Séance du 21 juin 2000






CONVENTIONS AVEC LE VIETNAM RELATIVES
À LA COOPÉRATION EN MATIÈRE D'ADOPTION
D'ENFANTS ET À L'ENTRAIDE JUDICIAIRE

Adoption de deux projets de loi

M. le président. L'ordre du jour appelle la discussion :
- du projet de loi (n° 392 rectifié, 1999-2000), adopté par l'Assemblée nationale, autorisant la ratification de la convention relative à la coopération en matière d'adoption d'enfants entre la République française et la République socialiste du Vietnam. [Rapport n° 410 (1999-2000).] ;
- du projet de loi (n° 218, 1999-2000) autorisant la ratification de la convention relative à l'entraide judiciaire en matière civile entre la République française et la République socialiste du Vietnam. [Rapport n° 282 (1999-2000)] ;
La conférence des présidents a décidé que ces deux projets de loi feraient l'objet d'une discussion générale commune.
Dans la discussion générale commune, la parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Louis Besson, secrétaire d'Etat au logement. Monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames, messieurs les sénateurs, afin de consolider les relations juridiques bilatérales nouées par la création, en 1993, de la Maison du droit franco-vietnamienne à Hanoï et favorisées par l'adoption au Vietnam, en 1995, d'un code civil et d'une législation commerciale, la France a proposé au Vietnam, en 1997, l'ouverture de négociations en vue de la conclusion d'une convention d'entraide judiciaire civile, qui ont abouti à la signature d'un texte le 24 février 1999.
Cette convention, la première signée en la matière par le Vietnam avec un pays occidental, a créé un climat favorable à la signature, le 1er février 2000, d'une convention bilatérale sur les adoptions.
De facture classique, la convention bilatérale franco-vietnamienne relative à l'entraide judiciaire en matière civile couvre cinq domaines : l'entraide à l'accès à la justice, la commission rogatoire, l'authentification des actes, l'information sur le droit étranger et, enfin, le régime de reconnaissance et d'exécution des décisions étrangères.
Elle précise les conditions du refus de l'entraide, notamment en cas d'atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l'ordre public de l'Etat requis, et désigne les ministères de la justice de chaque Etat en qualité d'autorité centrale.
Les procédures de modification par consultation, d'entrée en vigueur et de dénonciation y sont spécifiées, comme sont prévues des rencontres entre les parties, destinées à examiner le fonctionnement pratique de la convention. Les difficultés d'application sont réglées par voie diplomatique.
Instaurant des modes plus directs de coopération judiciaire, tendant à promouvoir l'entraide en matière civile, cette convention comporte des dispositions de nature à rassurer nos compatriotes investisseurs, résidents ou de passage au Vietnam.
En effet, sont acquis aux ressortissants de chacun des deux Etats, personnes physiques ou morales, le libre accès à la justice, les mêmes droits et obligations pour la défense de leurs intérêts dans l'autre Etat, y compris le bénéfice de l'aide juridictionnelle, dans les mêmes conditions que les ressortissants de ce dernier.
Les commissions rogatoires qui concernent les ressortissants de l'une des parties peuvent être exécutées par les agents diplomatiques ou consulaires de cette partie, et le champ d'application des dispositions est étendu aux décisions des juridictions pénales statuant sur l'action civile en réparation de dommages.
Enfin, les actes visés dans la convention sont dispensés de légalisation.
Pour conclure, il convient de souligner que ce nouveau dispositif conventionnel constitue une contribution non négligeable à l'action menée par la France pour préserver et amplifier l'influence du droit écrit romano-germanique dans la sphère asiatique.
J'en viens au projet de loi autorisant la ratification de la convention relative à la coopération en matière d'adoption d'enfants.
La Haute Assemblée a été saisie, voilà maintenant deux ans, de la ratification de la convention de La Haye du 29 mai 1993 relative à la protection des enfants et à la coopération en matière d'adoption internationale.
Vient aujourd'hui à l'ordre du jour de votre assemblée, sur le sujet sensible de l'adoption internationale, qui concerne un nombre toujours plus grand de familles dans notre pays, l'approbation de la convention bilatérale franco-vietnamienne relative à la coopération en matière d'adoption d'enfants.
