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Conférence de presse
Mercredi 11 janvier 2017


Chère Sophie Huet, Chère Chantal Didier,
Mesdames et Messieurs de l’Association des Journalistes Parlementaires,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de vous accueillir à la présidence du Sénat pour cet échange de début d’année.

Je remercie Sophie Huet d’organiser ce rendez-vous qui est devenu régulier et je m’en réjouis.  Je profite donc de cette occasion pour adresser à chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux pour cette année 2017.
Je voudrais vous livrer quelques réflexions sur l’année passée en « regardant un peu dans le rétroviseur ».

En 2016, les actes de barbarie s’étant multipliés sur notre territoire et dans le monde, ce sont la colère et la peur qui ont dominé.

Colère des peuples qui se sont manifestés dans des votes de protestation (Brexit, référendum italien, élection de Trump aux US…) et des attitudes de repli sur soi dans certains pays d’Europe centrale.

Peur qui s’est abattue sur les Français après les attentats et meurtres de Magnanville, Nice et St Etienne du Rouvray, mais aussi Berlin et Istanbul, peur d’une mondialisation qui semble immaîtrisable, peur d’une Europe qui ne protège plus, peur d’un Islamisme  radical et politique qui ne respecte pas les principes de la République, peur du déclassement, peur d’être abandonné dans des territoires, peur du chômage, peur de la précarité…

En cette année tout à fait particulière, la droite et le centre se sont livrés à l’exercice nouveau pour eux, la Primaire, pour désigner leur candidat à l’élection présidentielle. Sans revenir et analyser le déroulement cette élection, vous l’avez tous fait, la surprise créée par François Fillon doit nous enseigner la prudence et la modestie dans nos prévisions, la fidélité à nos convictions.

Alors en cette année 2017, année électorale exceptionnelle, je souhaite que deux mots soient à l’ordre du jour : espérance et liberté.

C’est une année exceptionnelle à plusieurs titres :

- Pour la 1ère fois sous la Vème république, trois élections majeures vont se dérouler en 5 mois : l’élection présidentielle, les législatives et les sénatoriales ;
- Le Président de la République a renoncé à se présenter à sa propre succession, faisant de cette « renonciation » un acte inédit qui signe un aveu d’échec et ouvre la porte à toutes les ambitions et tactiques dans son propre camp. La primaire à gauche se déroule dans le désordre. L’héritage du quinquennat Hollande est difficile à porter pour ses héritiers potentiels. Ce quinquennat se solde en effet par un triple échec :

o économique (une croissance famélique),
o social (le chômage a augmenté de près de 600 000 et le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté d’un million et jamais autant de jeunes  - 2 millions – sortent du système sans qualification),
o financier (la dépense publique et la dette ne sont pas maîtrisées).

Le Parti Socialiste est pris en étau entre deux trublions qui viennent perturber sa primaire : le « Chevalier » Macron et le tonitruant  Mélenchon.

Le premier continue sa « marche» comme le « révolutionnaire hors système » qu’il se dit être après avoir conçu le programme économique du candidat Hollande et l’avoir mis en œuvre à Bercy, avec les résultats que l’on sait !

Le second  fustige à tout-va et se verrait bien représenter à lui seul la classe ouvrière qui pourtant l’a abandonné depuis longtemps pour les sirènes du FN.

- La sécurité des Français reste une préoccupation majeure, le risque d’attentat ne diminue pas et se pose désormais la question du retour des djihadistes partis combattre en Syrie.
- Les Etats-Unis vont avoir à leur tête dans moins de dix jours un Président qui va bouleverser les schémas traditionnels !
- La situation au Moyen-Orient continue de se dégrader. Le calvaire que subissent les Syriens pris entre les feux des soldats d’Assad, des Russes, des Iraniens, des rebelles semble ne jamais pouvoir prendre fin. La Turquie, victime du dernier attentat, est la cible privilégiée de l’EI.
- En Israël et dans les Territoires palestiniens, d’où je reviens, les tensions sont ravivées.

Avant de répondre à vos questions, je voudrais vous parler du programme de travail du Sénat.

En comptant la semaine en cours, il reste 7 semaines de travaux en séance publique au cours desquelles les sénateurs vont assurer leurs missions de législateurs et de contrôle.

Cette semaine, nous étudions une PPL socialiste sur le littoral et une PPL CRC visant à abroger la loi Travail !

Du 16 janvier au 27 janvier seront examinés le PJL pour l’égalité réelle en outre-mer, le PJL relatif à la sécurité publique et celles relatives à la Corse. A noter qu’à cette occasion une chambre des territoires sera créée et qu’elle est déjà qualifiée de « Sénat corse ».

La semaine du 30 janvier sera consacrée à différentes PPL d’initiative sénatoriale dont celle de Ph. Bas et FN. Buffet sur l’efficacité de la justice pénale.

Pour les deux premières semaines de février, j’attire votre attention sur les textes suivants :

-    le PJL sur le statut de Paris en nouvelle lecture : après une 1ère lecture en novembre au Sénat et en décembre à l’AN, aucune convergence ne semble possible. Le Sénat a beaucoup modifié le texte sur le statut de Paris et l’aménagement métropolitain. C’est un bon exercice pour débattre du millefeuille territorial, notamment la place de la métropole et de la commune.
-    la PPL sur le délit d’entrave à l’IVG, soit en nouvelle lecture, soit pour la lecture des conclusions de la CMP. Je rappelle que ce texte est très sensible car il s’agit de trouver un équilibre entre le droit à l’IVG et le respect de la liberté d’opinion et d’expression. Il a donné lieu à un débat serein au Sénat début décembre.

Enfin, des débats de contrôle seront programmés, notamment à la demande de la délégation aux entreprises, qui souhaite faire le bilan pour les entreprises du « choc de simplification ».

Vous pouvez constater que le Sénat sera au travail jusqu’au 24 février.

Puis les commissions et les missions d’information poursuivront leur activité.

La majorité sénatoriale, quant à elle, elle prépare l’alternance puisque plusieurs de ses travaux portent sur :
- Le travail et l’emploi
- La sécurité et la Justice
- La simplification normative
- L’adaptation de la loi NOTRe
- L’agriculture
- La réforme des Institutions