francophonies en Limousin...), voire des colloques (150 000 francs à l'association Forum Alternatives européennes pour l'organisation d'une conférence-débat en 1998 sur "Les nations en Europe, effacement ou nouvel avenir ?" ; 40 000 francs au Groupement d'intérêt public Mutations industrielles pour l'organisation d'un colloque franco-américain sur "Le syndicalisme dans la régionalisation de l'économie mondiale").

La politique définie depuis environ cinq années par le Ministère des affaires étrangères en matière d'attribution de subventions s'est caractérisée par le souci de mieux contrôler l'utilisation des crédits alloués à ces organismes. Ceux-ci sont ainsi tenus, à partir d'un seuil de 300 000 francs, de signer une convention définissant les objectifs poursuivis et les obligations réciproques souscrites par le Ministère des affaires étrangères et l'association. La décision d'allocation de subvention relève du secrétaire général du quai d'Orsay. L'inspection générale du Ministère des affaires étrangères peut procéder à des enquêtes sur l'utilisation des subventions les plus importantes.

En 1998, les subventions aux montants les plus élevés ont été attribuées aux organismes suivants :

- Handicap international (1 million de francs : programme de déminage à Bihac) ;

- Ligue française de l'enseignement et de l'éducation permanente (1 million de francs : soutien aux activités européennes de la LFEEP) ;

- Organisation française du mouvement européen (2,5 millions de francs : soutien général) ;

- Association pour la fondation France-Amérique (1,5 million de francs : soutien général) ;

- Fondation Jean Jaurès pour la promotion des idéaux démocratiques (1 million de francs : soutien général) ;

- Fondation Robert Schuman (2 millions de francs : soutien général) ;

- Institut François Mitterrand (5 millions de francs).

Par ailleurs, le Ministère des affaires étrangères manifeste depuis 1998 le souci d'éviter le "saupoudrage de ses subventions" sur un nombre trop important d'organismes, et de privilégier des actions ponctuelles (comme, en 1997, la subvention de 7 millions de francs à l'Association pour la réalisation de l'année de la France au Japon rassemblant la participation interministérielle à ce projet)) ainsi que les associations dont les interventions sont susceptibles d'exercer un " effet de levier" favorable . Cette ligne vertueuse doit, à l'évidence, être encouragée.

Notons aussi que la baisse des crédits destinés aux subventions et inscrits au chapitre 42-37/10 n'épuisent pas la totalité des moyens consacrés à ce type d'intervention. Divers concours sont également inscrits sur ce même chapitre 42-37, aux articles 40 (interventions du Ministre des affaires européennes), 50 (subventions du Fonds d'urgence humanitaire à des ONG), et 60 (subventions à l'association de la presse diplomatique française ainsi qu'à l'association des correspondants des radios et des télévisions étrangères à Paris).

(2) La stabilité des crédits destinés aux interventions du ministre des affaires européennes (article 40).

15,15 millions de francs seront en 1999, comme en 1998, consacrés aux interventions du ministre des affaires européennes. Ces crédits sont destinés à des subventions aux associations à vocation européenne (Mouvement européen, Ligue de l'enseignement et de l'Union paneuropéenne, Fédération des Maisons de l'Europe...), et à des actions de communication concernant la construction européenne (conférences-débats, réalisations de brochures, notamment dans le cadre de la campagne "Vivre l'Europe" organisée en 1998).

La dotation inscrite à l'article 20 peut également financer des études et, plus particulièrement, des sondages d'opinion, ainsi que des manifestations européennes organisées dans le cadre du Dialogue national sur l'Europe.

Votre rapporteur avait déjà relevé, à l'occasion de l'examen du précédent projet de budget, la stabilité de cette ligne budgétaire, alors que le Fonds d'urgence humanitaire supporte en 1999 une économie de 5,6 millions de francs (voir infra).

(3) Une nouvelle baisse des moyens du Fonds d'urgence humanitaire (article 50)

Les crédits affectés au Fonds d'urgence humanitaire (article 50) baisseront de 9 %, et passeront de 62,75 millions de francs à 57,15 millions de francs en 1999, soit presque la moitié des crédits destinés au seul transport de l'aide alimentaire gérée par le ministère délégué à la coopération. Notons que l'article 50 avait déjà été caractérisé, en 1998, par une contraction de 26,7 % entre 1997 et 1998.

Le Fonds d'urgence humanitaire finance différentes interventions :

- Contribution à des actions ponctuelles d'ONG (programmes d'aide alimentaire et d'assistance médicale dans les camps de réfugiés, rénovation d'hôpitaux...) ;

- Versements à des organisations internationales visant à soutenir des programmes d'aide d'urgence mis en oeuvre notamment par l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial, l'Organisation mondiale de la santé et le Haut commissariat aux réfugiés ;

- Financement d'opérations d'aide directe (envoi de médicaments, de nourriture, de matériel médical...).

