III. CE BUDGET N'APPORTE PAS TOUTES LES RÉPONSES ET POUR ÊTRE TOUT À FAIT CRÉDIBLE, L'OBJECTIF DE 0,55 % DEVRA ENCORE ÊTRE TRADUIT BUDGÉTAIREMENT

A. UNE TRAJECTOIRE À CE STADE UNIQUEMENT DÉFINIE EN POURCENTAGE DU RNB

1. Le Président de la République s'est engagé à ce que notre aide publique atteigne 0,55 % du RNB en 2022

Le candidat Emmanuel Macron indiquait pendant la campagne que « La France a perdu sa place depuis dix ans en matière de politique de développement, en particulier par rapport à l'Allemagne et au Royaume-Uni. Il faut retrouver une ambition mondiale dans ce domaine. [...] Derrière les chiffres, c'est bien le rôle de la France, notre influence et celle de nos entreprises qui est en jeu ». L'objectif de 0,7 % était rappelé et il était proposé de l'atteindre en 2030, en se basant sur une trajectoire d'augmentation progressive crédible .

Le discours du Président de la République, à l'ouverture de la conférence des Ambassadeurs le 29 août dernier, a réaffirmé cette ambition, en fixant l'objectif intermédiaire d'atteindre 0,55 % de notre RNB en 2022 , avant de le réaffirmer devant l'Assemblée générale des Nations Unies de l'an dernier, le 20 septembre 2017.

2. La loi de programmation des finances publiques a commencé à traduire cet objectif budgétairement

L'objectif présenté par le Président de la République a été repris dans la loi de programmation des finances publiques pour les années 2018-2022, adoptée l'automne dernier, qui prévoit une hausse inédite des crédits de cette mission.

Programmation des crédits de la mission « Aide publique au développement »

(en milliards d'euros de crédits de paiement)

2018

2019

2020

LPFP

2,68

2,81

3,10

PLF (périmètre constant)

2,68

3,81

-

Source : Loi de programmation des finances publiques 2018-2022

On observe d'ailleurs que le plafond 2019 est dépassé d'un milliard d'euros (cf. infra ).

3. Le comité interministériel de la coopération internationale et du développement a défini une trajectoire en pourcentage du RNB

Le 8 février dernier, le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (Cicid) s'est réuni et a notamment adopté une trajectoire précise, en pourcentage du RNB, vers l'objectif de 0,55 % . Le tableau ci-dessous traduit cette trajectoire en montant d'APD au sens de l'OCDE.

Traduction en montant d'APD de la trajectoire adoptée par le Cicid

(en milliards d'euros)

2015

2016

2017

2018

2019

2020

2021

2022

APD en pourcentage du RNB

0,37%

0,38%

0,43%

0,44%

0,44%

0,47%

0,51%

0,55%

RNB

2 217

2 264

2 349

2 408

2 480

2 559

2 648

2 740

APD au sens de l'OCDE

8,1

8,6

10,1

10,6

10,9

12,0

13,5

15,1

Source : commission des finances du Sénat - Les prévisions de RNB proviennent de la direction générale du Trésor

La France doit donc augmenter de 5 milliards d'euros, par rapport à 2017, son aide publique au développement au sens de l'OCDE . Vos rapporteurs spéciaux soulignent que cela ne signifie pas que l'effort budgétaire sera de même ampleur , dans la mesure où une partie - significative au demeurant - de notre aide est constituée de prêts, qui comportent un effet de levier 11 ( * ) . De même, tout l'effort financier ne portera pas sur la seule mission « Aide publique au développement » , dont il a été rappelé précédemment qu'elle ne portait « que » 40 % des crédits budgétaires générant de l'aide publique au développement.

Par ailleurs, le Cicid a également décidé que les deux tiers de la hausse porteront sur l'aide bilatérale et que les crédits permettant à l'AFD d'accorder des dons augmenteraient d'un milliard d'euros dès 2019 .


* 11 À titre d'exemple, en 2018, un euro de subvention de l'État à l'AFD au titre des prêts génère 12,4 euros d'aide publique au développement au sens de l'OCDE.

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