État civil :
Né le 17 février 1818
Décédé le 25 mars 1885
Profession :
Avocat
Département :
Ille-et-Vilaine
IIIème République

Ancien sénateur de la IIIe République

Elu le 5 janvier 1879
Fin de mandat le 25 mars 1885 ( Décédé )

avant 1889  (Extrait du «Robert et Cougny»)

avant 1889

JOUIN (PIERRE-MARIE), représentant en 1848 et en 1871, sénateur de 1879 à 1885, né à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 17 février 1818, mort à Paris le 24 mars 1885, d'une famille de commerçants, s'inscrivit, ses études de droit terminées, au barreau de Rennes, et y devint un des avocats distingués de la cour, et un des chefs du parti démocratique. Après la l'évolution de février, il fut élu (23 avril 1848) représentant d'Ille-et-Vilaine à l'Assemblée constituante, le 6e sur 14, par 88,045 voix (132,609 votants, 152,985 inscrits). « Doué d'un remarquable talent oratoire écrivait la Biographie impartiale des représentants à l'Assemblée nationale (1848), c'est un esprit libéral qui n'a pas toujours cru à la république, mais qui paraît bien décidé, aujourd'hui qu'elle existe, à tout mettre en oeuvre pour l'asseoir sur des bases solides et durables. » D'opinions modérées, il se montra dans sa carrière parlementaire très attaché aux intérêts religieux. A la Constituante, il fit partie du comité des cultes, soutint la politique de Cavaignac, et vota : contre le rétablissement du cautionnement, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, pour le rétablissement de la contrainte par corps, contre l'abolition de la peine de mort, contre l'amendement Grévy, contre le droit au travail, pour l'ordre du jour en l'honneur du général Cavaignac. L'élection présidentielle de L.-N. Bonaparte le rapprocha de la gauche : il se prononça toutefois pour la proposition Rateau, mais il vota ensuite : contre l'interdiction des clubs, pour l'amnistie, contre les crédits de l'expédition de Rome, etc. Partisan des deux Chambres, il avait adopté néanmoins l'ensemble de la Constitution. Non réélu à l'Assemblée législative, M. Jouin reprit sa place au barreau de Rennes, resta à l'écart sous l'Empire, et ne rentra dans la vie politique qu'aux élections complémentaires du 2 juillet 1871 : trois sièges étant devenus vacants dans le département d'Ille-et-Vilaine par suite d'options, il fut élu représentant à l'Assemblée nationale, comme républicain conservateur, le 2e sur 3, par 52,160 voix (96,485 votants, 154,136 inscrits). Dans une lettre à ses électeurs il s'exprima ainsi : « Quand l'heure sera venue, le pays dira si l'intérêt du présent et celui de l'avenir doivent lui faire conserver la forme républicaine qui se prête si merveilleusement à toutes les modifications légitimes et raisonnables, ou s'il serait plus sage de recommencer l'épreuve tant de fois essayée d'une forme monarchique, sous laquelle on ne tarde guère à se trouver mal à l'aise et qui se brise comme un verre fragile, le jour où l'opinion publique déclare tout haut qu'elle n'en veut plus. » M. P. Jouin se fit inscrire aux réunions du centre gauche et de la gauche républicaine, et prononça un intéressant discours dans la discussion du projet de loi sur l'électorat municipal. Au nom de l'égalité et de la charité évangéliques, il repoussa l'esprit exclusif du projet de la commission, et s'appliqua principalement à mettre en relief tout ce qu'il trouvait d'injuste et de dangereux dans la condition de trois années de domicile imposée aux citoyens qui ne sont pas propriétaires dans la commune et n'y payent pas de contributions, c'est-à-dire aux ouvriers des villes et des campagnes. Il s'efforça de démontrer que, dans la réglementation proposée par la commission pour la confection des listes électorales et les réclamations à fin d'inscription, tout semblait combiné pour rendre presque impossible, à ceux qui sont retenus par les travaux des champs ou de l'atelier, la réclamation de leurs droits électoraux : « Voilà, dit l'orateur en terminant, comment on constitue dans nos 36,000 communes un système qu'une assemblée chrétienne ne pourra jamais voter, car ce système se résume en ces mots : « Silence au pauvre ! » M. Jouin vota avec la gauche : pour le retour à Paris, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, pour la dissolution, contre le septennat, contre l'état de siège, contre la loi des maires, contre le ministère de Broglie, pour les amendements Wallon et Pascal Duprat. Il s'abstint dans le vote d'ensemble sur les lois constitutionnelles. Candidat républicain dans son département aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, il échoua avec 170 voix sur 459 votants ; mais, au renouvellement triennal du 5 janvier 1879, il fut élu sénateur d'Ille-et-Vilaine, le 1er sur 3, par 246 voix (452 votants). Il prit place dans la nouvelle majorité de gauche, soutint le ministère Dufaure, vota contre l'article 7, parla (9 juin 1881) contre le rétablissement du scrutin de liste ; appuya, quelques jours après, un amendement tendant à ce que les ministres des cultes, même non munis de brevets de capacité, pussent ouvrir des écoles dans les communes où il n'existe pas d'écoles confessionnelles (rejeté) ; membre du centre gauche dissident, il attaqua (février 1882) l'art. 16 de la loi sur l'enseignement primaire, qui oblige les enfants élevés dans leur famille à subir, de 8 à 13 ans, un examen annuel, et qui les envoie d'office dans un établissement public, si l'examen est jugé insuffisant ; il combattit (août 1882) la loi sur les syndicats professionnels, « qui constitue, dit-il, un privilège en faveur des ouvriers » ; parla (mai 1883) contre la loi établissant la liberté des funérailles, et, lors de la discussion de la réforme de la magistrature (juin 1883), déposa un amendement demandant que l'on procédât par extinction à l'élimination des magistrats dont les sièges étaient supprimés. Il mourut au cours de la législature.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Robert et Cougny (1889)

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaire
de Pierre JOUIN

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