Rappelons qu'en 1994, année de la crise rwandaise, les crédits du Fonds d'urgence humanitaire se sont élevés à 135 millions de francs, soit plus du double de la dotation prévue pour 1999.

(4) Contraction des interventions en matière de presse (article 60)

Les crédits inscrits à l'article 60 s'élèveront à 500 000 francs, soit une baisse de 100 000 francs par rapport à la dotation consacrés en 1998 aux interventions en matière de presse.

Ces crédits regroupent les subventions versées à des associations traditionnellement soutenues par le Ministère des affaires étrangères : association de la presse diplomatique française (65 000 francs), association des correspondants des radios et des télévisions étrangères à Paris (255 000 francs), et association de la presse étrangère (80 000 francs).

La baisse de 100 000 francs prévue en 1999 ne devrait pas sensiblement remettre en cause le montant des subventions ci-dessus évoquées, destinées à financer des bourses de formation pour des journalistes étrangers, l'édition de bulletins d'information, ainsi que l'organisation de réunions-débats sur la politique étrangère.

3. Un effort relatif en faveur des Français de l'étranger

La dotation inscrite au chapitre 46-94, qui rassemble les moyens destinés à l'assistance aux Français de l'étranger et aux réfugiés étrangers en France, s'élèvera en 1999 à 138,28 millions de francs, soit une hausse de 6,5 % par rapport aux 129,72 millions de francs prévus par la loi de finances initiale de 1998. L'augmentation est même de 8,82 % à structures budgétaires constantes , si l'on tient compte du transfert vers le titre III des crédits destinés à la Maison des Français de l'étranger (2,7 millions de francs en 1997).

. Si l'on intègre les moyens inscrits au chapitre 46-91 et consacrés aux frais de rapatriement (soit 4,24 millions de francs en 1999, dotation stable par rapport à 1998), l'ensemble des moyens affectés à l'assistance et à la solidarité avec les Français de l'étranger par le Quai d'Orsay s'élèvera en 1999 à 142,52 millions de francs, en hausse de 8,5 % , à structures budgétaires constantes, par rapport aux 131,31 millions de francs prévus par la loi de finance initiale de 1998.

. En réalité, cette dotation n'est pas entièrement consacrée à l'assistance et à la solidarité avec les Français de l'étranger, car elle comprend aussi :

- la dotation de la Mission de l'adoption internationale (article 33 : 2,28 millions de francs en 1999 au lieu de 1,28 en 1998, soit une augmentation de 78 %). Rappelons que ces crédits sont affectés au soutien administratif et juridique apporté par le Ministère des affaires étrangères aux candidats à une adoption à l'étranger, à travers la Mission de l'adoption internationale créée au sein de la Direction des Français de l'étranger. L'augmentation de cette dotation répond à un véritable besoin, compte tenu de la très importante charge de travail qui caractérise aujourd'hui la Mission de l'adoption internationale ;

- l'assistance aux réfugiés étrangers : les crédits inscrits à l'article 52 (3,4 millions de francs) seront reconduits en 1999. Créés par la Direction des Français de l'étranger et des étrangers en France, ainsi que par la Direction d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, ces moyens sont répartis entre trois organismes participant à l'accueil des réfugiés étrangers (Comité médical pour les exilés, Inter Service Migrants et Association pour les victimes de la répression en exil, spécialisée dans l'aide aux victimes de tortures) ;

- les crédits du Conseil supérieur des Français à l'étranger (article 20) : cette dotation sera reconduite en 1999 à son niveau de 1998, soit 9,19 millions de francs ;

- les crédits destinés à l' entretien des cimetières français à l'étranger (article 15) : 1,46 million de francs, soit une hausse de quelque 5 % par rapport à 1998) ;

- les subsides versés aux anciens agents des services publics du Maroc et de la Tunisie (article 60) : 41 500 de francs en 1999, soit une dotation stable par rapport à 1998.

. Les crédits effectivement consacrés à l'assistance et à la solidarité avec les Français de l'étranger représenteront, en 1999 :

- frais de rapatriement (chapitre 46-91) : 4,24 millions de francs (dotation inchangée par rapport à 1998) ;

- assistance à l'étranger (chapitre 46-94/11) : 109,09 millions de francs ( en augmentation de 11,3 % par rapport à 1998) ;

- organismes d'aide et d'assistance aux Français à l'étranger (chapitre 46-94/12) : 3,1 millions de francs ;

- Fonds de secours pour les Français à l'étranger (chapitre 46-94/13) : 0,45 million de francs ;

- Sécurité des Français à l'étranger (chapitre 46-94/14) : 3,05 millions de francs (dotation inchangée par rapport à 1998) ;

- Emploi et formation professionnelle des Français à l'étranger (chapitre 46-94/31) : 6,26 millions de francs (dotation inchangée par rapport à 1998).

