C. LE RAPPORT DU GIEC

1. Le rapport du premier groupe de travail du GIEC

Météo-France est l'un des contributeurs internationaux à l'analyse du changement climatique, en particulier dans le cadre du dernier rapport du groupe international des experts sur le climat, le GIEC.

La version sans révision du rapport du premier groupe de travail du GIEC, intitulé « Changement climatique 2013 : les éléments de la science physique » a été publié sur Internet le 30 septembre 2013. La publication de la version définitive est attendue pour janvier 2014. Ce rapport de 2 000 pages a été élaboré grâce aux contributions de plus de 600 auteurs provenant de 32 pays. 9 200 publications scientifiques sont citées. Pour l'ensemble de la phase de relecture, 1089 experts provenant de 55 pays ont apporté 54 677 commentaires.

Le résumé pour les décideurs de ce rapport a été publié le 27 septembre 2013, une version corrigée ayant été rendue publique le 11 novembre 2013. Il a été adopté ligne par ligne par les 195 États lors de la session du groupe de travail ayant eu lieu du 23 au 26 septembre 2013.

Ce résumé pour les décideurs fait le point sur les évolutions passées du système climatique et établit des scénarios donnant une indication sur l'évolution future du climat.

2. Les évolutions climatiques passées

Le rapport indique clairement que « le réchauffement du système climatique est sans équivoque et, depuis les années 1950, beaucoup de changements observés sont sans précédent depuis des décennies voire des millénaires ».

Le rapport évalue l'augmentation de la température de surface globale entre la moyenne de la période 1850-1900 et de la période 2003-2012 à 0,78°C.

L'augmentation d'énergie accumulée dans le système climatique entre 1971 et 2010 a été stockée pour 90 % dans l'océan. Les 75 premiers mètres ont ainsi connu un réchauffement de 0,11°C par décennie sur la période 1971-2010.

Concernant les calottes glaciaires du Groenland, la perte moyenne en glace de ces calottes est passée très probablement de 34 gigatonnes par an sur la période 1992-2001 à 215 gigatonnes par an sur la période 2002-2011, soit une multiplication par plus de 6.

Le taux moyen d'augmentation du niveau global de la mer est passé de 2 mm par an entre 1971 et 2010 à 3,2 mm par an entre 1993 et 2010, soit une hausse de 60 %.

Les concentrations de dioxyde de carbone (CO 2 ), de méthane (CH 4 ) et de protoxyde d'azote (N 2 O) dépassent significativement les concentrations les plus élevées des 800 000 dernières années.

Il est extrêmement probable que la majeure partie de l'augmentation de la température de surface observée de 1951 à 2010 ait été causée par les activités humaines. Des influences anthropogéniques ont été mises en évidence concernant les changements dans le cycle de l'eau, dans la fonte des glaces, et dans la montée du niveau de la mer.

3. Les tendances futures

Ce rapport du GIEC a élaboré de nouveaux scénarios d'émissions de gaz à effet de serre, appelés representative concentration pathways (RCP) :

• RCP 2.6 est un scénario d'atténuation ;

• RCP 4.5 et RCP 6.0 sont des scénarios de stabilisation ;

• RCP 8.5 est un scénario avec de très importantes émissions de gaz à effet de serre.

L'augmentation moyenne de la température de surface globale en 2081-2100 par rapport à 1986-2005 devrait être comprise entre 0,3°C et 4,8°C. Ce réchauffement ne sera pas uniforme : l'augmentation de température sera plus importante en Arctique et elle sera plus importante sur les terres que sur les mers. Pour l'océan, le réchauffement des 100 premiers mètres serait compris entre 0,6 et 2,0°C d'ici la fin du XXI ème siècle.

Concernant les précipitations, les impacts varieront suivant les régions.

Dans le scénario RCP 8.5, l'Arctique devrait être quasiment sans glace de mer en septembre avant le milieu du siècle. D'ici la fin du XXI ème siècle, le volume global des glaciers, excepté ceux en périphérie des calottes glaciaires de l'Antarctique, devrait diminuer de 15 à 55 % pour le RCP 2.6 à 35 à 85 % pour le RCP 8.5.

L'augmentation globale moyenne du niveau de la mer pour 2081-2100 par rapport à 1986-2005 devrait être comprise entre 0,26 et 0,82 mètre. Cette augmentation ne sera pas uniforme.

Pour limiter le réchauffement à 2°C en 2100 par rapport à 1861-1880 avec une probabilité supérieure à 66 %, il faudrait que les émissions anthropiques de CO 2 soient comprises entre 0 et environ 1000 gigatonnes-carbone sur cette période ou 790 gigatonnes-carbone si l'on intègre les forçages non liés au CO 2 . En 2011, 515 gigatonnes-carbone avaient déjà été émises.

Les thèmes associés à ce dossier

Page mise à jour le

Partager cette page