Ce texte est formellement lié au précédent puisqu'il vise expressément, dans l'un de ses considérants, la convention relative à l'entraide judiciaire en matière civile.
Cette convention était devenue nécessaire dans la mesure où le Vietnam constitue, depuis déjà quelques années, le premier pays d'origine des enfants étrangers adoptés en France, avec près de 1 400 adoptions par an, ce qui représente environ le tiers des adoptions internationales. La France accueille ainsi près de la moitié des enfants vietnamiens adoptés dans le monde.
Cependant, il était constaté que certaines procédures se déroulaient dans des conditions n'offrant pas les garanties suffisantes de transparence et ne respectaient pas les droits fondamentaux des principaux intéressés, tels que définis par la convention des Nations unies sur les droits de l'enfant du 20 novembre 1989.
Sur recommandation de l'autorité centrale pour l'adoption internationale et après consultation des autorités vietnamiennes, le Gouvernement avait donc été amené à suspendre provisoirement, à compter du 29 avril 1999, les procédures d'adoption entre les deux pays, jusqu'à la conclusion d'un accord de coopération.
Si la France a, comme je le rappelais, ratifié la convention de La Haye, le Vietnam n'a, pour l'instant, pas fait le choix d'adhérer à cet instrument international.
C'est pourquoi nos deux pays se sont orientés vers une convention bilatérale, qui présente un double avantage.
Le premier consiste à répondre dans des délais très brefs à une situation d'urgence. Ainsi la ratification de cette convention permettra-t-elle la reprise des adoptions avec le Vietnam sur des bases claires.
En second lieu, ce texte permettra de mieux préparer le Vietnam à une future adhésion à la convention de La Haye.
La convention bilatérale soumise à votre approbation instaure en effet des garanties procédurales très proches de celles qui sont définies dans la convention de La Haye.
Signée à Hanoï le 1er février 2000, à l'issue de deux sessions de négociations ayant eu lieu à Hanoï en juin 1999 et à Paris en octobre dernier, la présente convention s'organise autour de deux types de dispositions : celles qui définissent les règles de droit applicables et celles qui déterminent les structurescompétentes ainsi que les règles de procédure.
Concernant les règles de droit applicables, la convention retient, comme dans la convention de La Haye, la résidence habituelle comme principal critère de compétence.
Ainsi, les couples résidant habituellement sur le territoire de l'un des Etats contractants pourront adopter un enfant ressortissant de l'autre Etat contractant n'ayant pas atteint la limite d'âge fixée par sa législation nationale.
La convention précise par ailleurs, une fois l'adoptabilité de l'enfant établie par l'Etat d'origine et la décision d'adoption intervenue, que la loi de l'Etat d'accueil s'applique lors du prononcé de la décision d'adoption, celle-ci étant reconnue de plein droit sur le territoire de l'autre Etat contractant et emportant tous les effets de droit subséquents.
Ces dispositions permettront aux juridictions françaises, alors que le Vietnam ne connaît que l'adoption simple, de prononcer notamment des décisions d'adoption plénière, répondant ainsi aux souhaits exprimés par les candidats à l'adoption, qui privilégient nettement ce second type d'adoption.
En ce qui concerne les procédures et les autorités compétentes, la convention désigne, dans chaque Etat, une autorité centrale garante de la transparence et de la régularité des procédures, à savoir le ministère de la justice pour le Vietnam et la Mission de l'adoption internationale pour la France. Ce schéma, également très proche de celui qui est défini dans la convention de La Haye, tient compte des spécificités institutionnelles du Vietnam et devrait éviter l'activité d'intermédiaires qui portent atteinte à la crédibilité de la procédure.
Enfin, la convention prévoit un dispositif de coopération portant sur son application, mais aussi sur l'assistance technique aux autorités ou institutions intervenant en matière d'adoption. Ce volet paraît déterminant pour une mise en oeuvre effective de la convention, d'autant plus que les autorités centrales vietnamiennes auront à convaincre les comités provinciaux de la nécessité d'un strict respect des procédures ainsi établies.
