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Les 3 prix Nobel du Sénat

Le Sénat peut s'enorgueillir d'avoir eu dans ses rangs trois personnalités récompensées par un Prix Nobel.

C'est en effet deux de ses membres et l'un de ses plus illustres fonctionnaires qui ont reçu cette très haute distinction

 

Paul d'Estournelles de Constant, prix Nobel de la Paix 1909

Paul, Henri, Benjamin, Balluet d'Estournelles, baron de Constant de Rebecque est né le 22 novembre 1852 à La Flèche, dans la Sarthe, département dont il sera l'élu à la Chambre des députés, puis au Sénat, au cours des trente dernières années de sa vie.

Portrait de Paul d'Estournelles de Constant

Le diplomate

Petit-neveu de Benjamin Constant - l'auteur d'Adolphe - Paul d'Estournelles de Constant fit ses études secondaires au Lycée Louis-le-Grand à Paris. Il obtint ensuite sa licence en droit et le diplôme de l'école des langues orientales.

Il entre alors dans la carrière diplomatique. Paul Cambon l'appelle comme premier secrétaire à Tunis où il a notamment la charge, en 1883, de négocier avec l'Angleterre la suppression des capitulations. Il est ensuite envoyé au Monténégro, en Turquie et en Hollande, pays où il eut à assurer le secrétariat de nombreuses commissions internationales. En 1890, il est nommé ministre plénipotentiaire et chargé d'affaires à Londres. Il y reste jusqu'en 1895, lorsqu'il démissionne à la suite de son élection comme député de la Sarthe.

Le député

En mai 1895, Paul d'Estournelles de Constant est élu député dans la circonscription de Mamers au premier tour de scrutin. En mai 1898, il abandonne cette circonscription à Joseph Caillaux et se présente dans la circonscription de La Flèche où il est élu au premier tour. Il s'y présente en tant que « républicain sincère », particulièrement attaché à un régime « qui nous a relevés des désastres de l'Empire ». Il est à nouveau réélu député aux élections d'avril 1902, comme toujours au premier tour.

Tout au long de son mandat de député, Paul d'Estournelles de Constant, qui prenait une part active aux travaux de la séance publique, n'aura de cesse de s'opposer à la politique coloniale. Il était en effet partisan du régime du protectorat.

Ainsi, en 1896, il essaye de supprimer la représentation parlementaire des colonies déjà existantes et s'oppose avec violence au projet gouvernemental déclarant Madagascar colonie française.
Dans le même esprit, il prononce, le 7 février 1898, un grand discours contre les projets de « démembrement de la Chine ».
Au cours des années suivantes, il ne manque pas une occasion de s'opposer aux diverses manifestations de la politique coloniale.
Membre de la commission des affaires extérieures, des protectorats et des colonies et de la commission des travaux publics et des chemins de fer, il se consacre presque exclusivement aux affaires étrangères.

Le sénateur

Candidat aux élections sénatoriales de novembre 1904 dans le département de la Sarthe, il est élu dès le premier tour. Il sera réélu en 1909 et en 1918.

Au Sénat, Paul d'Estournelles de Constant s'inscrit au groupe de l'Union républicaine. Il soutient en 1906 la proposition de loi tendant à transférer au Panthéon les cendres de Émile Zola en raison de son admiration pour « l'acte de grand courage accompli par Emile Zola » au moment de l'affaire Dreyfus.

Dans un autre domaine il fit preuve d'une grande clairvoyance, en appuyant les encouragements que le gouvernement voulait donner aux expériences de locomotion aérienne et en réclamant la création des premiers aérodromes. Cet intérêt passionné le fit entrer, en 1914, au Conseil supérieur de l'aérostation militaire.

Au cours de la guerre, il s'exprima rarement et ne parla jamais sur les opérations militaires.

L'homme de paix

Tout au long de sa carrière, les activités parlementaires et extra-parlementaires de Paul d'Estournelles de Constant ont été étroitement mêlées.

Membre de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye en 1900, il a beaucoup œuvré pour répandre les idées d'arbitrage international et de conciliation, ce qui lui valut en 1909 le Prix Nobel de la Paix et le fit connaître de certains milieux pacifistes.

Le déclenchement de la guerre de 1914 fut pour lui une grande désillusion. Les hautes amitiés internationales qu'il avait su se créer lui permirent de contribuer à obtenir l'intervention des Etats-Unis aux côtés des Alliés.

Dès le lendemain de la guerre, il reprend son travail de propagande en faveur de la paix, dans l'espoir de « fonder la paix mondiale sur des bases indestructibles ».

L'homme de lettres

Paul d'Estournelles de Constant a publié plusieurs ouvrages, des préfaces, des traductions et adaptations de drames grecs, ainsi que de très nombreux articles dans les principales revues françaises, américaines, allemandes et anglaises.

Manuscrit
Extrait du manuscrit d'un ouvrage resté inachevé et auquel M. d'Estournelles de Constant comptait donner le titre de "La Faillite de la Guerre"

Ouvrages

  • France et Angleterre, 1904
     
  • Limitation des charges navales et militaires, 1912
     
  • Les Etats-Unis d'Amérique, 1913
     
  • « Conciliation internationale. Les délégués des parlements scandinaves en France »
     

Préfaces

  • J. Dumas « Les sanctions de l'arbitrage international »
     
  • M. Marse « L'Autriche à l'aube du XXème siècle »
     
  • J. Godart « L'Albanie en 1921 »
     

Paul d'Estournelles de Constant - Wiki commons