Question de M. RAINAUD Marcel (Aude - SOC) publiée le 13/12/2012

M. Marcel Rainaud attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, sur la prise en charge de l'autisme et l'accompagnement des familles.
Malgré la reconnaissance de ce handicap depuis 1995 les structures manquent de ressources pour faire face aux besoins.
La prise en charge des enfants autistes est aujourd'hui loin d'être parfaite. En effet, le diagnostic peut être établi avant 30 mois, mais dans les faits, il intervient rarement avant l'âge de six ans faute de place dans les centres de dépistage. Les structures manquant à la fois de financement et de ressources pour faire face aux besoins réels d'un accompagnement de qualité, nombre de personnes autistes restent en famille faute de réponse adaptée à leurs besoins.

Trois choix s'imposent donc aux familles : la prise en charge classique exclusivement psychiatrique dominée par la psychanalyse, la prise en charge tournée vers des méthodes éducatives telle l'admission en SESSAD (service d'éducation spécialisée et de soins à domicile), tout en sachant que celle-ci n'est pas exclusivement adaptée aux enfants autistes, ou la technique ABA (applied behavior analysis), technique développée pour les autistes mais non remboursée. Si cette technique possède des résultats très satisfaisants, elle est extrêmement contraignante pour la famille, laquelle doit énormément s'investir dans le suivi de son enfant (arrêt du travail, accompagnement par un psychologue, une éducatrice, etc.).

C'est pourquoi il demande si le Gouvernement envisage une politique globale pour améliorer la prise en charge de l'autisme.

- page 2894


Réponse du Ministère chargé des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion publiée le 17/01/2013

La France est très en retard dans le dépistage et la prise en charge de l'autisme. Il revient au nouveau Gouvernement de réaliser concrètement le troisième plan autisme. C'est aujourd'hui un impératif : la prévalence de l'autisme est de plus en plus importante, alors que les outils de dépistage et l'offre d'accompagnement sont gravement insuffisants. Plusieurs milliers de familles françaises sont obligées d'aller en Belgique pour voir leur enfant bénéficier d'une réponse efficace à ses besoins. C'est pourquoi il faut agir sur plusieurs plans. Renforcer la recherche, dans le champ épidémiologique comme dans le champ social. Développer l'offre d'accompagnement, à partir d'un dépistage plus précoce et en tenant compte des recommandations publiées le 8 mars 2012 par la Haute Autorité de santé et l'agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux. Changer de regard sur l'autisme et changer de pratiques. Cela passe à la fois par la sensibilisation de l'opinion publique et par une meilleure formation des professionnels, notamment des médecins et des pédiatres. La logique générale dans laquelle ce plan va s'inscrire est celle de la personnalisation et de l'accessibilité du milieu ordinaire. La ministre déléguée en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion a réuni le Conseil national de l'autisme le 18 juillet 2012, pour constituer des groupes de travail thématiques autour de ces axes. Ces groupes se sont réunis par tranches d'âge et par thèmes tout au long du troisième trimestre 2012, sous le suivi attentif d'un groupe ad hoc. Le troisième plan sera lancé formellement dès 2013, afin de répondre aux besoins réels des personnes avec autisme et de ceux qui les entourent.

- page 201

Page mise à jour le