Question de M. DENNEMONT Michel (La Réunion - LaREM) publiée le 12/07/2018

M. Michel Dennemont interroge M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur la nécessité de rassurer les consommateurs réunionnais concernant la qualité sanitaire du bœuf issu des élevages réunionnais. En effet, les éleveurs font actuellement l'objet d'une campagne de dénigrement axée sur une pseudo épidémie de leucose. Ainsi, non seulement des chiffres faux circulent sur le taux de prévalence de cette maladie, mais en plus une réputation de « vache folle » est largement reprise par les médias. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail a pourtant affirmé dans son rapport du 23 juillet 2015 sur la situation de la leucose bovine à La Réunion que la maladie ne représente aucun risque pour l'homme. De plus, tout comme en métropole, aucun animal malade ne se retrouve dans le circuit commercialisation. Suite aux attaques dont les médias se font écho, les ventes de bœuf local reculent, mettant ainsi en péril les dizaines d'emplois directs et indirects d'une filière exemplaire. En effet, les bovins destinés à la consommation de viande sont tous nés, élevés, tués, distribués et consommés à La Réunion : ce circuit agricole court est un cercle vertueux vers lequel la société française tend. Aussi il lui demande s'il ne serait pas pertinent que le ministère organise une campagne de communication claire et structurée avec l'ensemble des services concernés afin de rappeler l'absence totale de risque pour l'Homme de consommer de la viande bovine locale, d'expliquer les prochaines étapes pour lutter contre la leucose et de rassurer de manière pérenne le consommateur.

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Réponse du Ministère de l'agriculture et de l'alimentation publiée le 23/08/2018

La leucose bovine enzootique, transmise par des insectes piqueurs, est une maladie qui génère des tumeurs sur les animaux âgés qui sont la plupart du temps découvertes à l'abattoir. Elle n'est pas transmissible à l'homme. En 1990, certains pays d'Europe du Nord ont néanmoins souhaité s'en affranchir ; la France a dès lors réglementé la lutte contre cette maladie en rendant son dépistage obligatoire et en prévoyant l'élimination des animaux positifs. Ces mesures d'élimination, toujours appliquées, sont accompagnées de mesures financières modestes face à la valeur marchande des animaux. Il est toutefois dans l'intérêt des filières d'éradiquer la leucose bovine par des moyens permettant de lutter dans le même temps contre les maladies prioritaires du cheptel bovin. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, dans son avis du 24 janvier 2018, estime que l'impact de la maladie sur la santé humaine est nul. Cela a notamment été rappelé par le préfet de La Réunion dans ses différentes communications. Par ailleurs, les éleveurs s'organisent autour de leur groupement pour sensibiliser et rassurer les consommateurs quant à la lutte contre la leucose bovine en rappelant notamment l'obligation de dépister tous les élevages. L'état des lieux qui sera fait lors de la campagne de prophylaxie 2018, ainsi que la synthèse des différents moyens de lutte adaptés à la leucose bovine à La Réunion, doivent aboutir à la structuration d'un plan global de maîtrise sanitaire bovin dont les objectifs sont, à moyen terme, la réduction de la prévalence de cette maladie, mais aussi de toutes celles impactant le cheptel bovin, et à plus long terme, l'éradication de cette maladie tout en permettant de maintenir les filières bovines. Grâce au travail conduit par le conseil régional d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale, qui regroupe l'État, les collectivités territoriales et les partenaires du monde agricole, les élevages réunionnais développent une production locale de qualité en assurant la maîtrise de la sécurité sanitaire tout au long de la chaîne alimentaire. C'est à ce niveau que doivent être définies et portées les actions de communication.

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