Telles sont, monsieur le président, monsieur le rapporteur, mesdames, messieurs les sénateurs, les principales observations qu'appellent la convention relative à l'entraide judiciaire en matière civile entre la République française et la République socialiste du Vietnam, signée à Paris le 24 février 1999, et la convention relative à la coopération en matière d'adoption d'enfants, signée à Hanoï le 1er février 2000, qui font l'objet des projets de loi proposés aujourd'hui à votre approbation. (Applaudissements.)
M. le président. La parole est à M. le rapporteur.
M. Michel Caldaguès, rapporteur de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'Etat, mes chers collègues, l'examen de deux conventions bilatérales franco-vietnamiennes a été l'occasion, pour notre commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées de constater l'excellence des relations que la France entretient avec le Vietnam, excellence confirmée par la récente visite officielle de dirigeants vietnamiens en France.
La stabilisation du contexte régional, en particulier de la question cambodgienne, et les nouvelles orientations définies par Hanoï, à savoir une ouverture politique et économique certes prudente et progressive mais réelle, ont favorisé l'essor de ces relations qui font aujourd'hui de notre pays un partenaire majeur du Vietnam.
Par l'intermédiaire de nos crédits de coopération culturelle, des protocoles financiers et des financements de l'Agence française de développement, nous figurons au deuxième rang des donateurs après le Japon, notre coopération touchant à des domaines extrêmement divers comme les infrastructures, l'appui administratif et institutionnel, le développement rural, la santé, l'éducation ou la formation.
Notre commission est particulièrement sensible aux actions portant sur l'enseignement bilingue, les filières universitaires francophones ou les bourses à l'intention des étudiants vietnamiens désireux de suivre une formation en France, car elles doivent contribuer à entretenir une présence du français dans un environnement local déjà très imprégné de l'usage de l'anglais.
La première convention dont nous sommes saisis, relative à l'entraide judiciaire en matière civile, témoigne de la place importante acquise par la coopération française dans le domaine juridique, particulièrement au travers de la Maison du droit franco-vietnamienne, fondée en 1993, à laquelle coopèrent de nombreux praticiens français.
Cette structure a vocation à former des juristes francophones. Elle a contribué à la refonte du système juridique vietnamien et à l'élaboration d'un code civil et d'un droit commercial. On peut penser que la qualité de cette coopération n'est pas étrangère au fait que la France soit le premier pays occidental à conclure avec le Vietnam une convention d'entraide judiciaire en matière civile.
Très classique dans ses dispositions relatives à l'exécution des commissions rogatoires et à la reconnaissance des décisions judiciaires, cette convention est attendue par les sociétés françaises qui effectuent au Vietnam des investissements ou de simples opérations commerciales et qui ne disposent pour le moment, en cas de conflit à l'encontre d'une société vietnamienne, que du recours à l'arbitrage au Vietnam ou à l'étranger.
Tout en reconnaissant qu'elle pourrait donner lieu à certaines difficultés d'application compte tenu de certaines particularités du droit vietnamien, la commission des affaires étrangères vous demande d'approuver cette convention d'entraide judiciaire en matière civile, qui améliorera la sécurité juridique des opérations menées par les entreprises françaises au Vietnam.
La seconde convention, relative à l'adoption, revêt, pour sa part, une importance toute particulière - il s'agit d'un domaine très sensible - ainsi qu'un caractère urgent.
Je ne reviendrai pas sur la chronologie des événements qui ont entraîné la suspension des procédures d'adoption en direction du Vietnam et la négociation de cette convention.
J'ai largement exposé, dans mon rapport écrit, la situation singulière du Vietnam, de très loin le premier pays de provenance des enfants adoptés en France. Nous sommes d'ailleurs au deuxième rang dans le monde pour l'adoption internationale, après les Etats-Unis, et nous serions même très largement au premier rang si l'on rapportait le nombre des adoptions aux populations respectives. Voilà qui, à mon avis contredit fortement les imputations de xénophobie parfois faites aux Français par certains commentateurs de supposés sondages. Les statistiques sont tout de même très éloquentes lorsqu'il s'agit de passer à l'acte !