Le total des moyens consacrés à la solidarité avec les Français de l'étranger s'élève donc à 126,19 millions de francs , soit une hausse de + 6,3 % par rapport aux mêmes crédits prévus par la loi de finances initiale de 1998 (118,71 millions de francs).

. Cette évolution favorable tient, pour l'essentiel, à l'augmentation des crédits d'assistance à l'étranger (chapitre 46-94/11 : + 11,37 % (mesure nouvelle de 11,13 millions de francs). Ces crédits permettent d'attribuer des allocations de solidarité versées en monnaie locale à nos compatriotes âgés ou nécessiteux. Leur montant varie (entre 500 francs et 3 400 francs) selon les pays, le coût de la vie locale et les taux de change. L'article 11 permet aussi l'attribution de secours occasionnels à des compatriotes temporairement dans le besoin.

Au 1er juillet 1998, 4 089 Français avaient bénéficié de 3 303 allocations de solidarité et de 786 allocations à durée déterminée. Ces subsides sont complétés par l'aide des sociétés de bienfaisance, des maisons de retraite et des centres hospitaliers subventionnés par le Quai d'Orsay (à hauteur de 4,5 millions de francs en 1998).

Les crédits d'assistance à l'étranger recouvrent aussi l' aide aux handicapés . Les allocations versées aux adultes handicapés sont alignées sur les allocations de solidarité. Les allocations versées aux adolescents et enfants handicapés sont comprises entre 500 et 825 francs. On constate une augmentation régulière du nombre de handicapés secourus : 1174 au 31 décembre 1996, 1 347 au 31 décembre 1997, et 1 381 au ler juillet 1998.

L'article 11 permet également de financer les quelque dix-neuf cabinets médicaux créés auprès de certaines missions diplomatiques et consulaires françaises, et confiés à des médecins français.

Les crédits d'assistance à l'étranger concernent aussi l' aide aux Français de passage en difficulté (2,2 millions de francs en 1998), attribuée aux Français lors de leurs déplacements à l'étranger, en cas d'accident, de perte ou de vol (de billets d'avion, d'argent, de papiers). Ces aides prennent la forme d'avances remboursables, de transferts par voie de chancellerie, de secours occasionnels, voire de rapatriements en cas d'urgence médicale. En 1997, 4 313 personnes ont bénéficié de ces différentes formes d'aide. Les avances remboursables non remboursées ont représenté, en 1997, 132 930 francs (250 000 francs en 1996). Les dépenses engagées au titre des rapatriements pour indigence se sont élevées à 484 829 francs pendant les six premiers mois de 1998, soit le double de la dotation pour 1997 (228 785 francs). Cette augmentation prévisible impose l'information des Français sur la nécessité de contracter une assurance rapatriement avant tout voyage à l'étranger.

. A l'exception des crédits d'assistance à l'étranger, qui augmenteront en 1999, on constate la reconduction, à leur niveau de 1998, des principales dotations inscrites aux chapitres 46-91 et 46-94.

- Les frais de rapatriement (chapitre 46-91) seront stables (4,24 millions de francs) par rapport à 1998. Encore s'agit-il d'un chapitre provisionnel, susceptible d'être abondé en cours d'exercice en fonction des besoins.

Rappelons que ces crédits visent à financer les rapatriements pour indigence (3,9 millions de francs en 1998), destinés aux plus démunis de nos compatriotes, et les rapatriements pour formation professionnelle (250 000 francs en 1998), qui visent la réinsertion professionnelle et sociale des jeunes Français dépourvus de perspectives d'emploi à l'étranger. Enfin, les rapatriements sanitaires concernent les urgences médicales des Français expatriés (et non pas des Français de passage).

Entre le ler juin 1997 et le 31 juin 1998, 268 rapatriements et évacuations médicales de Français résidant à l'étranger ont été effectués. La plupart ont concerné l' Afrique (148, soit 55 %, Afrique du Nord comprise). La part de l'Europe (60 rapatriements) représentait 22 % de l'ensemble. Les rapatriements pour indigence sont très nettement majoritaires (70 % du total).

Les crédits du chapitre 46-91 sont complétés, en cas de besoin, pour permettre l' évacuation des ressortissants français rendue nécessaire par les événements politiques survenus dans leur pays de résidence. Ainsi, depuis 1996, le Ministère des affaires étrangères a-t-il mis en place d'importants moyens pendant les événements survenus au Congo (1 426 rapatriements en juin 1997), en République Centrafricaine (1 530 rapatriements en mai 1996), en Sierra-Leone (150 rapatriements en février 1998), en Guinée Bissau (169 rapatriements en juin 1998), et en République démocratique du Congo (434 rapatriements en août 1998). 4,9 millions de francs ont ainsi été dépensés en 1997 pour les évacuations de Brazzaville.

