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Organisation du prochain concours du meilleur ouvrier de France dans la catégorie des fromagers

15e législature

Question écrite n° 04250 de Mme Catherine Dumas (Paris - Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 05/04/2018 - page 1573

Mme Catherine Dumas attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur l'organisation du prochain concours du meilleur ouvrier de France, et plus particulièrement sur l'épreuve récompensant le meilleur fromager. Elle précise que ce concours, organisé depuis vingt-six ans par le comité d'organisation des expositions du travail (COET-MOF) conduit à l'attribution du diplôme d'État de niveau III et au titre « un des meilleurs ouvriers de France ». Elle souligne que ce concours, qui symbolise l'excellence des savoir-faire français, tire sa réputation de son haut niveau d'exigence, et inspire au quotidien les professionnels de chaque filière. Elle indique que, dans ce cadre, la fédération des fromagers de France, qui regroupe les 3 200 fromagers détaillants sur le territoire, contribue activement depuis cinq ans à faire vivre ce concours et à maintenir sa sélectivité. Elle remarque que les dernières décisions du COET ont révélé de profondes divergences de point de vue avec la fédération des fromagers quant au futur de cette compétition d'excellence.
Elle note que cette fédération regrette que le critère d'excellence du concours soit remis en question alors qu'il a fait sa renommée et que des structures étrangères aux réalités de la profession puissent être imposées. Elle s'inquiète que, fin janvier 2018, le COET ait annoncé sa décision « de dissoudre le jury de la classe fromager et de retarder les épreuves qualificatives » qui devaient se tenir le 19 mars 2018. Elle rappelle que le fromage français, tant pour sa qualité que pour sa diversité, est un fleuron de notre gastronomie et qu'il est le fruit d'un savoir-faire artisanal qui doit être préservé. Elle lui demande donc de bien vouloir examiner la situation pour que le concours conserve toute son authenticité, sa cohérence, ses exigences, sa représentativité et couronne des professionnels jugés et reconnus par leur pairs pour leur savoir-faire.

Transmise au Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse



Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse

publiée dans le JO Sénat du 15/11/2018 - page 5805

Le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse est particulièrement attentif à la qualité du diplôme « Un des meilleurs ouvriers de France » pour l'ensemble des 230 métiers qui s'impliquent dans ce diplôme, dont il est responsable et garant. La recherche perpétuelle de la définition de l'excellence professionnelle dans ces métiers divers a conduit à une organisation atypique de cet examen bâti sur la collaboration entre le ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse, le comité d'organisation du concours « Un des meilleurs ouvriers de France » des expositions du travail, les professionnels et leurs représentants. Le comité d'organisation du concours « Un des meilleurs ouvriers de France » et des expositions du travail (COET) a été fondé et déclaré dans sa forme actuelle, le 14 décembre 1961 avant que le titre de meilleurs ouvriers de France ne devienne un diplôme par décret n° 2001-599 du 5 juillet 2001, dont les dispositions ont été intégrées dans le code de l'éducation, articles D. 338-9 à D. 338-22. Il est chargé de l'organisation matérielle des examens tant au niveau local que national (article D. 338-18) et propose au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse les membres des jurys de classe (article D. 338-19). Si les fédérations peuvent apporter un concours important pour le succès de l'examen, la responsabilité de la mise en oeuvre pratique de l'examen appartient au COET. Le COET propose au ministre de l'éducation et de la jeunesse les jurys constitués de professionnels et de formateurs, qui peuvent compter jusqu'à 50 % de meilleurs ouvriers de France. Il prend toutes décisions assurant les meilleures conditions d'épreuves pour les candidats dans le respect des règles communes applicables aux examens. Cette répartition des rôles ayant été mal comprise par certains professionnels appartenant à la Fédération des fromagers de France, le COET a pris toutes dispositions pour sauvegarder le concours de la classe des fromagers en décidant de reporter les épreuves et en proposant à sa tutelle ministérielle de nommer un nouveau jury. Pour autant des contacts entre le COET-MOF et la fédération sont maintenus pour la proposition de membres du jury. Compte tenu des épreuves demandées, leur report n'est pas susceptible d'altérer les exigences professionnelles demandées aux candidats qui pourront se consacrer à la démonstration de leur haute qualification, définition même du diplôme.