ANNEXE 3 -













AUDITIONS
ANNEXE N° 4 -














DÉPLACEMENTS

Compte rendu du déplacement en région Provence-Alpes-Côtes d'Azur
(14 mars 1997)

Une délégation du groupe de travail s'est rendue le 14 mars 1997 en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Au cours de cette journée d'auditions, elle a pu s'entretenir avec :

- M. Maurice Rigaud, secrétaire général de l'APCA, président de la chambre régionale d'agriculture ;

- M. José de Demandolxdedons, président de la Chambre départementale d'agriculture des Bouches-du-Rhône ;

- M. Albert Raspail, président du comité économique agricole des fruits et légumes de la région PACA ;

- M. Michel Soffin, chambre d'agriculture des Bouches-du-Rhône ;

- M. Pierre Lusinchi, Directeur de la chambre régionale de la région PACA ;

Quatre principales observations peuvent être tirées des entretiens effectués :

1. L'affirmation de la spécificité du bassin traditionnel de production de la région PACA ;

2. Les principales difficultés rencontrées ;

3. L'examen critique de la nouvelle OCM ;

4. Les propositions formulées.

I. L'AFFIRMATION DE LA SPÉCIFICITÉ DU BASSIN TRADITIONNEL DE PRODUCTION

Le bassin méditerranéen est considéré comme un bassin traditionnel de production, non reconvertible, et devrait, à ce titre, pouvoir bénéficier d'aides spécifiques ou prioritaires.

La spécificité des secteurs fruitier et légumier en région PACA a été soulignée : les structures d'exploitation, le parcellaire, les investissements collectifs et individuels réalisés excluent toute réorientation vers d'autres productions ou le développement des systèmes plus extensifs.

En outre, la spécificité des structures et des relations au sein de la filière fruits-légumes en région PACA, jugées bien adaptées aux entreprises et aux hommes de la région, a été soulignée ainsi que la nécessité de ne pas " calquer " sur cette région les modèles d'autres régions, notamment bretonne.

II. LES PRINCIPALES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

- alors qu'elle est la première région productrice française, aucune extension des règles de mise en marché n'a pu être réalisée en région PACA ;

- par ailleurs, le constat de l'atomisation de l'offre et de la commercialisation, jusqu'à l'exportation, ainsi que du poids de la grande distribution, qui fait les prix et parfois ne trouve pas les quantités souhaitées sur le marché local, a été fait par tous les intervenants ;

- de plus, l'aval de la filière est en outre caractérisé par l'importance des marchés de proximité -le marché de gros seul représente seulement les 3/4 de la commercialisation des fruits et les 2/3 de celle des légumes- à côté d'un marché d'expédition.

Les marchés physiques (Chateaurenard et Cavaillon) de leur côté ne représentent plus que de 25 à 30 % de la production régionale globale.

Ces marchés ne jouent plus un rôle décisif dans la mise en marché des produits, même s'ils restent toujours des places de cotation. Ils n'ont cependant pas pu s'imposer comme des plates-formes d'organisation.

- en outre, les expéditeurs continuent à jouer un rôle essentiel. Leurs entreprises, qui ont subi un très net mouvement de concentration, restent cependant confrontées à la double difficulté de pouvoir, en amont, s'approvisionner en quantités suffisantes pour la grande distribution et, en aval, d'acquérir une taille leur permettant de disposer de la logistique nécessaire ;

- la difficulté du dialogue avec les grandes et moyennes surfaces a été rappelé ;

- enfin, les intervenants ont insisté sur la multiplication des accords internationaux dans lesquels le secteur des fruits et légumes est souvent considéré comme une monnaie d'échange.

Souvent la commercialisation d'un produit débute au moment même où des importations arrivent sur le marché, provoquant ainsi un effondrement des prix.

III. UN EXAMEN CRITIQUE DE LA NOUVELLE OCM

L'OCM des fruits et légumes étant apparue impuissante à gérer les marchés en cas de crise profonde et permanente, les intervenants ont reconnu l'utilité de la mise en place d'un nouveau dispositif.

La spécificité de l'OCM fruits et légumes a été soulignée : en effet, la communauté européenne n'a pas souhaité mettre en place dans ce secteur de maîtrise de la production et n'a donc pas instauré de compensation de revenu.

Les intervenants ont tenu à indiquer le paradoxe communautaire consistant à responsabiliser les producteurs dans la gestion du marché des fruits et légumes sans leur donner de véritables outils de gestion, et ce dans un contexte de flux d'importations non maîtrisable.

En outre, l'absence d'obligation de regroupement des producteurs a été regretté.

Les intervenants ont omis la crainte de voir se multiplier les organisations de producteurs, notamment celles qui ne maîtrisent pas la commercialisation.

Les intervenants ont, en outre, considéré que les textes d'application de cette OCM au niveau français risquaient d'être trop " laxistes " dans la reconnaissance des organisations de producteurs.

IV. LES PROPOSITIONS FORMULÉES

Plusieurs propositions ont été émises :


- si la reconnaissance de deux catégories d'organisations de producteurs est souhaitable dans un premier temps, il est impératif d'exiger des organisations de producteurs qui ne procèdent pas à une commercialisation, une transformation vers un modèle d'organisations de producteurs de commercialisation dans un délai raisonnable, avec un contrôle régulier des objectifs ;

- la distinction dans l'attribution des fonds opérationnels entre les organisations de producteurs de commercialisation et les autres. Ainsi, les primes seront différenciées en fonction du niveau d'organisation ;

- une réforme de la PAC s'avère nécessaire dans l'attribution des primes, certains secteurs étant fortement privilégiés ;

- la création d'un coefficient multiplicateur préconisé par le rapport Ferrand doit permettre de garantir aux producteurs un minimum de revenu ;

- enfin, la préférence communautaire doit être strictement appliquée. Cette préférence passe par une protection accrue aux frontières. Les contingents accordés pour des raisons diverses aux pays tiers devraient être strictement respectés, en volume et en calendrier, sur la base d'un prix minimum permettant à la fois de garantir les revenus des producteurs de ces pays et de ne pas déstabiliser les marchés communautaires. Il a été également proposé d'appliquer une taxe compensatoire sur les importations afin de ramener le prix d'entrée à un niveau proche de celui des coûts de production communautaire. Ce prélèvement serait, pour partie, versé aux pays exportateurs afin de permettre la reconversion de leur agriculture vers leurs productions vivrières et, pour partie, versé à un fonds de développement de l'organisation de la production en Europe.

En-dehors des périodes d'importation, il a été demandé la fermeture des marchés communautaires, et la suppression des stocks existants lorsque la Communauté entre en production.

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