- Les subventions versées aux organismes d'aide et d'assistance aux Français à l'étranger (chapitre 46-94/12) sont, elles aussi, maintenues à leur niveau de 1998 (3,105 millions de francs). Sur cette ligne sont imputées les subventions au Comité d'entraide aux Français rapatriés (0,76 millions de francs en 1998) ainsi qu'aux organismes tels que la Croix Rouge, qui contribuent à défendre les intérêts de nos compatriotes établis hors de France.

Rappelons que le Comité d'entraide aux Français rapatriés (CEFR) permet, à travers son centre d'accueil et de transit de Vaujours, à ses dix centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), et à ses trois maisons pour personnes âgées dépendantes, d'accueillir nos compatriotes qui, en situation d'indigence dans leur pays de résidence, ne disposent pas de solution d'hébergement en France. Au ler juillet 1998, 580 lits de CHRS seulement sur 743 étaient occupés, ce qui semble justifier une réflexion sur le maintien des structures actuelles. Dans cette perspective, le CHRS de Troyes devrait être fermé en décembre 1998.

Il convient de relever que c'est le Comité d'entraide aux Français rapatriés qui, en 1994, a assuré l'accueil des Français rentrant d'Algérie. Ceux-ci ont été 3 469 à disposer ainsi d'un premier hébergement au CEFR. Les Français rentrant d'Algérie représentent toujours actuellement 54 % des places du CEFR.

- Les ressources du Fonds de secours pour les Français de l'étranger (chapitre 46-94/13) seront stables en 1999 (451 100 francs). Elles sont destinées à venir en aide à nos compatriotes victimes événements politiques à l'étranger.

- Les crédits destinés à l' emploi et à la formation professionnelle des Français de l'étranger (chapitre 46-94/131) seront reconduits en 1999 à leur niveau de 1998 (6,26 millions de francs). Les actions de formations ainsi financées visent à favoriser la réinsertion professionnelle des intéressés soit en France, soit à l'étranger (200 stages en France seraient ainsi organisés chaque année). Les quelque 95 comités consulaires qui suivent les questions d'emploi et de formation pour le Ministère de affaires étrangères permettent le placement d'environ 2 000 demandeurs d'emploi par an.

. En revanche, la baisse des crédits destinés à la sécurité des Français à l'étranger (chapitre 46-94/14) paraît assez préoccupante. De 4,05 millions en 1998, cette dotation passera à 3,05 millions de francs. Cette contraction de - 24,7 % qui paraît malaisément compatible avec la multiplication de points de tension dans le monde, que ces tensions soient dues à des crises politiques, notamment en Afrique, ou à des catastrophes naturelles. Rappelons que la cellule de veille sur la sécurité des communautés françaises à l'étranger a été validée en cellule de crise trois fois en 1997 (Congo-Brazzaville, Cambodge, Congo-Pointe Noire).

En 1998, la cellule de crise a été activée à l'occasion de trois crises : l'Indonésie (mai), la Guinée-Bissau (juin) et la République du Congo (août). 2 400 Français ont ainsi pu quitter l'Indonésie. La majorité des 2 500 Français qui séjournaient en Guinée-Bissau a été évacuée vers Dakar. De même, les Français établis à Kinshasa ont été évacués en collaboration avec l'armée française.

Outre ces grandes opérations par nature imprévisibles, le chapitre 46-94/14 finance, en vue du renforcement de la sécurité des Français à l'étranger :

- l'acquisition et le transport de produits de première nécessité et de rations alimentaires,

- la modernisation des réseaux radio de sécurité, domaine dans lequel un important effort doit impérativement être poursuivi.

Selon les informations transmises à votre rapporteur, l'ensemble des dépenses destinées à la sécurité des Français à l'étranger s'est élevé à 5,5 millions de francs en 1998, alors que la dotation inscrite au chapitre 46-94 ne représentait que 4,05 millions de francs. Cette différence impose le recours à des redéploiements de crédits au sein du chapitre, ce qui ne saurait constituer une solution satisfaisante. C'est pourquoi on peut s'interroger sur la pertinence de la baisse des crédits inscrits au chapitre 46-94/14 en 1999.

D. QUELQUES INTERROGATIONS SUR CERTAINS ASPECTS DES CRÉDITS DESTINÉS À L'IMMOBILIER

Les crédits du titre V, affectés aux acquisitions, constructions, restaurations et aménagements des immeubles diplomatiques, consulaires et culturels retrouveront, en 1999, un niveau égal à celui que prévoyait la loi de finances initiale de 1997, soit 251 millions de francs hors coopération (278,05 millions de francs, rue Monsieur incluse).

