Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée
Bandeau patrimoine Accueil

L'annexe de la bibliothèque

Le Palais étant revenu à Gaston d'Orléans à la mort de Marie de Médicis en 1642, la Galerie Est abrite des appartements princiers.

En 1750, la Galerie Est accueille le premier musée de peinture d'Europe ouvert au public.

Fermé en 1780 par le comte de Provence, frère de Louis XVI, futur Louis XVIII et nouveau propriétaire du palais, le musée rouvre en 1803 sous le Consulat, à la demande des sénateurs. Le plafond de la galerie est alors décoré par douze peintures de Jordaens, les Signes du Zodiaque, que l'artiste avait réalisées pour sa demeure d'Anvers, et par une peinture de Callet, le Lever de l'Aurore.

Le musée ferme de nouveau en 1815, les œuvres exposées partant regarnir les salles du Louvre.

Il rouvre en 1818 et devient le premier musée des artistes vivants.

Le palais du Luxembourg étant affecté au Sénat de la IIIe République, le besoin de locaux conduit à transférer le musée dans un autre bâtiment, rue de Vaugirard, et à transformer en 1887 la galerie Est en annexe de la bibliothèque. Sont alors installés, sur toute la hauteur des murs, des rayonnages en chêne (deux kilomètres au total) accessibles par une galerie en fer forgé, dans lesquels sont aujourd'hui conservés près de 57 000 ouvrages.

 

Le médaillier

Au centre de la galerie se trouve le médaillier.

Il contient de nombreuses pièces dont notamment les "baromètres", broches représentant un faisceau de la République, surmonté d'une main de justice, et un glaive entrecroisés et ornés au centre d'une cocarde tricolore. Sur le haut de cet insigne parlementaire, un bonnet phrygien.

Les Signes du zodiaque de Jacob Jordaens (1593-1678), vers 1640

Ces toiles sont disposés dans l'ordre du calendrier révolutionnaire, encore en vigueur à l'époque, et donc de la Balance à la Vierge.

La Balance (sept.)

Une femme tient d'une main une corne d'abondance et de l'autre une balance qui rappelle l'égalité du jour et de la nuit lors de l'équinoxe d'automne

Le Scorpion (oct.)

Un satyre porte sur ses épaules Sylène, dieu du vin, tandis qu'une bacchante joue du tambour, pour évoquer le temps des vendanges

Le Sagittaire (nov.)

Armé de flèches, le centaure Nessus enlève Déjanire, l'épouse d'Hercule. Les flèches évoquent la saison de la chasse

Le Capricorne (déc.)

La nymphe Adrastea trait la chèvre Amalthée pour nourrir Zeus enfant

Le Verseau (janv.)
 Symbolisant la saison des pluies, un jeune homme renverse sur la terre une amphore pleine d'eau

Les Poissons (fév.)

Les dauphins portent Aphrodite et Eros sur une mer qu'agitent les tempêtes, fréquentes en février

Le Bélier (mars)

 
Un bélier évoque les troupeaux sortant au printemps, tandis qu'Arès, dieu de la guerre, l'épée dans une main et une torche dans l'autre, part en campagne

Le Taureau (avril)


Sous la forme d'un taureau, symbole de la force du renouveau de la terre, Zeus enlève la nymphe Europe

Les Gémeaux (mai)


Castor et Pollux, les jumeaux, conduisent le char d'Aphrodite, leur mère, appuyée sur l'Amour, en répandant les fleurs de la belle saison

Le Cancer (juin)


La chute de Phaéton, précipité par Zeus du haut des cieux, est une allégorie du Soleil qui, alors au plus haut de sa course, va bientôt décliner

Le Lion (juillet)


Hercule, portant la peau du lion de Némée, tient les pommes d'or du jardin des Hespérides. Un jeune homme, une gerbe de blé à la main, indique la fin des moissons

La Vierge (août)


Déméter, déesse des moissons, est accompagnée de Triptolème, inventeur de la charrue, figuré sous les traits d'un enfant


L'HISTOIRE DE L'ANNEXE DE LA BIBLIOTHÈQUE


 

Avant 1887, date à laquelle la galerie Est, située au premier étage du Palais du Luxembourg, est affectée à la Bibliothèque dont elle devint l’« Annexe », son enfilade de salons et de galeries sert successivement d’appartements pour des membres de la famille royale, puis de musée et, accessoirement, de prison.

