Question de M. BELCOUR Henri (Corrèze - RPR) publiée le 24/09/1987

M.Henri Belcour attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'équipement, du logement, de l'aménagement du territoire et des transports, chargé de l'environnement, sur les expériences de lutte biologique contre les parasites végétaux dans certaines grandes villes. Il s'agit d'enrayer les parasites qui affectent les espaces verts par l'utilisation d'agents biologiques à la place des pesticides. Ainsi, aujourd'hui, on essaie d'utiliser principalement les animaux prédateurs des parasites pour sauver les plantes menacées. Cette solution présente, outre un avantage écologique évident, un gain d'économie, même si elle est encore sujette aux variations climatiques. Il lui demande donc quelle action il entend mener au sein de son administration afin de promouvoir ces essais, et si les effets produits sur l'équilibre écologique par la multiplication de certaines espèces animales sont pris en compte.

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Réponse du ministère : Environnement publiée le 21/01/1988

Réponse. -La lutte biologique consiste à utiliser des préparations d'organismes vivants ou de certains de leurs produits capables d'enrayer le développement d'" ennemis " des plantes (ex. : insectes ravageurs des plantes des espaces verts, de cultures à usage agricole). Ce procédé est un substitut ou un complément de la lutte chimique classiquement pratiquée en France. Elle fait l'objet de recherches et expérimentations approfondies à l'Institut national de la recherche agronomique. Toutefois, elle est encore très peu employée en France et les freins à son développement semblent importants : la mise au point et l'utilisation d'une technique de lutte biologique sont délicates techniquement. la lutte biologique s'inscrit dans le cadre de stratégies " fines " de protection des cultures ; les agents de lutte biologique expérimentés jusqu'à présent sont plus spécifiques que la majorité des pesticides. Cela entraîne des problèmes de rentabilité car le marché potentiel d'une préparation pour usage en lutte biologique est plus étroit que celui des pesticides. Au plan des principes, le ministère de l'environnement est évidemment favorable au développement de la lutte biologique mais la prise en considération des effets éventuels de l'utilisation de la lutte biologique sur les équilibres écologiques, au moment de l'expérimentation et de la mise sur le marché est toutefois nécessaire. Elle est en cours d'examen, d'une part, au ministère de l'agriculture, d'autre part, par les ministères responsables à l'occasion de la préparation d'une directive européenne sur l'usage en milieu confiné des micro-organismes modifiés génétiquement. La spécificité des agents utilisés en lutte biologique jusqu'à présent semble constituer un avantage écologique par rapport aux pesticides. Toutefois, le sujet mérite une grande attention, d'autant plus que le génie génétique ouvrira des perspectives nouvelles à la lutte biologique. Les risques encourus devront être évalués sans pour autant freiner inutilement l'innovation.

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