Question de M. TRILLARD André (Loire-Atlantique - UMP) publiée le 14/10/2010

M. André Trillard attire l'attention de M. le ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche sur la situation extrêmement difficile que traverse la filière viande bovine, en particulier dans le Grand Ouest, première région d'élevage.
Avec quatre années de revenus très faibles, une conjoncture laitière difficile, des cours de la viande bas, ce sont les conditions climatiques de l'année 2009/2010 qui provoquent une insuffisance des stocks fourragers, alors même que la plupart des trésoreries ne supporteront pas l'achat de fourrages ou de complémentaires, pourtant indispensables pour conserver le cheptel. D'ores et déjà, nombre d'engraisseurs ont fait le choix de ne pas acheter de maigres, d'où une perte de valeur ajoutée considérable pour 2011.
Nos éleveurs, pourtant habitués aux soubresauts du marché et aux aléas climatiques, sont cette fois-ci particulièrement inquiets. Face au risque réel de démantèlement de la filière bovine de notre grande région, ces professionnels demandent un véritable plan de soutien d'urgence assorti de mesures permettant permettent une rémunération décente de nos producteurs. Il lui demande quelle suite il entend réserver à cette aspiration.

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Transmise au Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire


Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire publiée le 30/12/2010

Depuis plusieurs années, le secteur de l'élevage connaît des difficultés qui se sont aggravées au cours des tous derniers mois, notamment du fait de la crise économique, de l'émergence de nombreux concurrents européens ou mondiaux et de l'augmentation du cours des céréales. C'est la raison pour laquelle 30 M€ supplémentaires ont été débloqués en urgence dans le cadre du dispositif d'accompagnement spécifique des agriculteurs (DACS-agri) pour répondre aux difficultés des éleveurs les plus fragiles. Ces mesures d'accompagnement des exploitations qui connaissent des difficultés structurelles permettent, après un audit de l'exploitation, une aide à la prise en charge des intérêts bancaires, des cotisations sociales, ainsi qu'à la restructuration de la dette de l'exploitation. Par ailleurs, afin de consolider l'avenir des filières d'élevage, 300 M€ vont être débloqués sur trois ans pour financer des plans de développement. C'est une somme considérable dans la période de contrainte budgétaire actuelle. Les travaux et discussions avec les organisations professionnelles relatifs à la mise en oeuvre de ces mesures de soutien et à la répartition de cette enveloppe de 300 M€ sont en cours. Pour ce qui est plus spécifiquement de la filière « bovin allaitant », des analyses stratégiques vont être lancées dans chaque bassin de production via un audit du conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux. Un audit des systèmes de cotations est également en cours afin d'en assurer la rénovation et il est prévu de faire appel à la contractualisation au sein de la filière via un accord interprofessionnel. Enfin, des travaux ont déjà été engagés pour faciliter les exportations de bovins vivant au sein d'une cellule export ad hoc rassemblant toutes les administrations concernées et les professionnels. Par ailleurs, le 9 novembre 2010, un accord sur un plan de sortie de crise a pu être formalisé avec l'ensemble de l'interprofession bovine. Ce plan s'articule autour de plusieurs points : la responsabilisation des acteurs de la filière pour assurer des revenus stables et rémunérateurs aux producteurs ; la participation aux négociations interprofessionnelles de l'ensemble de ces acteurs pour traiter des diverses questions concernant actuellement le secteur bovin : meilleure valorisation des races à viandes, contractualisation, meilleure valorisation du travail des éleveurs ; le suivi de la bonne application de l'accord interprofessionnel sur la pesée, classement, marquage des carcasses de bovins de plus de huit mois et la mise en place de machines à classer d'ici la fin de l'année dans les abattoirs de plus de trois mille tonnes par an afin d'harmoniser le classement sur l'ensemble du territoire ; la transparence sur la formation des prix grâce au travail de l'observatoire de la formation des prix et des marges qui devra fournir un premier rapport dans le domaine de la viande bovine dès la fin de l'année 2010.

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