SEANCE DU 22 JANVIER 2002


M. le président. Je suis saisi de deux amendements qui peuvent faire l'objet d'une discussion commune.
L'amendement n° 521, présenté par M. Balarello, est ainsi libellé :
« Après l'article 43 J, insérer un article additionnel ainsi rédigé :
« Les concessions de plages naturelles ou artificielles doivent être proposées par priorité aux communes ou groupements de communes sur le territoire desquelles elles se trouvent.
« A défaut d'avis favorable de leur part, les concessions seront soumises à publicité et mises en concurrence avant attribution. »
L'amendement n° 621, présenté par M. Le Pensec et les membres du groupe socialiste et apparentés et rattachées, est ainsi libellé :
« Après l'article 47 ter insérer un article additionnel ainsi rédigé :
« L'article L. 321-9 du code de l'environnement est complété par deux alinéas ainsi rédigés :
« Les concessions de plage sont accordées par priorité aux communes ou groupements de communes ou, après leur avis si elles renoncent à leur priorité, à des personnes publiques ou privées après publicité et mise en concurrence préalable. Les éventuels sous-traités d'exploitation sont également accordés après publicité et mise en concurrence préalable.
« Les modalités d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat. »
L'amendement n° 521 n'est pas soutenu.
La parole est à M. Le Pensec, pour défendre l'amendement n° 621.
M. Louis Le Pensec. Il est de pratique traditionnelle de la part de l'Etat de donner priorité aux communes en matière de concession de plage. Néanmoins, la loi « littoral » de 1986, qui codifie un certain nombre de principes en matière de concessions de plages, n'a pas apporté de base législative à cette pratique.
Par ailleurs, la loi du 28 novembre 1963 relative au domaine public maritime, qui créait un droit de préférence au profit des collectivités locales uniquement pour les endigages, les concessions de plages artificielles et les parcelles déclassées de lais et relais, ne mentionne pas les concessions de plages naturelles.
Enfin, la loi « littoral » a donné une priorité aux communes pour les mouillages collectifs.
Cependant, depuis la promulgation de ces textes, la loi Sapin a soumis à publicité et mise en concurrence les « délégations de service public ». L'analyse des traités de concession a amené l'administration à considérer que les concessions de plage relevaient de cette catégorie, ce qu'a confirmé le Conseil d'Etat formellement pour les sous-traités.
Cet amendement vise donc à donner une assise législative à une pratique courante.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Daniel Hoeffel, rapporteur. Sur ce point, monsieur le président, la commission des lois s'en remet à l'avis de la commission des affaires économiques.
M. le président. La parole est donc à M. Lassourd, rapporteur pour avis.
M. Patrick Lassourd, rapporteur pour avis de la commission des affaires économiques et du Plan. La commission des affaires économiques émet un avis favorable sur cet amendement. Les plages naturelles et certains autres territoires avaient en effet été oubliés, et l'amendement n° 621 vise simplement à inscrire dans la loi ce qui se pratique couramment, de telle sorte qu'il n'y ait pas de distorsion.
M. le président. Quel est l'avis du Gouvernement ?
M. Daniel Vaillant, ministre de l'intérieur. J'émets, au nom du Gouvernement, un avis favorable sur cet amendement, qui répond à une véritable demande des communes du littoral. Je suis ainsi heureux de m'associer à cette proposition de M. Le Pensec.
M. Michel Charasse. Ah !
M. le président. Je mets aux voix l'amendement n° 621, accepté par la commission et par le Gouvernement.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. En conséquence, un article additionnel ainsi rédigé est inséré dans le projet de loi, après l'article 47 ter.

Articles additionnels avant l'article 43