Question de M. HAYE Ludovic (Haut-Rhin - RDPI) publiée le 10/06/2021

M. Ludovic Haye attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la relance sur la situation alarmante qui touche le marché des matières premières et les importantes conséquences sur les prix. L'envolée des prix et la pénurie des matières premières nécessaires à l'industrie française (industriels français, transformateurs et équipementiers) sont actuellement des préoccupations extrêmement fortes pour nos professionnels. La réduction de l'offre des fournisseurs en matières premières entraîne pour les entreprises des risques de rupture et des augmentations importantes sur les prix. Le constat, concrètement, passe par des annulations de livraisons, alors que les commandes ont été établies en temps et en heure, conformément aux contrats existants. Le blé, le maïs, le soja, le riz, le marché de la viande, le cuivre, l'aluminium, le zinc, le nickel, l'étain, le fer, l'acier, le molybdène, le lithium, le cobalt, les platinoïdes, l'argent, le métal, le pétrole, le gaz naturel... connaissent tous une inflation de leurs les prix. À l'exception des hydrocarbures, ils sont supérieurs aux niveaux d'avant crise de 2008, et parfois plus élevés que les récents pics de 2011. Dans le même temps, ce déséquilibre brutal entre l'offre et la demande entraîne une tension significative sur la logistique. On assiste donc à une insuffisance physique de matières premières et à des capacités de transport diminuées qui conduisent, à des distorsions flagrantes entre l'offre et la demande : ainsi la demande en matières premières sera cette année d'au moins 30 millions de tonnes supérieure à l'offre. Nourrie également par la spéculation, l'explosion des prix sur le marché se fait gravement ressentir : 30 % pour l'acier, 80 % pour le coke, 55 % pour le nickel. Les explications fournies par les producteurs (stocks bas, évolution du prix du pétrole, forte demande des pays asiatiques et des États-Unis sortis de la crise Covid, problèmes techniques sur les équipements, etc.) sont insuffisantes pour justifier l'ampleur de cette situation. Il souhaite également l'alerter sur ce phénomène exceptionnel dont les entreprises ne sont en rien responsables. Les rallongements des délais d'approvisionnement exposent les entreprises à de fortes pénalités de retard. Il est impératif de dialoguer avec les élus des collectivités qui sont bien souvent les donneurs d'ordres, mais aussi permettant d'apprécier de manière plus fine notre souveraineté mais aussi notre degré de dépendance. Ces hausses et cette pénurie de matière première, doublée des difficultés de recrutement de personnel de nos entreprises, constituent un réel frein à la reprise durable de l'activité dans le bâtiment et les travaux publics. C'est pourquoi, si la dépendance vis-à-vis de ces matières premières n'est pas gérée plus efficacement avec des outils de souveraineté, il devient possible de craindre l'effet que pourraient provoquer les futurs prix de ces matières premières sur les prix à la consommation. Par ailleurs, ne pas les prendre en compte conduira à des situations de blocage dans les marchés publics et privés actuels et futurs. Il lui demande d'entamer toutes les concertations nécessaires avec les entreprises, de réclamer donc la réactivation des ordonnances qui, au printemps 2020, avaient transitoirement gelé les pénalités de retard (sur un approvisionnement lié à la Covid-19) et une communication du Gouvernement sur l'importance d'indexer les marchés. Afin de l'enquérir en amont de ces problématiques et solidairement aider nos entreprises à supporter ces hausses délétères, il se tient également à votre disposition pour participer activement à l'état des lieux de nos matières premières et à une appréciation plus fine de notre degré de dépendance.

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Transmise au Ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique


La question est caduque

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