Question de M. RUFIN Michel (Meuse - RPR) publiée le 26/04/1990

M. Michel Rufin attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre de l'économie, des finances et du budget, sur les inquiétudes de la chambre syndicale des débitants de tabac de la Meuse face au projet qu'aurait la société d'économie mixte France-Loto de supprimer un certain nombre de points de validation situés en milieu rural. Une telle mesure pourrait perturber l'exploitation de nombreux bureaux de tabac qui sont souvent l'un des rares commerces en zone rurale et ne manquerait pas d'avoir des conséquences regrettables sur la vie communautaire et sur l'activité en général des petites communes concernées. Elle aurait également pour effet de créer des inégalités choquantes entre citoyens, puisque certains d'entre eux se verraient priver du droit de participer au jeu du loto. L'aménagement rural, la lutte contre la désertification de nos campagnes étant prioritaires, il lui demande de lui faire connaître son sentiment en cette affaire et de lui indiquer s'il envisage d'intervenir.

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Réponse du ministère : Économie publiée le 05/07/1990

Réponse. - Le réseau des détaillants de la société France-Loto comprend 13 340 points équipés de valideuses permettant d'enregistrer les enjeux du Loto, ce qui représente un réseau de points de vente extrêmement dense sur l'ensemble du territoire national. Sur ce total, 2 000 points de vente connaissent une exploitation déficitaire, les enjeux hebdomadaires étant inférieurs au seuil de 10 000 francs. Il convient en effet de préciser que l'équipement des points de vente en valideuses ainsi que les transmissions des données relatives aux enjeux sont à la charge de France-Loto. Sur ces 2 000 points de vente déficitaires, seulement 15 p. 100 d'entre eux ont fait l'objet d'une décision de fermeture. Il s'agit de ceux qui réalisent un montant d'enjeux inférieur à 6 000 francs, largement en deçà du seuil de rentabilité. Pour les autres, France-Loto a invité les détaillants à examiner les moyens d'augmenter les enjeux. Le réseau n'a donc été modifié que de façon marginale, pour des raisons d'amélioration de la gestion qui sont de la responsabilité de l'entreprise. Le critère retenu par cette dernière est celui du chiffre d'affaires, et non pas celui de la localisation géographique. Les suppressions de valideuses ne concernent donc pas seulement les zones rurales, mais également les zones urbaines. La perte de recettes pour les détaillants reste marginale : on ne peut pas soutenir que cette perte fasse peser une menace grave sur l'avenir du commerce de détail en France, d'autant que chaque valideuse retirée est destinée à être installée dans un nouveau point de vente, là où le montant des enjeux devrait être plus élevé. Toutefois, il sera demandé à France-Loto d'examiner tous les cas dignes d'un réel intérêt, notamment dans les zones rurales très dépeuplées, afin que des dérogations puissent être accordées lorsque la mesure prise par la société aboutit à des conséquences manifestement disproportionnées pour les usagers.

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