L'essentiel de cette dotation est destinée aux services à l'étranger
:

- services diplomatiques et consulaires : 190,5 millions de francs,

- établissements d'enseignement : 25 millions de francs,

- instituts et centres culturels : 20 millions de francs,

- services de coopération au développement : 8,5 millions de francs.

Services de coopération compris, les crédits affectés aux services à l'étranger s'élèveront donc en 1999 à 244 millions de francs (235,5 millions de francs hors coopération), ce qui représente 87,7 % du titre V du Ministère des affaires étrangères rénové.

La politique immobilière du Ministère des affaires étrangères fait actuellement l'objet d'une réflexion fort opportune, susceptible de conduire à un meilleur suivi des coûts , et à un effort de transparence . A cet effet, le Ministre des affaires étrangères présidera lui-même les principales séances du comité de politique immobilière, au sein duquel seront évoqués les problèmes d'investissement immobilier. Une réunion du comité de management, qui désormais suit la gestion du Département, a ainsi été consacrée, le 9 septembre 1998, sous la présidence du ministre, aux dossiers d'investissement immobilier en cours.

Le titre V du Quai d'Orsay est caractérisé par :

- des opérations immobilières de prestige engageant des budgets particulièrement importants, et dont la rigidité obère le financement de projets certes moins coûteux mais indispensables,

- et des opérations moins exceptionnelles (réaménagement de locaux, constructions d'ambassades et de résidences) dont le coût paraît cependant élevé.

. Sur le premier point, le titre V du Ministère des affaires étrangères est voué à subir le contrecoup du poids budgétaire des grands projets immobiliers fondés sur des symboles au coût particulièrement élevé.

Ainsi le devis relatif à l'ambassade de France à Berlin ( 325 millions de francs ) pourrait être motivé par des contraintes techniques fortes, par le coût du terrain, situé dans le quartier le plus prestigieux de la nouvelle capitale allemande, et par la superficie des locaux (20 000 m 2 de surfaces totales de plancher, 9 000 m 2 utiles). On peut toutefois se demander, comme votre rapporteur le suggérait au début du présent rapport, si les progrès de la construction européenne ne justifieraient pas, au contraire, la contraction du format de nos implantations diplomatiques et commerciales dans ces pays. Il n'est, en effet, pas exclu que notre ambassade en Allemagne soit surdimensionnée au regard de ce que pourraient être à l'avenir nos ambassades dans les pays de l'Union. On peut aussi se demander si la qualité des relations franco-allemandes dépend réellement des locaux de notre chancellerie...

Dans le même esprit, le coût de la nouvelle ambassade de France à Pékin devrait s'élever à 320 millions de francs , dont 80 millions de francs pour le seul terrain . Le projet comporte la construction de l'ambassade, de la résidence, d'un établissement scolaire pour 800 élèves et de quelques logements, la superficie totale étant de 16 500 m 2 utiles. Certes, le budget du Ministère des affaires étrangères doit tenir compte du poids très important de la Chine parmi nos partenaires internationaux. Mais est-il établi que nos parts du marché chinois sont liées aux moyens investis dans les locaux de notre ambassade à Pékin ?

Une remarque similaire vaut pour notre ambassade au Liban . La réhabilitation de la Résidence des Pins , motivée par des raisons symboliques bien connues, se traduira par un coût de quelque 60 millions de francs. A cette facture substantielle s'ajoute le devis du transfert des services de l'ambassade sur le site de l'Espace des lettres, qui s'élèverait à 65 millions de francs. Au total, le coût de réimplantation de l'ambassade de France à Beyrouth (ainsi que le consulat général et le poste d'expansion économique) s'élèvera à un budget considérable de quelque 125 millions de francs , qui conduit à s'interroger sur le bilan coût-avantage d'un tel choix.

. Le coût de certaines réalisations immobilières moins exceptionnelles paraît, lui aussi, très élevé.

- 17,5 millions de francs seront affectés à la rénovation de l' institut culturel d'Istanbul (salle de spectacle, consulat général, institut culturel), qui a commencé en 1997.

- De même, le coût de l' aménagement du centre d'information sur la France contemporaine à Mexico (20 millions de francs) paraît considérable.

- Deux décisions concernant la seule reconstruction (hors prix du terrain) d'ambassades de France en Afrique (l'une à Kigali pour 16 millions de francs et l'autre à Kampala pour 28 millions de francs) suscitent quelques interrogations. Encore le devis relatif à l'ambassade de France à Kampala a-t-il été minoré, d'après les informations transmises à votre rapporteur, par l'utilisation de matériaux locaux permettant d'éviter de coûteuses importations. Quant au devis de la reconstruction de l'ambassade de France au Rwanda, il serait justifié par les contraintes techniques dues à la forte déclivité du terrain.

