SEANCE DU 19 DECEMBRE 2000


M. le président. La parole est à M. Courtois, auteur de la question n° 926, adressée à M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
M. Jean-Patrick Courtois. Monsieur le secrétaire d'Etat, je voudrais appeler votre attention sur le régime fiscal qui est applicable aux salaires perçus par les jeunes lycéens ou étudiants désireux de se familiariser avec le monde du travail.
En effet, de nombreux jeunes, soucieux d'acquérir une première expérience professionnelle et d'obtenir une certaine indépendance financière, décident de travailler en occupant, selon leurs propres termes, des « petits boulots », c'est-à-dire des emplois de manutentionnaire, de caissier, de vendeur sur les marchés, de vendangeur, etc., moyennant un salaire peu élevé. Ce revenu, comme tout revenu, est soumis à l'impôt et, après déduction fiscale, la somme perçue par ces jeunes est dérisoire, d'autant plus qu'elle peut leur enlever quelques avantages, comme les bourses scolaires.
Ces étudiants estiment donc que le travail fourni est mal récompensé et ils sont moins motivés pour renouveler cette expérience pourtant enrichissante. Or leur concours est très précieux pour les entreprises et pour les agriculteurs, qui peinent chaque année pour trouver des saisonniers. Ainsi, les régions rurales comme le département que je représente ici, la Saône-et-Loire, connaissent une pénurie de main-d'oeuvre notamment au moment des moissons et des vendanges.
Aussi, ne serait-il pas envisageable d'exonérer d'impôts les revenus perçus par les jeunes dont le montant ne dépasserait pas un certain seuil ?
Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me faire connaître votre position sur ce délicat problème et m'indiquer les mesures que le Gouvernement envisage de prendre pour encourager et récompenser le travail de ces jeunes travailleurs étudiants.
M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie. Monsieur le sénateur, ma réponse devrait vous apporter satisfaction.
Les sommes perçues par les étudiants en rémunération des emplois qu'ils occupent, notamment pendant la période des congés scolaires ou universitaires, sont passibles de l'impôt sur le revenu. Il est toutefois admis que les indemnités perçues par les étudiants et les élèves des écoles qui effectuent des stages en entreprise sont exonérées de l'impôt sur le revenu établi au nom des bénéficiaires ou, le cas échéant, au nom de leur foyer fiscal de rattachement, lorsque ces stages font partie intégrante du programme de l'école ou des études, présentent un caractère obligatoire et que leur durée n'excède pas trois mois.
Lorsque cette exonération ne peut s'appliquer, les rémunérations perçues par les étudiants qui occupent une activité salariée même occasionnelle relèvent des règles d'imposition des traitements et salaires, c'est-à-dire qu'elles ne sont retenues dans les bases de l'impôt sur le revenu qu'après application de la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, dont le montant minimum s'établit à 2 310 francs pour l'imposition des revenus de l'année 2000, et de l'abattement général de 20 %.
Ces dispositions permettent, le plus souvent, de rendre non imposables les étudiants imposés en leur nom propre. Si le jeune qui poursuit ses études est âgé de moins de vingt-cinq ans, il peut demander le rattachement au foyer fiscal de ses parents, qui bénéficieront d'une majoration de leur quotient familial et d'une réduction d'impôt de 1 000 francs s'il est au lycée ou de 1 200 francs s'il poursuit des études supérieures. Ses revenus devront alors être mentionnés sur la déclaration du foyer fiscal auquel il est rattaché.
Dans l'hypothèse où l'intéressé fait l'objet d'une imposition distincte, les revenus perçus au titre de l'année 2000 seront en tout état de cause exonérés de tout impôt dès lors que leur montant n'excède pas 68 823 francs dans le cas d'une personne célibataire, compte tenu de la baisse du taux du barème prévue par le projet de loi de finances pour 2001.
Enfin, afin d'encourager l'emploi, le Gouvernement s'est engagé dans la voie d'une réduction de la CGS et de la CRDS sur les bas revenus d'activité, ce qui permettra d'augmenter davantage le revenu disponible des personnes concernées.
Ces dispositions répondent aux préoccupations que vous avez exprimées. Vous avez donc satisfaction, monsieur le sénateur.
M. Jean-Patrick Courtois. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. Courtois.
M. Jean-Patrick Courtois. Monsieur le secrétaire d'Etat, je vous remercie de ces indications, qui permettent de répondre à une partie des préoccupations des étudiants rattachés fiscalement au foyer de leurs parents. Mais le problème de l'attribution des bourses, notamment nationales, subsiste, et ce point mérite d'être étudié.

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