 

1. La Galerie Est, demeure des princes (1642-1742)

A la mort de Marie de Médicis en 1642, le Palais revient à Gaston d’Orléans (frère de Louis XIII). Après la mort de ce dernier en 1660, la Galerie Est est occupée par la « Grande Mademoiselle », sa fille. C’est d’ailleurs sans doute dans ces appartements de l’aile Est qu’a lieu en 1683 le mariage secret de la Grande Mademoiselle avec le duc de Lauzun.

La dernière occupante de ces appartements princiers est Louise-Élisabeth d’Orléans, fille du régent Philippe d’Orléans et sœur de la Duchesse de Berry, qui s’installe au Palais du Luxembourg après la mort de son mari, le roi d’Espagne Louis Ier. A la mort de Louise-Élisabeth d’Orléans, reine douairière d’Espagne, en 1742, le Palais cesse d’être habité.

2. Le premier musée ouvert au public (1750-1780)

En 1747 paraît un essai dû à un certain La Font de Saint-Yenne, intitulé De quelques causes de l’état présent de la peinture en France. L’auteur y propose que soient exposés au public les meilleurs tableaux composant les collections du Roi, afin de relever le niveau de la peinture française en faisant mieux connaître les chefs d’œuvre du passé : « Quelle perte pour les talents de notre Nation que leur emprisonnement ! ».

Les suggestions de La Font de Saint-Yenne rencontrent un écho favorable à la Cour : il est décidé d’installer le futur musée au Palais du Luxembourg, inhabité depuis 1742. L’inauguration du Cabinet du Roy du Luxembourg a lieu le 14 octobre 1750.

Il s’agissait du premier musée de peinture ouvert au public en Europe, si l’on se réfère, par exemple, aux dates d’ouverture du British Museum (1759), du Belvédère à Vienne (1778), de la Galerie des Offices à Florence (1789) et du Musée du Louvre (1793).

Le Cabinet du Roy était ouvert au public deux jours par semaine. On y admirait les chefs-d’œuvre des plus grands maîtres. Léonard de Vinci, Titien, Raphaël, Véronèse, Rembrandt, Van Dyck, Poussin, Le Lorrain figuraient parmi les artistes exposés. Le musée connaît un grand succès dès son ouverture.

Il ferme cependant en 1780, sur décision du nouveau propriétaire du Palais du Luxembourg, le Comte de Provence (futur Louis XVIII). Les tableaux qui constituaient ses collections sont envoyés au Louvre où ils restent stockés jusqu’à l’ouverture du musée en 1793.

 

3. Le Musée du Luxembourg sous le Consulat et l’Empire :

la Galerie du Sénat conservateur

Le Musée du Luxembourg ouvre à nouveau au public le 26 juin 1803, à l’époque du Consulat, à la demande des sénateurs.

En 1802, le Sénat acquiert, pour décorer le plafond de la galerie Est, douze peintures représentant Les Signes du Zodiaque de Jacob Jordaens (1593-1678). La dimension moyenne de chacune de ces toiles est de 1,60 mètre sur 1,90 mètre. Pour orner la partie centrale de la voûte, il commande une composition classique, le Lever de l’aurore (6 mètres sur 2,50 mètres) au peintre Antoine-François Callet (1741-1823), prix de Rome, portraitiste officiel de Louis XVI. L’ensemble est entouré de grisailles en trompe l’œil.

Les toiles de Jordaens sont disposées de manière à respecter l’ordre du calendrier révolutionnaire, encore en vigueur à l’époque : le premier signe était donc celui de la Balance, le dernier celui de la Vierge.