On peut espérer que ces dépenses ont été engagées au terme d'une véritable réflexion sur l'évolution de notre réseau diplomatique en Afrique . Ainsi la décision tendant à réouvrir, en 1999, l'ambassade de France à Kingston (Jamaïque), fermée en 1996, conduit-elle à se demander s'il convient de financer la reconstruction d'ambassades qui risquent d'être fermées à brève échéance.

- De même, peut-on s'interroger sur le coût du transfert de notre ambassade de Lagos à Abuja, la nouvelle capitale du Nigeria . Le devis s'élèverait à 100 millions de francs , résidence comprise. Ce projet communautaire, coordonné par la Commission, illustre les difficultés causées par la lenteur des prises de décision quant les intérêts d'un aussi grand nombre de pays doivent être conciliés.

- Enfin, le budget consacré au réaménagement (hors acquisition) de l' ambassade de France à Vilnius (23,7 millions de francs) serait justifié, selon les informations transmises à votre rapporteur, par la nécessité de "posséder à Vilnius un instrument de travail adapté" : chancellerie diplomatique et consulaire, espaces de réception, poste d'expansion économique, et trois logements. La décision d'établir la résidence en dehors de la ville a permis d'alléger le devis par rapport au projet initial, qui comportait une résidence en centre-ville. L'importance du budget prévu à Vilnius s'expliquerait par d'importantes contraintes liées :

- à la situation de l'opération en secteur sauvegardé (centre ville, monument historique),

- à la nécessité d'importer la plupart des matériaux et produits,

- à la nécessité de faire appel à des entreprises françaises pour la plupart des travaux, seuls les raccordements aux réseaux publics (eau, électricité, téléphone...) ayant pu être confiés aux entreprises locales.

Le montant particulièrement élevé de certaines opérations immobilières financées par le Quai d'Orsay serait donc justifié par le recours à des entreprises françaises. Cette formule, en effet, conduit à appliquer à l'étranger des tarifs au mètre carré équivalents à ce que coûteraient les mêmes opérations en France .

. Votre rapporteur n'estime pas trop élevée la dotation consacrée au titre V du Ministère des affaires étrangères. Celui-ci possède, en effet, un patrimoine immobilier dont le prestige de la France impose un entretien rigoureux et digne . De surcroît, la sécurité des postes diplomatiques et consulaires doit faire l'objet d'une attention particulière, et bénéficier de moyens appropriés.

. Mais votre rapporteur demeure persuadé qu' une meilleure allocation des crédits au sein du titre V devrait imposer une attention plus grande aux établissements d'enseignement et aux alliances françaises, dont l'état parfois précaire affecte, lui aussi, le rayonnement et le prestige de la France. La même réflexion vaut pour les locaux de trop nombreux consulats , inadaptés au nombre de demandeurs de visas, et dont la salle d'attente se situe trop souvent dans la rue, ce qui nuit considérablement à l'image de notre pays. Il est difficilement admissible que le financement de projets de prestige conduise à décaler dans le temps la mise en oeuvre de travaux parfois indispensables à la sécurité des élèves des écoles françaises, voire à la conservation même de certains bâtiments.

. L'application des instructions données par le ministre des affaires étrangères à la suite du comité de management du 9 septembre 1998 doit donc être suivie avec intérêt. Ces instructions visent, en effet, pour l'essentiel :

- à renforcer l' encadrement financier des investissements en procédant à des financements "sous enveloppe",

- à mettre en place, au cas par cas, des dispositifs spécifiques de suivi des grands chantiers d'ambassade ,

- à classer les projets d'investissement en fonction de leur degré de priorité ,

- à diversifier la composition des jurys par les principaux concours d'architecture , afin d'ouvrir ces jurys à une plus grande variété de représentants de l'administration et des métiers professionnels,

- et à élargir le recrutement et le profil des agents du service de l'équipement.

Votre rapporteur souscrit à ces différentes orientations , tout en déplorant que l'inertie propre aux investissements immobiliers empêche probablement de constater rapidement les effets de cette gestion rigoureuse.

CONCLUSION

Le projet de budget des affaires étrangères pour 1999 ne saurait être considéré comme un budget idéal. Il traduit notamment de manière regrettable le fait que les affaires étrangères ne constituent pas une véritable priorité pour le gouvernement actuel.

Certes, ce projet de budget traduit quelques évolutions favorables, dans les domaines de l'assistance aux Français de l'étranger, des contributions volontaires aux organisations internationales et de la coopération militaire (si toutefois, sur ce dernier point, on borne son appréciation aux moyens consacrés à l'ex "hors champ").

