Question de Mme FRAYSSE-CAZALIS Jacqueline (Hauts-de-Seine - CRC) publiée le 22/02/1996

Mme Jacqueline Fraysse-Cazalis attire l'attention de M. le ministre du travail et des affaires sociales sur les conditions d'hébergement des personnes sans abri accueillies au centre d'hébergement et d'accueil des personnes sans abri (CHAPSA) installé à Nanterre. La presse s'est largement fait l'écho d'un récent rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) qui met en lumière de graves anomalies dans le fonctionnement de cet établissement. Ces informations confirment les problèmes de promiscuité, de manque d'hygiène et d'insécurité dénoncés depuis longtemps par le maire de Nanterre et qui ont conduit les autorités responsables à décider de rénover totalement le CHAPSA, ce dont il faut se féliciter. Malheureusement, depuis le mois de juillet dernier et pour la durée des travaux, les femmes ne sont plus hébergées dans les bâtiments du centre, mais dans des abris de chantier de type Algéco, dépourvus de sanitaires, où les températures sont insupportable
s et les problèmes évoqués plus haut aggravés. Cette situation est incompatible avec le respect de la dignité et des droits élémentaires de la personne humaine. Par ailleurs, il semble probable que la rénovation du CHAPSA ne sera pas accompagnée d'une réduction importante du nombre de personnes hébergées. Cela est pourtant une condition indispensable à la réussite de cette opération, ainsi qu'au rétablissement d'une situation normale dans les quartiers sensibles du Petit-Nanterre et du Petit-Colombes, où errent de très nombreuses personnes à leur sortie du CHAPSA. Elle rappelle qu'elle demande depuis longtemps que des petites structures d'accueil soient créées dans chaque département, y compris à Paris, car il est anormal que les sans-abri de la capitale soient exilés en banlieue. Elle lui demande donc quelles dispositions il compte prendre pour que cesse enfin au CHAPSA une situation indigne de notre pays.

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Transmise au ministère : Équipement


Réponse du ministère : Travail publiée le 13/06/1996

Réponse. - Le Centre d'hébergement et d'accueil des personnes sans abri (CHAPSA) de Nanterre s'est doté en décembre 1993 d'une infirmerie de 50 lits. Pour permettre la pérennisation de ce service, il a fallu supprimer 2 dortoirs dotés de lits à 2 étages. Les femmes hébergées au CHAPSA ont alors été installées provisoirement dans des bungalows de type ALGECO, qui avaient été occupés antérieurement par les personnels de l'infirmerie et de l'unité médico-sociale. Ces bungalows sont équipés de sanitaires et de douches attenants qui ont été entièrement rénovés. Comme le souligne l'honorable parlementaire, les autorités responsables ont entrepris une rénovation d'ensemble du CHAPSA. Il convient également d'observer que ces dernières années, un dispositif d'hébergement d'urgence, de SAMU sociaux et de boutiques d'accueil de jour a été développé dans les différents départements de la région parisienne pour compléter le réseau des centres d'hébergement et de réadaptation sociale. Ces dispositions, qui ont été prises conformément aux orientations gouvernementales de lutte contre l'exclusion, devraient contribuer à soulager en partie le CHAPSA de Nanterre des contraintes auxquelles il se trouve actuellement confronté.

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