Parmi les œuvres figurant au catalogue du Musée du Luxembourg, on peut citer les 24 toiles de Rubens consacrées à la vie de Marie de Médicis et les 25 tableaux constituant la série des ports de France par Joseph Vernet, auxquels s’ajoutaient des peintures provenant des collections du Louvre (Philippe de Champaigne, Ruysdael, Rubens…).

Le musée ferme une nouvelle fois en 1815 : les œuvres qui y étaient exposées regarnissent les salles du Musée du Louvre, vidées par les Alliés qui, dès la défaite de Napoléon, avaient récupéré les chefs d’œuvre de leur patrimoine pillés par la Grande armée.

 

4. Le musée des artistes vivants (1818-1886)

En 1818, le Musée du Luxembourg, décidément coutumier des idées pionnières, devient le premier musée des artistes vivants. Parmi les artistes exposés, on peut citer David, Girodet, Ingres et Delacroix, dont le tableau La barque de Dante, longtemps exposé au Luxembourg, fait écho au thème choisi par le peintre pour la décoration de la coupole de la Bibliothèque.

 

5. Le déménagement du musée et l’installation de l’Annexe de la Bibliothèque

En 1879, du fait du retour à Paris des pouvoirs publics, le Palais du Luxembourg est affecté au Sénat de la Troisième République. Le musée est maintenu en l’état mais le besoin croissant de locaux conduit à son déménagement dans le bâtiment de la rue de Vaugirard qu’il occupe encore aujourd’hui. Le musée de la Galerie Est ferme ses portes le 15 octobre 1885. Le nouveau musée est inauguré en avri1 1886 par le Président de la République Jules Grévy (1).

La galerie Est devient « l’Annexe » de la Bibliothèque du Sénat

 

6. La galerie Est et les grands procès du XIXe siècle

- Le procès du maréchal Ney : du 21 novembre au 6 décembre 1815, la galerie Est est aménagée pour abriter les délibérations à huis-clos du procès du Maréchal Ney. Nommé Pair de France par Louis XVIII et rallié à Napoléon durant les Cent-Jours, il est emprisonné au Palais du Luxembourg, la Chambre des Pairs ayant reçu compétence par la Charte de 1814 de se constituer en Cour de Justice pour connaître des crimes de haute trahison. Dans cette salle improvisée est rédigé l’arrêt condamnant le Maréchal Ney à mort. Il est fusillé le 8 décembre 1815 dans l’allée menant à l’Observatoire.

- Les prisons de la Haute Cour : sous la Troisième République, des cellules sont aménagées dans l’Annexe, alors vidée de ses livres, lorsque le Sénat, qui était constitué en Cour de Justice pour connaître des attentats commis contre la sûreté de l’État, juge à l’automne de 1899 17 inculpés dans « l’affaire Paul Déroulède ». Des royalistes, des membres de la Ligue des Patriotes et des membres de la Ligue antisémite y sont alors emprisonnés, parmi lesquels Paul Déroulède, André Buffet et Jules Guérin.du 21 novembre au 6 décembre 1815, la galerie Est est aménagée pour abriter les délibérations à huis-clos du procès du Maréchal Ney. Nommé Pair de France par Louis XVIII et rallié à Napoléon durant les Cent-Jours, il est emprisonné au Palais du Luxembourg, la Chambre des Pairs ayant reçu compétence par la Charte de 1814 de se constituer en Cour de Justice pour connaître des crimes de haute trahison. Dans cette salle improvisée est rédigé l’arrêt condamnant le Maréchal Ney à mort. Il est fusillé le 8 décembre 1815 dans l’allée menant à l’Observatoire. ; elle contient aujourd’hui 56 857 volumes répartis sur 2 km de rayonnages.

 

(1) En 1896, le musée s’enrichit d’une partie du legs Caillebotte, une collection inestimable d’œuvres des plus grands artistes impressionnistes (Manet, Degas, Monet, Renoir, Cézanne, Sisley, Berthe Morisot, Pissarro), dont le peintre-collectionneur avait fait don à l’État à condition que ces œuvres soient exposées au Musée du Luxembourg.