La dotation du ministère des affaires étrangères prévue pour 1999 est néanmoins de nature à susciter de vives réserves, liées à la baisse inquiétante des moyens consacrés à la coopération au développement, alors même que les pays ayant vocation à bénéficier de ces crédits subissent une crise particulièrement sévère. Il paraît également difficile de souscrire à la poursuite, en 1999, de la déflation des effectifs du Ministère des affaires étrangères, qui atteindra au cours du prochain exercice un seuil critique.

Votre rapporteur propose néanmoins de donner acte au gouvernement des évolutions positives ci-dessus évoquées en concluant favorablement à l'adoption du projet de budget des affaires étrangères pour 1999, tout en assortissant cette approbation des vives réserves que ne peuvent manquer d'inspirer la réduction des crédits destinés à la coopération au développement et la poursuite problématique de la déflation des effectifs du Quai d'Orsay.

EXAMEN EN COMMISSION

La commission s'est réunie le mercredi 18 novembre 1998 afin de procéder à l'examen du présent rapport pour avis sur les crédits du ministère des affaires étrangères, inscrits dans le projet de loi de finances pour 1999.

A la suite de l'exposé de M. André Dulait, M. Guy Penne est revenu sur la gestion des crédits destinés à l'entretien immobilier du ministère des affaires étrangères. Il a jugé qu'un entretien trop souvent insuffisant finissait par poser dans certains établissements scolaires de véritables problèmes de sécurité, au regard desquels les dimensions financières de certaines grandes opérations de prestige paraissaient regrettables. M. Guy Penne a rappelé que les commissions des affaires étrangères et des finances du Sénat intervenaient depuis plusieurs années pour déplorer la part des opérations à portée symbolique au sein du titre V du ministère des affaires étrangères, mais que l'inertie propre à ce type de dépenses avait le plus souvent privé d'effet les réflexions du Sénat dans ce domaine. M. Guy Penne a par ailleurs souhaité obtenir des responsables du ministère des affaires étrangères des informations précises sur les conséquences de la fusion affaires étrangères-coopération sur les statuts et les carrières des personnels, ainsi que sur la mise en oeuvre des volontariats civils à l'étranger supposés se substituer, dès 2002, aux actuels coopérants du service national.

M. Xavier de Villepin, président, a évoqué la volonté du ministre des affaires étrangères de promouvoir une véritable "culture de gestion" dans son ministère, ce qui n'est pas sans conséquences sur la formation des personnels, encore peu adaptée à cet impératif.

M. Guy Penne a, à cet égard, jugé positive la proposition du rapporteur pour avis tendant à rendre obligatoire au moins une affectation consulaire dans la carrière diplomatique. Il a, en effet, souligné le caractère formateur de ces postes "de terrain", qui requièrent des compétences juridiques sérieuses.

M. Gérard Roujas a estimé que certains postes diplomatiques et consulaires semblaient bénéficier d'un "train de vie" apparemment très supérieur au niveau atteint par la plupart des administrations centrales, où les crédits de fonctionnement et les crédits d'entretien immobilier sont désormais calculés au plus juste.

M. Michel Caldaguès a alors souhaité rappeler que les dépenses "de prestige" participent également au rayonnement de la France à l'étranger et constituent un élément de l'action diplomatique. Il a, à titre d'exemple, souligné la charge symbolique très forte qu'a revêtue la réhabilitation de la Résidence des Pins à Beyrouth.

M. André Dulait, rapporteur pour avis, a fait observer que le poids financier des opérations immobilières conduites notamment pour des raisons symboliques pouvait conduire à négliger des opérations plus modestes certes, mais souvent urgentes. Il a souligné que l'ensemble des crédits du titre V inscrits chaque année au budget du ministère des affaires étrangères ne lui paraissait pas trop élevé, mais que pouvait paraître parfois contestable la répartition de ces crédits entre les différentes opérations immobilières financées par le Quai d'Orsay.

M. André Boyer a relevé qu'une autre résidence diplomatique avait été installée à Beyrouth, et que, de ce fait, la restauration de la Résidence des Pins, en tant que résidence de l'ambassadeur, pouvait paraître redondante, tout en étant parfaitement justifiée en elle-même.

M. Aymeri de Montesquiou s'est alors interrogé sur les priorités géographiques éventuellement fixées parallèlement à la fusion des dotations des affaires étrangères et de la coopération. Il a estimé que le caractère relativement modique des crédits d'intervention du ministère des affaires étrangères pourrait conduire à déterminer des partenaires privilégiés. A cet égard, M. Xavier de Villepin, président, a fait observer que l'Asie devait demeurer une priorité du ministère des affaires étrangères, de même que l'Amérique latine, où les enjeux économiques de notre présence méritaient d'être soulignés.

