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Rencontres entre la Délégation aux entreprises et les entrepreneurs, intervenues au cours de l'année parlementaire 2017-2018

Dernière mise à jour le 20 juillet 2018
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Jeudi 19 juillet 2018, la délégation aux entreprises a adopté le rapport d'information d'Élisabeth LAMURE, Martine BERTHET, Éric JEANSANNETAS, Anne-Catherine LOISIER et Nelly TOCQUEVILLE, relatif aux rencontres entre la délégation aux entreprises et les entrepreneurs, intervenues au cours de l'année parlementaire 2017-2018.

Retour sur ces rencontres en 3 questions avec Élisabeth LAMURE, présidente de la délégation aux entreprises.

Trois questions à Elisabeth LAMURE, présidente de la délégation aux entreprises, et co-auteur du rapport d'information relatif aux rencontres entre la délégation aux entreprises et les entrepreneurs, intervenues au cours de l'année parlementaire 2017-2018 (20 juillet 2018)

 

Quel bilan la Délégation aux entreprises tire-t-elle de ses déplacements de terrain ?

 

Ces déplacements, 4 cette année, sont vraiment la marque de fabrique de la délégation : aller au contact direct des entreprises, là où elles sont, pour porter leur voix au Sénat et prendre des initiatives, au service de l’emploi dans les territoires. Ils confortent nos orientations de travail, mobilisent les sénateurs sur de nouvelles problématiques et soulignent la nécessité de valoriser les clés du succès des entreprises qu’elle a pu découvrir. Ainsi, cette fois encore, les entreprises ont dénoncé l’afflux de nouvelles normes qui compliquent l’activité économique : mise en place du bulletin de salaire simplifié, qui complique le travail de l’employeur ;  modalités retenues pour la mise en œuvre du prélèvement de l’impôt à la source à la charge des entreprises ; règlement général de la protection des données qui emporte de nouvelles obligations pour les entreprises. La surtransposition des normes européennes a également été dénoncée, en Côte-d’Or, en Savoie comme en Seine-Maritime, comme un frein à la compétitivité des entreprises nationales. Le récent rapport de notre collègue René DANESI, établi avec la commission des affaires européennes, en est l’écho.

Les difficultés de la transmission d’entreprise ont été évoquées particulièrement en Savoie - avec le cas particulier de la valorisation de l’immobilier des stations de ski - et en Seine-Maritime. Le Sénat a adopté le mois dernier une dossier-legislatif/ppl17-343.htmlproposition de loi qui décline le rapport établi par nos collègues Michel VASPART et Claude NOUGEIN. Enfin, sur l’apprentissage et l’alternance, j’ai élaboré avec Michel FORISSIER au sein de la délégation une proposition de loi, et les entreprises continuent de nous faire part de leurs difficultés de recrutement, particulièrement dans la Creuse mais aussi en Seine-Maritime, en Savoie ou en Côte-d’Or.

 

 

Quels sont les points de blocage de la croissance que la Délégation a pu identifier lors de ces déplacements dans les territoires ?

 

Au-delà de la pénurie de compétences, largement évoquée lors de la journée des entreprises le 29 mars 2018, les entreprises dénoncent aussi d’autres obstacles à l’adéquation entre l’offre et la demande d’emplois, comme le manque de savoir-être des candidats à l’emploi ou le niveau de l’allocation-chômage qui n’incite pas à la reprise d’emploi... Autant de sujets qui sont au cœur du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel que nous venons d’examiner.

Autre sujet de préoccupation, le financement des PME. Leur trésorerie semble à nouveau souffrir des délais de paiement. En Savoie, en Seine-Maritime comme en Creuse, les acheteurs publics sont trop souvent désignés comme fautifs. D’autre part, s’agissant du financement de la croissance de l’entreprise, les banques sont accusées d’être excessivement frileuses dans l’octroi de crédits aux entreprises. Cette année, l’investissement direct dans les PME apparaît particulièrement fragilisé par la suppression de l’ISF et, par-là, du dispositif ISF-PME. Le simple aménagement du dispositif IR-PME adopté en loi de finances pour 2018 n’y suffit pas et ce sujet important doit rester un point de vigilance pour notre délégation.

Nous avons également mesuré combien l’importance de la qualité des réseaux, en matière de routes, de rail comme de très haut débit, conditionnait le potentiel de croissance des entreprises. Inversement, le manque d’infrastructures et l’éloignement entraîne des surcoûts pour les entreprises. Le désenclavement physique et numérique des zones rurales reste donc un objectif essentiel pour les entreprises.

Un dernier sujet de préoccupation pourrait également mobiliser utilement la délégation : les entraves réglementaires qui freinent la transformation économique liée à la transition énergétique.

 

 

Quelles ont été les entreprises qui vous ont le plus marqué au cours de ces déplacements ?

 

Les plus beaux succès se fondent sur l’adéquation entre la matière première de l’entreprise et son territoire. Ainsi, les entreprises de la filière bois rencontrées en Côte-d’Or développent une industrie autour de la ressource en bois abondante du Morvan. Dans la Creuse, la croissance de Microplan, spécialisée aujourd’hui en  métrologie, s’est adossée sur l’abondance de roches granitiques à proximité.  C’est également en prenant appui sur la spécialisation de la Seine-Maritime dans la culture du lin qu'Eco-Technilin s’est développée. De même, le succès mondial rencontré par POMA, leader du transport par câble, s’est construit au pied des Alpes.

Deuxième constat : les entreprises florissantes sont le plus souvent celles qui exportent le plus : 60 % pour Microplan, 70 % pour Eco-Technilin, 75 % pour POMA, 90 % pour AMN voire plus encore pour Valinox nucléaire et même 100 % pour Nutriset, en Seine-Maritime, pour ses produits de traitement de la malnutrition dans les pays en développement.

Enfin, le point commun des success stories, c’est assurément l’investissement dans l’innovation et la qualité. Ainsi Nutriset a déposé plus de 50 brevets et noué plus de 60 partenariats de recherche dans le monde. L’entreprise AMN, en Seine-Maritime, est née grâce à une innovation : l’association d’inox et de carbure de tungstène pour développer des outils haut de gamme pour découper le plastique en granulés. Eco-Technilin a mis au point un filtre en lin capable de retenir les métaux lourds dans l’eau sur les chantiers de bâtiment ou de génie civil. Rencontrée en Côte-d’Or, l’entreprise allemande JRS dispose de 7 centres de R&D à travers le monde. Enfin, en Savoie, Energy Pool est à la pointe et de nombreuses innovations autour du numérique et de l’impression 3D nous ont été présentées par les startups en incubation ou en accélération à Savoie Technolac.

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