Tout en considérant qu'il était légitime d'avoir suspendu des procédures qui ne présentaient pas toutes les garanties - mon rapport écrit fait référence aux anomalies et dérives choquantes que l'autorité centrale pour l'adoption internationale a été amenée à constater avant de préconiser des mesures correctrices - la commission des affaires étrangères s'est félicitée de la rapidité - assez exceptionnelle, à vrai dire - avec laquelle les autorités françaises et vietnamiennes ont mené les négociations en vue de la conclusion d'une convention bilatérale.
Cette convention doit permettre de poursuivre les adoptions d'enfants vietnamiens dans un cadre plus précis et plus transparent. En effet, tant pour les enfants en attente d'adoption que pour les familles adoptantes, il était indispensable que puissent reprendre le plus tôt possible les procédures dans des conditions plus satisfaisantes. Je souligne au passage que cela représente 1 300 adoptions chaque année pour la France.
Au surplus, cette convention permettra d'établir, pour l'adoption au Vietnam, un cadre très proche de celui de la convention de La Haye, et de faire prévaloir un certain nombre de principes fondamentaux, tels que la garantie de l'adoptabilité de l'enfant, les exigences en matière de consentement et l'absence de contrepartie financière, les unes et les autres ayant été, dans le passé, trop souvent oubliées.
Nous sommes conscients qu'il reste beaucoup à faire pour mettre fin à des pratiques, hélas ! trop répandues, qui tirent parti des difficultés sociales propres aux pays d'origine et de l'attente des familles d'accueil, pratiques qui heurtent profondément notre conception du respect de la personne humaine.
Incontestablement, cette convention permettra d'accentuer la transparence et la régularité des procédures d'adoptions au Vietnam, qui occupent une place si importante dans l'adoption en France.
Enfin, la commission a relevé l'approche pragmatique retenue dans cette convention bilatérale, puisque les particularités de l'organisation administrative vietnamienne, dans laquelle les provinces possèdent des compétences importantes en matière d'adoption, ont été prises en compte. Ainsi peut être envisagée une première étape très significative rapprochant progressivement le Vietnam des procédures de la convention de La Haye, auxquelles il ne semblait pouvoir intégralement se conformer d'emblée.
Pour ces différentes raisons, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées vous demande, mes chers collègues, d'approuver également la convention franco-vietnamienne relative à l'adoption. (Applaudissements sur les travées du RPR, des Républicains et Indépendants et de l'Union centriste.)
M. le président. La parole est à M. Bordas.
M. James Bordas. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d'Etat, mes chers collègues, le Gouvernement a décidé, voilà près d'un an, après consultation des autorités vietnamiennes, de suspendre provisoirement la procédure d'adoption entre la France et le Vietnam. Une telle mesure était justifiée par l'existence de filières parallèles et illégales d'adoption, ces dernières menaçant les intérêts vitaux des enfants.
Si le Vietnam est, en effet, le premier pays d'origine des enfants étrangers adoptés en France - on compte près de 1 400 adoptions par an - il n'a pas encore adhéré à la convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale.
De fait, de nombreux abus ont été constatés, violant avec force les instruments internationaux en vigueur : enlèvements d'enfants, fraudes dans l'établissement de l'état civil, recours à des intermédiaires clandestins qui pratiquent des tarifs mirobolants pour hâter la procédure, offres d'achat de nouveau-nés aux familles déshéritées, commandes et « fabrication » de faux orphelins sont autant de pratiques délictueuses qui se sont développées ces dernières années.
Pour autant, la décision de suspendre provisoirement les adoptions à partir d'avril 1999 ne pouvait perdurer. Elle présentait l'inconvénient majeur de jeter la suspicion sur l'attribution honnête des enfants adoptés, interdisant de poursuivre d'autes adoptions dans ce pays. Le préjudice qui en résultait, tant pour l'enfant que pour les familles naturelles et les familles d'accueil, était considérable. Y mettre fin dans les meilleurs délais devenait une priorité vitale, au sens fort du terme.
J'avais eu l'occasion, le 29 juin 1999, d'interroger ici même Mme Guigou, garde des sceaux, ministre de la justice, et je n'ai cessé, depuis lors, avec certains de mes collègues, d'exiger du Gouvernement qu'il prenne les mesures qui s'imposent pour les personnes désireuses d'adopter un enfant vietnamien dans le respect des législations en vigueur.
Garantir la régularité et la transparence des procédures d'adoption est aujourd'hui essentiel.