Par ailleurs, M. Xavier de Villepin, président, s'est interrogé sur la pertinence du maintien d'un réseau consulaire exceptionnellement dense. Il a jugé qu'une réflexion approfondie devait être conduite sur ce point, compte tenu de la moindre importance des communautés françaises expatriées par rapport, entre autres exemples, aux communautés allemande ou américaine, alors même que les réseaux consulaires d'Allemagne et des Etats-Unis sont moins diversifiés que le réseau français. M. André Dulait a, à cet égard, rappelé que l'une des justifications de la densité de ce réseau consulaire résidait dans l'étendue toute particulière des missions remplies par les postes français. M. Guy Penne a également fait observer que la baisse des effectifs, à l'origine d'une charge de travail accrue pour les postes maintenus, conduisait à s'interroger sur l'avenir du réseau consulaire. Il a néanmoins estimé que les consulats les mieux équipés pouvaient se révéler plus utiles que certaines ambassades trop modestement pourvues.

M. Xavier de Villepin, président, s'est alors interrogé sur l'avenir de la coopération militaire avec les pays d'Afrique subsaharienne, compte tenu des conflits très préoccupants dont ce continent est le théâtre. Revenant sur les crédits d'équipement du ministère des affaires étrangères, il a insisté sur la "dimension essentielle" que revêtent les investissements contribuant à la sécurité de nos postes diplomatiques et consulaires.

La commission a ensuite entendu les rapports pour avis de Mme Paulette Brisepierre et de M. Guy Penne.

Puis la commission a, suivant l'avis de ses rapporteurs pour avis, proposé d'assortir l'approbation du projet de budget du ministère des affaires étrangères pour 1999 de vives réserves liées en particulier à la baisse des moyens consacrés à la coopération au développement et à la poursuite de la déflation des effectifs du ministère des affaires étrangères. Sous le bénéfice de ces observations, elle a émis un avis favorable à l'adoption des crédits du ministère des affaires étrangères pour 1999.



1 voir le rapport pour avis de Mme Paulette Brisepierre (n° 69, tome III, 1998-1999).

2 voir le rapport pour avis de M. Guy Penne (n° 69, tome II, 1998-1999).

3 Conférence des ambassadeurs d'août 1998, discours de M. Charles Josselin.

4 La formule des agences consulaires repose sur le principe du bénévolat. Les agents consulaires sont des particuliers, nommés sur proposition du chef de circonscription consulaire. Ils peuvent exercer une activité rémunérée parallèlement à leurs fonctions de consul général, consul, vice-consul honoraire ou d'agent consulaire. Les 529 agences sont ainsi réparties : 235 en Europe, dont 197 dans l'Union européenne (on en compte notamment 31 au Royaume-Uni, 11 en Belgique, 38 en Espagne, 19 en Grèce, 31 en Italie), 174 sur le continent américain (dont 47 aux Etats-Unis, 20 au Mexique), 63 en Afrique (dont 3 au Maroc et 2 en Tunisie); 44 en Asie (dont 6 en Indonésie) et 13 en Océanie. Les titulaires des agences consulaires ne sont pas habilités à délivrer des visas de court séjour pour l'espace Schengen et la France métropolitaine, ni à délivrer les visas de long séjour.

Les subventions versées par le ministère des Affaires étrangères aux agences consulaires représentaient un budget de 6,8 millions de francs en 1998.Ces subventions sont affectées aux agences consulaires ne percevant pas de droits de chancellerie, ou disposant de ressources insuffisantes pour assurer la charge financière liée au fonctionnement de l'agence. Sur 529 agences, 155 n'ont reçu aucune subvention en 1997. Il s'agit donc d'une formule particulièrement peu coûteuse, susceptible de compléter le maillage consulaire dans les régions éloignées des grandes villes où sont établis les consulats, et de prolonger l'action des consuls dans les pays très étendus ou à forte fréquentation touristique.

5 Voir le tableau ci-après.

6 Ces chiffres ne tiennent pas compte des décisions de fermeture provisoire dues à des raisons de sécurité . Les chiffres précédemment cités (voir ci-dessus, 1a) intègrent les fermetures pour raison de sécurité (Kaboul, Kigali,...).

7 Discours de M. Hubert Védrine à la sixième conférence des ambassadeurs, août 1998.

8 Idem note 1.

9 Effectifs de 1997.

10 Mission des Nations-Unies pour le referendum au Sahara occidental.

11 Mission d'observation des Nations-Unies en Angola.

12 Les personnels concernés perçoivent une indemnité journalière des Nations-Unies.



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