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Coupole Jean Alaux - La salle des conférences, ancienne galerie du trône, et la création de la coupole

 

À la fin du XVIIIe siècle, Jean-François CHALGRIN (1739-1811) succède à Jacques-Germain SOUFFLOT (1713-1780) dans les fonctions d’architecte du palais du Luxembourg après le décès de ce dernier le 27 août 1780. Il effectue, après la Révolution, les travaux nécessaires à la « parlementarisation » de l’édifice1 qui accueille, sous le Consulat, le Sénat conservateur. En 1835, Alphonse Henri Guy de GISORS (1796-1866) est nommé architecte du palais du Luxembourg. Il entame sous la Monarchie de Juillet les travaux de la salle des séances qui remplacera celle précédemment construite par J.-F. CHALGRIN2.

Après une visite de Louis-Napoléon BONAPARTE le 27 janvier 1852, on demande à l’architecte de réaménager l’ensemble du premier étage du corps de bâtiment principal afin d’y créer une salle de réception d’apparat3 . GISORS réunit alors les trois localités donnant sur la cour d’honneur – l’ancienne salle des séances et deux salons attenants, le salon du roi et la salle du conseil4 – en une seule et même salle : la galerie du trône5. Elle sera « destinée aux grandes solennités6  » et accueillera le trône de l’Empereur sous un dais au centre de la pièce après la proclamation du Second Empire7 .
En témoigne une note rédigée par Alphonse de GISORS le 15 février 1852, dans laquelle il signale la remarque formulée par Louis-Napoléon BONAPARTE quant au manque d’une salle suffisamment grande pour tenir des réceptions au sein du palais du Luxembourg. Il propose, joint à cette note, un premier devis dont la somme s’élève à 170 000 francs8. Les travaux débutent le 1er novembre 18529.

 

 Croquis comparant les plans de la galerie du trône  du palais du Luxembourg,de la galerie d’Apollon du palais du Louvre

Croquis comparant les plans de la galerie du trône du palais du Luxembourg,
de la galerie d’Apollon du palais du Louvre et des salles de bal de l’Hôtel de ville
et du ministère de la Guerre

Arch. du Sénat, DAPJ 36 / 573S 36 / ABJ 36, travaux Gisors, travaux d’art (1836-1857).

 

Inspiré par le faste et la symbolique de la galerie d’Apollon du palais du Louvre et des salles de bal de l’Hôtel de ville et du ministère de la Guerre10  (ill. 1), A. de GISORS imagine une galerie aux vastes proportions : 56,74 mètres de longueur sur 10,56 mètres de largeur, qu’il agrémente d’une coupole en son centre d’un diamètre de 13,66 mètres et d’une hauteur variant de 10,81 à 15,33 mètres11  (ill. 2) ainsi que de deux voûtes en cul-de-four aux extrémités est et ouest. La pièce est éclairée par neuf fenêtres et s’ouvre sur la galerie des bustes grâce au percement de huit portes12 .

 

Différents croquis retrouvés dans les archives du Sénat témoignent des réflexions menées autour de la construction et de la décoration de la coupole, élément architectural central de la salle d’apparat exigée par NAPOLÉON III (ill. 3).
Bien qu’encore inachevés, les travaux sont suffisamment avancés, en février 185313 , pour qu’une réception puisse être organisée dans la galerie du trône, pourvue alors d’une décoration provisoire14 , à l’occasion du mariage de NAPOLÉON III et de l’impératrice Eugénie15. Ne manquent en effet alors que les peintures et les statues dont le programme est en pourparlers pour en achever l’aménagement. L’ensemble sera livré en novembre 1854, sans que la totalité des peintures du plafond ne soit encore terminé16.

 

Note sur l’état général de la galerie du trône et sur ses proportion

Note sur l’état général de la galerie du trône et sur ses proportions
Arch.duSénat,DAPJ/573s36
ABJ 36, travaux Gisors, travaux d’art (1836-1857).

 Croquis de la coupole,travaux Gisors, travaux d’art (1836-1857) , dossier galerie du trône. Arch. du Sénat, DAPJ 36 / 573S 36/ABJ 36,

Croquis de la coupole,travaux Gisors, travaux d’art (1836-1857),
dossier galerie du trône.
Arch. du Sénat, DAPJ 36 / 573S 36/ABJ 36,

 

Notes:

  1. HUSTIN A., Le Palais du Luxembourg, ses transformations, son agrandissement, ses architectes, sa décoration, ses décorateurs, Paris, P. Mouillot, Imprimeur du Sénat, 1904, 87 p., p. 18.
  2. Ibid., p. 22.
  3. Arch. du Sénat, 71S 348, lettre de Alphonse Henri Guy de Gisors au grand référendaire du Sénat, 20 janvier 1854.
  4. [Anon.], Le patrimoine du Sénat, Paris, Attique, 2007, 249 p., p. 150.
  5. HUSTIN A., Le Palais du Luxembourg, ses transformations, son agrandissement, ses architectes, sa décoration, ses décorateurs, op.cit., p. 27.
  6. Arch. du Sénat, 71S 348, lettre de Alphonse Henri Guy de Gisors au grand référendaire du Sénat, 20 janvier 1854.
  7. HUSTIN A., Le Palais du Luxembourg, ses transformations, son agrandissement, ses architectes, sa décoration, ses décorateurs, op.cit., p. 27.
  8. Arch. du Sénat, DAPJ 36 / 573S 36 / ABJ 36, travaux Gisors, travaux d’art (1836-1857), note de Alphonse Henri Guy de Gisors, 15 février 1852.
  9. HIRSCHFELD Gustave, Le palais du Luxembourg, le petit-Luxembourg, le jardin, Paris, H. Laurens, 1931, 144 p., p. 67.
  10. Arch. du Sénat, DAPJ 36 / 573S 36 / ABJ 36, travaux Gisors, travaux d’art (1836-1857), croquis comparant les plans de la galerie du trône du palais du Luxembourg, de la galerie d’Apollon du palais du Louvre et des salles de bal de l’Hôtel de ville et du Ministère de la guerre.
  11. Arch. du Sénat, DAPJ 36 / 573S 36 / ABJ 36, travaux Gisors, travaux d’art (1836-1857), note sur l’état général de la galerie du trône et sur ses proportions.
  12. [Anon.], Le patrimoine du Sénat, op.cit., p. 150.
  13. La réception a été donnée le 7 février 1853.
  14. HIRSCHFELD Gustave, Le palais du Luxembourg, le petit-Luxembourg, le jardin, op.cit., p. 67.
  15. [Anon.], Le patrimoine du Sénat, op.cit., p. 151.
  16. HIRSCHFELD Gustave, Le palais du Luxembourg, le petit-Luxembourg, le jardin, op.cit., p. 67