B. UN IMPORTANT EFFORT DE RECHERCHE EST ENGAGÉ POUR TROUVER DES SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES COMPLÉMENTAIRES

Les importants efforts de recherche technologique menés par le passé ont permis d'améliorer de manière très significative les performances environnementales et l'efficacité énergétique de l'aviation. Ainsi, au cours des cinq dernières décennies, la consommation unitaire de carburant des aéronefs, ainsi que les émissions de gaz carbonique associées, ont déjà pu être réduites d'environ 70 % . Néanmoins, pour diminuer encore l'impact environnemental de l'aviation, et accompagner son développement dans les prochaines années, les acteurs du transport aérien se sont engagés en faveur d'objectifs ambitieux de réduction des émissions et des nuisances sonores.

En France, le Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC) , présidé par le Ministre des transports, réunit l'ensemble des acteurs du transport aérien afin de coordonner l'effort de recherche technologique nécessaire à cette ambition. Le CORAC a notamment élaboré une feuille de route technologique , qui identifie, dans une vision partagée, les projets qui permettront aux industriels français de proposer demain les aéronefs, moteurs et systèmes soutenant un transport aérien toujours moins polluant et toujours plus compétitif.

Ces opérations, qui réunissent l'ensemble de la filière (jusqu'à 50 partenaires par projet) se dérouleront jusqu'à la fin de la décennie. Elles devraient permettre aux acteurs français de proposer, au milieu de la prochaine décennie, des technologies qui visent conjointement à diviser par deux le bruit des aéronefs ainsi que leur consommation de carburant (et donc les émissions de CO 2 associées) et à réduire de 75 % les émissions d'oxyde d'azote , par rapport à un aéronef à la pointe de la technologie en 2000.

LES LEVIERS TECHNOLOGIQUES IDENTIFIÉS PAR LE CORAC

Dans le domaine des aérostructures :

- la réduction de la masse par un allègement des structures du fuselage grâce à un recours accru aux matériaux innovants, tels que les composites ou les métalliques de nouvelle génération ;

- la réduction de la traînée aérodynamique des aéronefs par de nouvelles approches dans les méthodes de simulation numérique et l'étude de configurations et architectures avion innovantes permettent de tirer le meilleur parti des nouvelles technologies, qu'elles soient liées à l'utilisation massive des composites ou à de nouvelles solutions propulsives.

Dans le domaine de la propulsion :

- l' amélioration de la performance des moteurs (réduction de masse, amélioration de l'efficacité thermodynamique et aérodynamique) permet des progrès continus dans la réduction de consommation (donc d'émissions de CO 2 et de coûts), mais aussi dans la maîtrise du bruit et des émissions parasites (oxydes d'azote) ;

- l'introduction de ruptures technologiques sur l'architecture globale du moteur , comme le passage aux formules propulsives du type « open rotor » devrait amener d'importantes réductions d'émissions gazeuses ;

- les carburants durables alternatifs au kérosène apparaissent comme un moyen très prometteur pour découpler la croissance du transport aérien de celle des émissions de CO 2 associées, tout en réduisant sa dépendance au pétrole. De nombreux travaux de recherche ont été menés et des progrès considérables ont été accomplis ces dernières années.

Dans le domaine de la gestion de l'énergie embarquée :

- le concept de « l'avion plus électrique » ouvre la voie vers une gestion plus efficace et dynamique de l'énergie, en améliorant le rendement, en facilitant la maintenance et en minimisant le besoin global de génération de puissance à bord des aéronefs, de manière à moins solliciter les systèmes de propulsion et réduire l'impact environnemental des opérations d'assistance en escale ;

- l'introduction, sur certains aéronefs, de moteurs électriques dans les roues permettra un roulage plus silencieux et moins polluant avant le décollage ou après l'atterrissage (système de « green taxiing »)

Dans le domaine des opérations aériennes (pilotage, gestion de mission) :

- la « gestion de mission intelligente », passant par une coopération étroite « bord-sol » (entre aéronefs et centres de gestion de trafic), permettra la mise en oeuvre collaborative et sûre de trajectoires optimisées au plan de la consommation, du bruit et de la performance du système de transport. Cette gestion sera rendue possible par des architectures de traitement communicantes sécurisées, accueillant des algorithmes d'optimisation, mais aussi par des cockpits de nouvelle génération présentant des interfaces homme-machine innovantes correspondant aux nouveaux modes opératoires.

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