L'enfant, par sa fragilité et son innoncence, a toujours constitué une proie facile, objet de toutes les convoitises. Préserver son intégrité physique et morale, assurer sa dignité, lui transmettre un savoir et certaines valeurs sont sans aucun doute quelques-unes des tâches les plus importantes qui incombent aux familles d'accueil.
Parce que l'enfant ne doit pas se contenter d'exister, mais doit aspirer à être, plus que jamais il était indispensable de définir les règles de droit applicables en matière d'adoption et de déterminer les structures et procédures adéquates.
La convention relative à la coopération en matière d'adoption d'enfants entre la République française et la République socialiste du Vietnam s'efforce de défendre la notion de droit de l'enfant et non celle de droit à l'enfant. Elle vise à assurer, dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant, une sécurité juridique accrue. Elle répond donc, fondamentalement, à l'ensemble de nos préoccupations. La ratifier est aujourd'hui, pour la France, une priorité. Bien davantage, c'est pour nous, bien d'avantage, un véritable devoir moral.
Conclue pour une période de cinq ans renouvelable par périodes de trois ans, sauf décision de non-prorogation, cette convention doit conférer une grande stabilité en matière d'adoption. Elle constitue un progrès considérable dans un domaine où de trop nombreuses zones de non-droit existent.
La convention reprend l'essentiel des conditions fixées dans la convention de La Haye. Ces dernières, qui visent toutes à entourer la procédure d'adoption d'un certain nombre de précautions de nature à garantir la viabilité de la relation entre adoptants et adoptés, constituent des avancées considérables dont il faut se féliciter.
Ainsi, par exemple, il est convenu que la loi applicable, lors du prononcé de la décision d'adoption, est celle de l'Etat d'accueil. Une telle disposition est essentielle dans la mesure où la législation française est plus favorable que la législation vietnamienne - vous savez, notamment, que le droit vietnamien ne connaît pas l'adoption plénière. De nombreux garde-fous ont aussi été institués. Ainsi, les autorités centrales des deux pays - le ministère de la justice pour le Vietnam, la mission de l'adoption internationale pour la France - sont habilitées à prendre toutes mesures appropriées pour prévenir et, le cas échéant, faire sanctionner la perception de gains matériels indus à l'occasion d'une adoption. De même, elles sont seules compétentes pour vérifier si l'enfant proposé à l'adoption est bien adoptable et si le consentement à son adoption a été donné de façon éclairée.
Ces dispositions, qui s'efforcent aussi d'éviter tout contact direct entre la famille adoptive et les parentsbiologiques de l'enfant, devraient paralyser les voiesclandestines.
Ce texte n'est pas parfait, c'est incontestable. Il faut regretter, notamment, un manque de clarté évident et déplorer l'absence de clause prévoyant l'obligation de s'assurer du consentement de l'enfant, à la différence de l'article 4 de la convention de La Haye. De ce point de vue, le gouvernement français devrait donner instruction à la mission pour l'adoption internationale de s'assurer du consentement de l'adolescent à son adoption.
Pour autant, il est aujourd'hui impératif, plus que jamais, d'en autoriser la ratification. Seule cette convention est à même de permettre la reprise des adoptions avec le Vietnam sur des bases légalement indiscutables. A court terme, elle présente donc l'avantage de remédier rapidement à une situation de crise.
Monsieur le secrétaire d'Etat, le Gouvernement devrait, par ailleurs, veiller à débloquer sans délai les dossiers en cours et à rassurer les nombreuses familles dont les projets d'adoption étaient jusqu'alors suspendus. Il est clair, en effet, que l'on ne devrait pas demander à ces familles d'engager une nouvelle procédure, conformément aux dispositions de la convention.
L'intérêt de la convention ne s'arrête pas là. A plus long terme, elle jette les bases d'une adhésion future du Vietnam à la convention de La Haye, comme cela a déjà été dit. La sécurité morale et juridique internationale devrait s'en trouver considérablement améliorée. (Applaudissement sur les travées des Républicains et Indépendants, du RPR et de l'Union centriste.)
M. le président. Personne ne demande plus la parole dans la discussion générale commune ?...
La discussion générale commune est close.

Convention relative à l'adoption d'enfants