Question de M. MARC Alain (Aveyron - INDEP) publiée le 11/02/2021

Question posée en séance publique le 10/02/2021

M. le président. La parole est à M. Alain Marc, pour le groupe Les Indépendants – République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)

M. Alain Marc. Ma question s'adresse à M. le ministre des solidarités et de la santé.

La France a adopté une attitude modulée de lutte contre la pandémie, au lieu d'un confinement brutal. Cette décision a été bien accueillie, mais elle pose un certain nombre de questions que j'aimerais vous présenter sous la forme d'un QCM. Cela vous rappellera peut-être, monsieur le ministre, l'heureux temps de vos études de médecine sans covid. (Sourires.)

Premièrement, avez-vous réfléchi à une stratégie vaccinale pour les personnes âgées de 65 à 74 ans, sachant que la Haute Autorité de santé ne recommande pas de vacciner cette population avec le vaccin d'AstraZeneca ?

Deuxièmement, la Bavière impose désormais l'usage des masques FFP2 dans les transports en commun.

La plupart des scientifiques semblent penser que c'est une précaution superfétatoire. Toutefois, à la suite de la recommandation du Haut Conseil de la santé publique d'abandonner les masques en tissu de mauvaise qualité et de leur prohibition dans les écoles, envisagez-vous de généraliser l'interdiction des masques en tissu de catégorie 2, au profit des masques chirurgicaux ?

Troisièmement, le Gouvernement a annoncé le déploiement prochain de tests salivaires en milieu scolaire, au retour des vacances d'hiver.

Prévoyez-vous de rendre ces tests accessibles à l'ensemble de la population, notamment sous la forme d'autotests ? En effet, des start-up françaises – j'ai rencontré quelques-uns de leurs responsables ce matin – ont développé des tests salivaires, validés par la Haute Autorité de santé, qui doivent être lus par un professionnel de santé. Certaines de ces start-up seraient rapidement capables de développer des autotests salivaires, qui permettraient de tester massivement la population française à domicile.

Le Gouvernement est-il prêt à soutenir cette démarche française de tests salivaires et d'autotests ? Dans quelles conditions ces derniers pourraient-ils être généralisés et pris en charge par la sécurité sociale ? (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)


Réponse du Ministère des solidarités et de la santé publiée le 11/02/2021

Réponse apportée en séance publique le 10/02/2021

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur Alain Marc, vous m'avez posé des questions précises, auxquelles je vais m'efforcer de répondre le plus précisément possible.

Pour les personnes âgées de 65 à 74 ans, ce sont plutôt les vaccins à ARN messager de Pfizer, Moderna et CureVac, quand ce dernier aura été validé, qui seront proposés. Comme vous l'avez souligné, le vaccin d'AstraZeneca n'est pas recommandé à ce stade. Toutefois, si les données scientifiques devaient évoluer dans le bon sens, la donne pourrait évidemment changer.

Logiquement, d'ici à la fin mars ou tout au début du mois d'avril, la totalité de la population cible âgée de 75 ans et plus aura été vaccinée. Nous pourrons alors ouvrir la vaccination aux personnes de la tranche d'âge suivante, par ordre décroissant, c'est-à-dire les 65-74 ans.

Votre deuxième question portait sur les masques. Vous l'avez dit, le Haut Conseil de la santé publique demande que l'on n'utilise plus les masques faits maison, non parce qu'ils sont de mauvaise qualité, mais parce que les Français les ont généralement fabriqués eux-mêmes, en essayant de suivre les normes Afnor, dont le degré de filtration ne dépasse pas 90 %.

En revanche, les masques FFP2, les masques chirurgicaux et les masques grand public de catégorie 1 – soit près de 100 % des masques que l'on peut trouver dans le commerce – ont une filtration de 90 % ou plus. Il n'y a pas lieu d'imposer le port du masque FFP2. Du reste, une seule région allemande l'a fait ; ailleurs, cette solution n'a pas été retenue.

Votre troisième question portait sur les tests salivaires et leur accessibilité à la population, et j'y réponds par l'affirmative. J'attends ce soir les recommandations de la Haute Autorité de santé, avec des méthodes d'analyse en PCR particulières. Les laboratoires se préparent. Nous travaillons avec eux depuis des semaines.

Ces tests seront proposés en priorité aux enfants dans nos écoles, de manière à pouvoir identifier, sans désagrément pour eux, des cas positifs, donc protéger et préserver l'école dont nous souhaitons qu'elle puisse rester ouverte le plus longtemps possible. Les premiers tests salivaires seront menés demain par les hôpitaux de Paris. Dès la mi-février, nous en ferons de 200 000 à 300 000 par semaine.

Enfin, s'agissant des autotests, hélas, monsieur le sénateur, il y a un problème : leur sensibilité varie de 11 % à 40 % pour les meilleurs d'entre eux. Si vous jetez une pièce en l'air, vous avez donc plus de chance de savoir si vous êtes positif ou négatif… La recherche continue, en France et ailleurs. À ce jour, aucun pays européen n'utilise réellement ces autotests. Les Japonais déploient un certain nombre d'autotests. Nous travaillons avec eux.

M. le président. Il faut conclure.

M. Olivier Véran, ministre. Croyez-moi, dès que nous en aurons, nous les utiliserons. Cela changera les règles du jeu. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

M. le président. La parole est à M. Alain Marc, pour la réplique.

M. Alain Marc. Des start-up françaises, notamment dans la région Occitanie, sont en train de travailler sur ces tests.

J'espère que vous serez attentifs, monsieur le ministre, non pas à leurs doléances, mais à leurs résultats,…

M. Olivier Véran, ministre. Oui !

M. Alain Marc. … qui ne me semblent pas si mauvais.

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