Question de M. LORIDANT Paul (Essonne - SOC) publiée le 22/02/1990

M. Paul Loridant s'inquiète auprès de M. le ministre de l'équipement, du logement, des transports et de la mer du retard pris en matière d'éclairage des grandes voies de circulation en tant que moyen de lutte contre les accidents de la route. En effet, alors que la circulaire ministérielle du 25 juillet 1974 impose l'éclairage des autoroutes et des voies rapides à partir du seuil fixé à 50 000 véhicules par jour, il apparaît selon les plus récentes informations que 500 kilomètres de voies dont le trafic est supérieur au seuil donné ci-dessus ne sont pas encore éclairés. Compte tenu des dernières actions entreprises par le Gouvernement en matière de sécurité routière, il lui demande de bien vouloir l'informer des mesures envisagées pour que soient respectées les règles que l'administration s'était elle-même données.

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Réponse du ministère : Équipement publiée le 04/10/1990

Réponse. - Le développement de l'éclairage systématique de nuit des autoroutes est une mesure qui soulève de très nombreux débats. Beaucoup estiment que la sécurité des autoroutes en serait grandement améliorée. Un grand nombre d'études ont été menées en matière d'éclairage et de sécurité. Il est incontestable que l'éclairage a un effet favorable (encore que difficilement mesurable) sur les autoroutes urbaines et aux points singuliers tels que les échangeurs. Par contre, il semble avoir un effet plutôt négatif sur le reste du réseau. Il n'en reste pas moins que l'éclairage améliore fortement le confort de conduite des usagers et correspond de leur part à une demande forte. Un certain nombre de campagnes en faveur de l'éclairage se sont développées à l'initiative des industriels directement concernés (fabricants de candélabres, entreprises de travaux et de maintenance, etc.). L'intérêt porté par ces industriels à la sécurité routière est certes appréciable, mais les
taux d'amélioration de la sécurité annoncés pour justifier un éclairage des autoroutes sont beaucoup plus élevés que ceux qui résultent des études précédentes. Il est vrai que la circulaire interministérielle du 25 avril 1974 demandait d'éclairer les autoroutes dont le trafic était supérieur à 50 000 véhicules/jour ou compris entre 25 et 50 000 véhicules/jour si les échangeurs étaient espacés de moins de 5 kilomètres. Depuis, le réseau s'est considérablement accru et il convient de mettre en valeur l'homogénéité de ce réseau. Avant d'éclairer une section d'autoroute, il faut étudier l'impact sur la sécurité et chercher s'il n'existe pas d'autres aménagements qui, pour un coût moindre, permettraient une amélioration sur un beaucoup plus grand kilométrage de réseau. Ces actions devront être homogènes sur l'ensemble d'un itinéraire, qu'il s'agisse des sections d'autoroutes concédées ou hors péage. L'éclairage, dès lors qu'il sera installé, devra soit couvrir les seules zones les plus critiques, soit concerner la totalité de l'axe. En effet, le coût de l'éclairage des 500 kilomètres d'autoroutes supportant plus de 50 000 véhicules/jour et non encore éclairées serait de 85 MF par an soit l'équivalent de : 4,25 fois le budget annuel des aménagements de sécurité sur autoroutes non concédées ; l'équipement de plus de 50 kilomètres en glissières en béton armé ; l'équipement de 425 kilomètres d'autoroute en glissières métalliques. Le coût de l'éclairage de l'ensemble des autoroutes serait de 850 MF par an soit : la construction de près de 38 kilomètres d'autoroute ; 27 p. 100 du budget total d'entretien des routes nationales ; 3,2 fois le budget des aménagements de sécurité de la direction de la sécurité et de la circulation routières pour l'ensemble des départements de France et outre-mer. Un accord tarifaire avec E.D.F. consentant un rabais sur le prix du kWh ne serait pas de nature à élargir les possibilités d'éclairage, la consommation électrique ne représentant que 30 p. 100 du coût total : les économies réalisées n'auraient donc pas un impact substantiel. Le coût de l'éclairage de tout ou partie du réseau est donc hors de proportion avec nos moyens financiers actuels et avec le gain de sécurité obtenu : le ministre envisage donc d'examiner l'ensemble des solutions disponibles pour améliorer le confort de conduite la nuit. Mais c'est l'ensemble du confort visuel de nuit qu'il faut améliorer. Il convient donc d'examiner également les autres possibilités techniques telles qu'une amélioration de la luminosité des marquages au sol et de la signalisation et l'extension de l'utilisation des délinéateurs. ; signalisation et l'extension de l'utilisation des délinéateurs.

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